Un cas typique de dépossession du Québec par le fédéralisme « canadian »
12 février 2026
Strictement à partir du présent texte, on peut formuler plusieurs questions précises au sujet de la gestion de la Banque Laurentienne depuis une dizaine d’années, soit depuis la nomination de M. François Desjardins comme PDG en 2015.
Succursales
Est-ce que les décisions de M. Desjardins de fermer presque la moitié des succursales entre 2016 et 2020, qui sont passées de 145 à 83, ont vraiment été prises dans l’intérêt général de la Banque, de ses actionnaires et de ses clients (sans parler de ses employés)?
Est-ce que les décisions de Mme Rania Llewellyn, entre 2020 et 2023, ou celles de M. Éric Provost, entre 2023 et décembre 2025, de fermer encore presque le tiers des succursales qui restaient en 2020 lors de la nomination de Mme Llewellyn comme PDG, lesquelles succursales sont ainsi passées de 83 en 2020 à 58 en décembre 2025, ont aussi vraiment été prises dans l’intérêt général de la Banque, de ses actionnaires et de ses clients?
C’est exactement 60 % des succursales de la Banque Laurentienne en opération en 2016 qui ont été fermées, soit 87 sur 145, n’en laissant que 58 en décembre 2025. Ce démantèlement majeur du réseau de succursales de la Banque s’est produit en seulement dix ans.
Guichets automatiques
Est-ce que les décisions de M. Desjardins de fermer la moitié des guichets automatiques de la Banque entre 2016 et 2020, qui sont passés de 398 à 197, ont vraiment été prises dans l’intérêt général de la Banque, de ses actionnaires et de ses clients?
Services au comptoir
Est-ce que la décision de M. Desjardins de fermer la totalité des services au comptoir dans toutes les succursales de la Banque Laurentienne, ce qui est sûrement du jamais-vu dans le secteur bancaire canadien, a vraiment été prise dans l’intérêt général de la Banque, de ses actionnaires et de ses clients?
Clientèle
La clientèle de la Banque Laurentienne a baissé de presque la moitié en seulement quatre ans, passant de 460 000 clients en 2021 peu après la fin du mandat de M. Desjardins en 2020, à 350 000 à la fin du mandat de Mme Llewellyn en automne 2023, puis à 260 000 en décembre 2025 sous M. Provost.
On est ainsi vraiment en droit et c’est même notre devoir de poser des questions sur le but des décisions prises par les PDG François Desjardins de 2015 à 2020, Rania Llewellyn de 2020 à 2023 et d’Éric Provost de 2023 à décembre 2025.
Notons que le conseil d’administration de la Banque Laurentienne a sûrement aussi été impliqué dans toutes ces décisions d’une aussi grande importance.
Enquête?
Ce démantèlement et cette fermeture totale en seulement une dizaine d’années de tout le réseau de succursales de la Banque Laurentienne, touchant des centaines de milliers de consommateurs québécois, justifient toutes les questions susmentionnées.
Le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), dont la mission générale est d’« assurer la surveillance des institutions financières […] pour contribuer à la confiance du public dans le système financier », et qui est un des organismes de réglementation qui doivent donner leur approbation pour la transaction d’acquisition de la Banque Laurentienne par la Banque Fairstone, ou tout autre organisme approprié ne devrait-il pas ouvrir une enquête pour tenter de répondre objectivement à toutes ces questions?
André Lafrenaie
