CRISE MIGRATOIRE

Aller au plus pressé

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L'Europe réduite à n'importe quoi

La crise migratoire sans précédent qui se déploie au Proche-Orient et en Europe ne se résorbera pas avant qu’une solution n’ait été apportée en amont à la guerre en Syrie. Or, les armes vont continuer de parler dans l’immédiat — et la diplomatie de bafouiller dans un contexte où les pourparlers de paix théoriquement lancés à Genève au début de l’année ne vont nulle part. Sur le plan humanitaire, on n’en serait pas là si l’Europe n’était pas ce qu’elle est, c’est-à-dire tirée à hue et à dia par la pluralité des intérêts nationaux, et si les pays occidentaux en général n’avaient pas fait preuve d’autant d'indifférence devant l’ouragan qui se préparait.

Il n’empêche qu’il était difficile d’imaginer que la très mal avisée guerre d’Irak, déclenchée par les États-Unis en 2003, donnerait lieu à un désordre pareil, avec apparition à la clé d’une excroissance nommée groupe État islamique. La crise migratoire n’a d’égal que l’implosion stupéfiante qu’est en train de vivre le monde musulman. Sur quelle reconfiguration sociale et politique cela débouchera-t-il ?

Si bien que, face à une urgence qu’elle aurait pu avoir l’intelligence de mieux voir venir, l’Union européenne (UE) a laborieusement accouché lundi d’un projet d’entente avec la Turquie, projet qui, loin d’être une panacée, se contente d’aller au plus pressé, s’agissant avant tout de soulager la Grèce où débarquent encore chaque semaine entre 15 000 et 20 000 migrants, plus piégés que jamais maintenant que la route des Balkans est de facto fermée. Seraient renvoyés massivement et indifféremment vers la Turquie, contre généreuses compensations, les migrants et les réfugiés qui arrivent en Grèce. En échange de quoi, l’UE s’engagerait à accueillir le même nombre de réfugiés syriens déjà installés en Turquie, proclamée « pays sûr ».
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