Au Forum de Saint-Pétersbourg, Macron et Poutine célèbrent un «nouveau partenariat»

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Macron en Russie pour chercher des appuis contre les sanctions américaines sur l'Iran

Dans un discours se voulant optimiste, et truffé de références culturelles, Emmanuel Macron s'est inscrit en rupture avec son prédécesseur François Hollande, en se présentant comme un «partenaire fiable» pour la Russie, au côté de Vladimir Poutine.


Ce 24 mai dans le prestigieux palais Constantin, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine ont mis de côté leurs divergences, sans pour autant les nier, afin de célébrer un «nouveau partenariat», lors de la traditionnelle rencontre avec les journalistes au terme de leur rencontre en marge du Forum de Saint-Pétersbourg.


«La France est un partenaire traditionnel», a rappelé en introduction le président russe, insistant sur l'augmentation des échanges commerciaux entre les deux pays, concrétisée par la signature d'accords dans plusieurs domaines dont l'énergie, la technologie ou encore la culture.


La France : un «partenaire fiable» pour la Russie


Un an après avoir reçu Vladimir Poutine au château de Versailles, Emmanuel Macron a adopté un ton se voulant optimiste quant à l'avenir des relations avec Moscou, à contre-courant de la position affichée ces derniers temps par certains alliés de Paris, comme par exemple la Grande-Bretagne. Si l'affaire Skripal ou encore les frappes occidentales en Syrie ont marqué un refroidissement des relations entre Moscou et l'Occident, le président de la République a martelé, au côté de son homologue russe : «Je suis très lucide sur les incompréhensions qui ont pu exister entre nous. L'essentiel ne nous est pas imputable.» Et de poursuivre : «Je souhaite que la Russie comprenne que la France est son partenaire européen crédible et fiable.»


Marquant un tournant avec l'approche de François Hollande, qui lui avait légué comme héritage des relations franco-russes au plus bas, Emmanuel Macron s'est présenté comme un partenaire sur les dossiers internationaux, en dépit des nombreuses divergences. Le président de la République a ainsi assuré que la France ne s'alignerait sur personne : «Nous n'avons pas d'autre choix que de croire et défendre [le multilatéralisme].» Il a en outre envoyé un signal positif à son homologue en déclarant : «Je respecte le rôle renforcé que la Russie se donne, dans son environnement régional et dans le monde, en particulier au Moyen-Orient.»




Des propos très solennels, assortis de symboles et de références littéraires et historiques attestant du lien qui unit les deux nations, le président français a mis un point d'honneur à mettre en avant les points communs des positions française et russe.


Des points communs malgré les divergences



S'agissant de la sortie des Etats-Unis de l'accord sur le programme nucléaire iranien de 2015, le dirigeant russe a rappelé que Téhéran avait respecté ses engagements, ajoutant : «La position de la Russie est bien connue, nous pensons que l’accord doit être préservé.»


«Je me retrouve parfaitement dans les propos de Vladimir Poutine», a alors répondu Emmanuel Macron. «Je n’ai jamais mis en risque l’accord de 2015, je pense qu’il faut le garder, je ne propose pas de le renégocier pour l’élargir mais de le compléter», a-t-il ajouté.


Sur le dossier syrien, le président de la République a encore marqué un tournant avec les déclarations fracassantes à l'égard de Bachar el-Assad qui avaient marqué le quinquennat Hollande. Evoquant la priorité de la lutte contre le terrorisme, Emmanuel Macron a souligné : «La politique française n'est pas de procéder depuis l'extérieur à quelque changement de régime que ce soit, ou à quelque transition.»


«Ce n'est pas ça, depuis le mois de mai 2017 notre politique», a ajouté le chef de l'Etat, préférant prôner des solutions «inclusives».


Affichant une volonté de travailler avec Vladimir Poutine à une sortie de crise dans le pays, Emmanuel Macron a plaidé pour un rapprochement diplomatique entre le «small group» (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Arabie saoudite, Jordanie) et le groupe d'Astana (Iran, Russie, Turquie).



L'économie : fer de lance de la relation franco-russe ?


Si les sujets internationaux ont été nombreux à être abordés par les deux présidents, c'est bien à l'économie qu'est consacré le Forum de Saint-Pétersbourg, dont la France était par ailleurs l'un des invités d'honneur.


Et le président français ne s'y est pas trompé, en affichant sa volonté de coopération malgré un contexte international difficile en raison des sanctions américaines et européennes prises après le rattachement par référendum de la Crimée à la Russie en 2014.


Saluant une «relation économique extrêmement vivace» entre les deux nations, Emmanuel Macron a promis que la France continuerait à jouer son «rôle de premier employeur étranger en Russie». Le président de la République a en outre qualifié la France de «partenaire économique le plus fiable dans la durée [pour la Russie] y compris dans les temps les plus difficiles».


Emmanuel Macron a conclu ce volet sur une note résolument optimiste quant au lien unissant Paris et Moscou : «Malgré les sanctions, malgré les difficultés, [les entreprises françaises en Russie] sont présentes comme le sont nos chercheurs, nos artistes, nos penseurs. Et je crois que c'est une présence indispensable.»