La CAQ jongle de nouveau avec l'idée de hausser le salaire des professeurs

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Opportunisme crasse dont les enseignants ne seront pas dupes

La Coalition avenir Québec (CAQ) jongle de nouveau avec l'idée d'augmenter les salaires des enseignants.

Le parti de François Legault songe aussi à raccourcir en-deçà des trois années actuelles la durée de certaines formations professionnelles au collégial.
Ce sont là quelques-unes des pistes que veut valider le porte-parole caquiste en matière d'éducation, Jean-François Roberge, au cours d'une grande tournée du réseau de l'éducation, qui pourrait s'étendre jusqu'au printemps prochain.
Aux élections de 2012, la CAQ s'engageait à majorer de 20 pour cent le salaire des enseignants, mais la proposition avait ensuite été abandonnée durant la campagne de 2014, en raison du manque de marge de manoeuvre financière du Québec, pour reprendre les mots de François Legault.
En entrevue à La Presse Canadienne, lundi, M. Roberge est revenu sur cette proposition et elle sera testée de nouveau. Personnellement il a déjà son opinion. Le salaire de base d'un professeur à plein temps à sa première année est d'à peine plus de 40 000 $, ce qui lui semble insuffisant.
«Le salaire d'entrée me semble en-deçà de ce qu'ils (les professeurs) méritent en regard de l'importance de la profession», a déclaré député de Chambly, qui est lui-même un ancien professeur.
«Ce n'est pas très attirant pour un jeune de 15-18 ans intéressé par le monde de l'éducation. Après un bac de quatre ans, quelques années de suppléance, le salaire d'entrée peut décourager certaines vocations.»
Et de surcroît il rappelle qu'il faut 15 échelons pour arriver au salaire maximal, bref, la profession n'est ainsi «pas assez valorisée», a-t-il estimé.
Toutefois, M. Roberge veut consulter avant d'en faire de nouveau la position de la CAQ, puisqu'en 2012, il reconnaît que son chef et lui avaient mené «bien peu de consultations» avant d'arriver avec l'engagement d'une hausse des salaires, et il fait même son «mea culpa».
Selon le député caquiste, il n'y pas encore unanimité sur la majoration de la rémunération et le milieu dit surtout: «respectez-nous». Mais du même souffle, dans les négociations actuelles en vue du renouvellement des conventions collectives, la CAQ est contre le gel des salaires des professeurs et tient au moins à l'indexation.
Le parti tient également à un réinvestissement dans les services aux élèves, s'il y a de l'argent neuf, parce que c'est le souhait du milieu, a affirmé M. Roberge.
Par ailleurs, la CAQ veut aussi «moderniser et optimiser» le réseau collégial, qui est fragilisé lui aussi par les compressions. En outre, les cégeps subiront une baisse de clientèle de 20 000 élèves au cours des cinq prochaines années et cela inquiète les administrations, de l'avis du porte-parole en éducation.
Pas question de remettre en cause l'existence des cégeps, qui jouent un rôle essentiel dans certaines régions. Cependant, le statu quo n'a plus sa place, a laissé entendre le député, qui se demande notamment pourquoi faut-il que toutes les formations techniques durent trois ans, peu importe le programme, partout au Québec.
«Ce n'est pas du nivellement par le bas qu'on vise, c'est la flexibilité. Il peut y avoir des programmes qui sont plus courts, d'autres qui sont plus longs. Il faut avoir l'audace de se poser des questions», a-t-il dit.
Enfin, Jean-François Roberge a tenu à dénoncer «l'entreprise de démolition» du système d'éducation à laquelle se sont livrés les gouvernements, libéral et péquiste confondus, au cours des trois dernières années, en imposant compressions après compressions.
Au total, le réseau primaire et secondaire, le réseau collégial et les universités ont encaissé pour 680 millions $ de compressions, selon les données compilées par la CAQ.
Même le gouvernement péquiste, qui n'a duré au total que 18 mois, et qui avait pris beaucoup d'engagements en éducation, a lui aussi «manié la scie mécanique» et a commis en quelque sorte une «trahison», pour reprendre les mots de M. Roberge.
«Il y a une part des dommages dans le réseau collégial et universitaire qui a été causée par le court règne du Parti québécois», a-t-il dit.
Il considère donc que le PQ n'a «aucune crédibilité» quand il prétend aujourd'hui faire de l'éducation une priorité. Il a même eu des mots très durs à l'encontre de son homologue, le nouveau porte-parole péquiste en matière d'éducation, Alexandre Cloutier.
«Il faisait partie du gouvernement Marois qui cautionnait ces compressions. M. Cloutier reste un avocat qui va parler d'éducation, alors il va falloir qu'il apprenne ses dossiers. C'est comme si on me confiait les transports demain matin», a-t-il dit.


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