Éducation

La reconnaissance, bougie d’allumage des enseignants

La « bienveillance » de Charles Milliard

Tribune libre

Lourdeur de la tâche, manque de ressources humaines spécialisées pour venir en aide aux élèves à besoins particuliers, surmenage, violence physique et psychologique contribuent directement à amener un travailleur sur trois à envisager de changer d’emploi au courant du premier semestre chez les enseignants. 

Toutefois, par-delà ces écueils contraignants, se cache un manque de reconnaissance flagrant de la part des gestionnaires chargés de leur venir en aide. À titre d’exemple patent, une enseignante ayant quitté la profession pour dépression, s’est vue offrir, en guise de consolation, une boîte de beignes.

Ce n’est pas d’hier que le manque de reconnaissance envers la profession d’enseignant occupe sans coup férir le spectre de la carrière « facile » bénéficiant de vacances nombreuses étalées sur toute l’année scolaire, deux mois d’arrêt complet durant l’été, une semaine de relâche, sans compter les semaines de vacances aux temps des Fêtes. Et s’ajoutent à toutes ces « faveurs », les journées pédagogiques étalées sur toute l’année scolaire.

Or aujourd’hui, en ces temps perturbés où les média sociaux ont envahi subrepticement l’univers des jeunes, la tâche des enseignants s’est proportionnellement transformée. Fini le temps où les élèves s’assoyaient docilement au son de la cloche et où leur attention était illico dirigée sur le professeur. Fini le temps où les élèves se pressaient pour répondre aux questions de leurs enseignants.

Tant et aussi longtemps que les enseignants évolueront dans ce capharnaüm, et que notre société, à commencer par les dirigeants des écoles, fera abstraction de toute la reconnaissance que la profession d’enseignant exige, nous assisterons à l’abandon d’enseignants laissés en otages dans un monde qui ne reconnaît plus toute l’importance de la carrière d’enseignant dans la formation des adultes de demain.

La « bienveillance » de Charles Milliard

Le Robert définit la bienveillance comme une « disposition favorable à l'égard de qqn ». Dès son premier point de presse annonçant sa candidature dans le cadre de la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ), l’ex- PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Charles Milliard, a insisté sur le fait qu’un PLQ qu’il dirigerait mettrait en exergue la bienveillance dans ses propos avec ses adversaires politiques.

Une déclaration qui n’est pas sans nous rappeler le style de gestion axé sur le respect de ses adversaires du chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), au début de son mandat, une attitude qui, il faut bien l’admettre, a été chamboulée dans la foulée des débats houleux à l’Assemblée nationale. Et pourtant, nombreux étaient ceux qui voyaient en PSSP un politicien qui, enfin, ferait de la politique autrement.

Conséquemment, assisterons-nous à l’abandon de la bienveillance promise par Charles Milliard lorsque cette dernière sera bombardée par les attaques véhémentes, voire vicieuses, de ses amis d’en face? Les coups bas et les uppercuts venant de l’arène politique forceront-ils le chef néophyte du PLQ à sortir ses gants de pugiliste s’il aspire gagner le combat prévu pour le 5 octobre 2026? À mon sens, il n’aura pas le choix s’il ne veut pas être mis au tapis le soir du combat. En termes clairs, Charles Milliard, tout bien intentionné qu’il soit, sera tôt ou tard, s’il devient chef du PLQ, être confronté brutalement à la lutte féroce de la scène politique.


Henri Marineau, Québec



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1 commentaire

  • François Champoux Répondre

    19 janvier 2026

    19 janvier 2026


    Bonjour M. Marineau,


    Bravo pour votre éditorial pour confirmer que l’Éducation est un pilier de l’humanité actuellement abandonné par nos décideurs démocratiques. 


    Cependant, nous sommes en démocratie et reconnaître le capharnaüm actuel de notre Éducation des élèves à élever, et donc à éduquer, c’est ainsi dire mea culpa.  Et j’en suis absolument : je suis coupable du désastre actuel de l’Éducation de nos élèves à élever. 


    J’ai réalisé cet échec avec l’évolution actuelle de la société québécoise qui depuis plus de 45 ans tarde à enseigner à ses enfants les vertus humaines et la philosophie. J’ai demandé dernièrement à 3 enfants s’ils savaient ce qu’était une vertu : aucun ne savait! C’est quoi ça une vertu? m’ont-ils immédiatement rétorqué! Les enfants avaient 9 ans, 13 ans et 17 ans. 


    Il arriva une excellente chose au Québec en 1975 : nous avons commencé à nous apercevoir qu’avec les religions du monde, nous n’allions nulle part avec cette forme d’Éducation. Ce fut le début d’une réflexion qui n’a pas encore abouti à une meilleure structure! Nous n’enseignons pas aux enfants à vivre et à aimer selon une juste philosophie de la vie laquelle favoriserait la paix en ce monde, le bonheur de chacune et de chacun au lieu des guerres inutiles et fratricides. 


    Ci-joint deux livres écrits en 2024 (le premier), et 2025 (le second) qui font comme vous M. Marineau; ils dénoncent l’état scandaleux de notre Éducation des enfants et adolescentes et adolescents. Dans le premier mentionné cependant, j’ai enfin lu en page 51 que l’enseignement de la philosophie devait se faire dès les jeunes classes!


    « Mais pourquoi l’école? » par Simon Bucci-Wheaton, 2024 Ko éditions


    « Séparés mais égaux »  par Christophe Allaire Sévigny, 2025, LUX éditions