Francisation: 40% des allophones continuent de bouder les cours

Anglicisation du Québec

La ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, a indiqué que des immigrants peuvent décider d'apprendre le français par d'autres moyens que les cours qu'offre l'État. Photo: Rémi Lemée, Archives La Presse

Tommy Chouinard (Québec) Les investissements en francisation ont beau avoir augmenté, 40% des immigrants qui ne connaissent pas le français au moment de leur arrivée au Québec boudent toujours les cours qu'offre l'État.
Cette situation est confirmée dans un document qui a été déposé hier devant une commission parlementaire chargée d'étudier les crédits budgétaires du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles.

Le Québec a admis 49 489 immigrants l'an dernier. De ce nombre, 10 954 ont déclaré ne pas connaître le français à leur arrivée ici. Au 28 février dernier, 25% d'entre eux - 2819 - s'étaient inscrits à un cours de français à temps complet ou à temps partiel offert par le Ministère. Québec s'attend à ce que la proportion atteigne 35% au cours des prochains mois.
Les immigrants ont cinq ans à partir du moment de leur arrivée pour s'inscrire gratuitement aux cours de français à temps complet. Plus de 70% de ceux qui s'inscrivent aux cours le font dès la première année.
«Globalement, on estime que le taux de pénétration pour l'ensemble des services gouvernementaux de francisation est de l'ordre de 60%», souligne le document préparé par le Ministère. Quelque 35% des immigrants n'ayant aucune connaissance du français suivent des cours qu'offre le Ministère; 25% choisissent ceux que donnent d'autres institutions, notamment les commissions scolaires, les cégeps et les universités. Le reste des immigrants (40%) ne suivent aucun cours. C'est la même proportion qu'au cours des dernières années.
Les investissements en francisation ont pourtant bondi depuis 2003, passant de 45 à 66 millions de dollars par année.
La ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, a indiqué que des immigrants peuvent décider d'apprendre le français par d'autres moyens que les cours qu'offre l'État. Elle a martelé qu'«on progresse en matière de francisation». Environ 40 000 immigrants suivent actuellement des cours, «du jamais vu», a-t-elle dit. Les délais d'attente ont été réduits. «On a diversifié nos façons de faire. On francise plus tôt, à l'étranger. On a mis en place la francisation en ligne», des cours sont offerts en milieu de travail, a-t-elle énuméré. «Je n'accepterai pas qu'on dise qu'on n'a rien fait.»
En commission parlementaire, la ministre a souligné qu'«après 1000 heures, 33 semaines de cours à temps complet, les élèves sont capables d'accorder le participe passé». «Je ne suis pas sûre que tous les députés de l'Assemblée sont capables de le faire», a-t-elle ajouté, précisant ensuite qu'elle avait fait cette remarque à la blague.


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