Le baccalauréat conduisant à l’obtention d’un permis permanent d’enseigner au primaire et au secondaire exige trois années universitaires, soit 90 crédits. Or devant la pénurie de main d’oeuvre chez les enseignants, le ministère de l’Éducation (MEQ) a écourté cette autorisation d’enseigner à une année, soit 30 crédits, une solution qui, à mon avis, comporte de nombreux désavantages.
Enseigner est un art qui nécessite l’apprentissage de notions élémentaires visant la communication de connaissances à des jeunes. C’est ce qu’il est convenu d’appeler la didactique, laquelle doit être nécessairement accompagnée de stages sous la gouverne d’un enseignant qualifié. De toute évidence, cet outil indispensable à la formation des maîtres sera amputé de la formation à rabais des futurs enseignants.
En corollaire, ce sont les enseignants qualifiés, déjà submergés par la lourdeur de leur tâche due à la croissance d’élèves à besoins particuliers pour qui le personnel spécialisé est en pénurie qui écoperont de facto des carences des enseignants soumis au nouveau programme de formation écourté.
C’est sans compter la connaissance approfondie de la matière enseignée qui ne peut que souffrir du laps de temps très court dédié à son contenu pédagogique, un effet négatif direct sur la qualité de la formation des jeunes dans leur curriculum.
Enfin, cette formation atrophiée, destinée au départ à combler rapidement la pénurie de personnel enseignant à moyen terme, risque d’avoir pour effet d’aggraver la situation sur la qualité de l’enseignement auprès des élèves et la surcharge des enseignants appelés à dépanner les nouveaux venus, un scénario qui risque de dégénérer en départs précipités des enseignants plus anciens. Somme toute, à vouloir tenter de résoudre un problème en en déplaçant les difficultés, le MEQ n’aura que déshabiller Pierre pour habiller Paul.
Les « critiqueux »
Pour mettre les choses au clair dès le départ, je respecte le droit à la liberté expression, il est fondamental dans une saine démocratie. Toutefois là où j’émets certaines réserves concerne les propos souvent incendiaires de certains individus dont le métier est de critiquer certaines œuvres littéraires ou cinématographiques, et que je qualifierais de « critiqueux ». J’en ai pour exemple la présence régulière de deux critiques invités hebdomadairement à l’émission Tout peut arriver animée par Marie-Louise Arsenault sur les ondes de Ici RDI le samedi à 19 h.
Le scénario est le suivant : un auteur invité est interrogé par l’animatrice sur l’oeuvre qui constitue le nœud de la discussion qui se déroule entre eux sous la forme d’entrevue généralement tenue dans la bonne entente. Par la suite, entrent en jeu les deux critiques invités qui émettent leurs opinions sur l’oeuvre de l’auteur qui, rappelons-le, assiste tant bien que mal aux propos des critiques.
Or là où le bât blesse, c’est lorsque les « critiqueux » attaquent un aspect du scénario du film ou d’un passage du livre soumis à la critique après qu’ils eurent encensé comme il se doit l’ensemble de l’oeuvre. À ce moment-là, les flèches qu’on pourrait qualifier d’empoisonnées, fusent en direction de l’auteur qui n’a d’autre choix que de les subir. « Moi, j’aurais aimé que tel ou tel personnage soit plus...ou moins... » [remarquer l’utilisation dominante du « moi »] , lancent sans coup férir les « critiqueux », esquissant même à l’occasion un petit sourire narquois. Après tout, il faut bien que leur présence à l’émission soit justifiée, une critique entièrement positive n’aurait tout simplement pas l’heur de satisfaire leur soif de pouvoir sur le « condamné ». Tout simplement pathétique!
Henri Marineau, Québec












Laissez un commentaire Votre adresse courriel ne sera pas publiée.
Veuillez vous connecter afin de laisser un commentaire.
Aucun commentaire trouvé