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Le Parti socialiste français et le Québec: nouvelle génération

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Louise Beaudoin, en plein repositionnement, se fait à l'idée d'une présidence " Marine "

Tombés au combat : ni le président actuel de la République française ni son premier ministre jusqu’à tout récemment ne seront candidats à l’élection présidentielle qui se tiendra à compter de la fin avril. Les deux figures — parmi les plus sensibles au Québec à gauche actuellement — laissent la place à un quadragénaire, Benoît Hamon, né l’année même de la visite historique du général de Gaulle et de son « Vive le Québec libre », en 1967.

Ce candidat a peu de chances de se rendre au deuxième tour — à moins d’un spectaculaire rassemblement avec le candidat écologiste et celui de la France insoumise, qui lui ferait d’ailleurs perdre chez les sociaux-démocrates du PS ce qu’il gagnerait sur sa gauche. Pour l’instant, la gauche est déboussolée et se présente en rangs dispersés. Dans tous les cas de figure, le Québec et les indépendantistes québécois, qui étaient présents dimanche soir en la personne de Stéphane Bergeron, auront beaucoup de travail à faire au cours des prochaines années pour maintenir et raviver la relation avec le Parti socialiste et, plus largement, avec les gauches françaises.

Question québécoise

Le Parti socialiste a toujours eu une façon bien à lui d’aborder la question québécoise, à l’intérieur des déclarations qui, tant à gauche qu’à droite, la « balisent », soit le fameux « non-ingérence non-indifférence » et « l’accompagnement du Québec » par la France, quelle que soit la voie qu’il choisisse. Le PS a ainsi désavoué la sortie tonitruante de Nicolas Sarkozy dans un communiqué, début 2009, où on peut lire qu’il réaffirme « son attachement à la position traditionnelle de la France au Québec ». En octobre 2010, lors d’une mission à Paris, nous avons, Alexandre Cloutier et moi-même, convaincu le PS, par une intervention de Patrick Bloche, député de Paris, de prendre l’engagement dans son programme électoral de « rétablir la position historique de la France par rapport au Québec ». C’est cette politique qui prévaut encore aujourd’hui, en principe. Elle a d’ailleurs été répétée par François Hollande, en 2012, à Pauline Marois. Mais Benoît Hamon sait-il seulement qu’elle existe ?

On ne saurait passer sous silence le fait que François Mitterrand, dès 1981, avait lui aussi mentionné le Québec dans ses « 110 propositions pour la France », préconisant l’« établissement de relations étroites avec le Québec ». C’est sans parler des Michel Rocard, Lionel Jospin et Jean-Pierre Chevènement, qui ont tous posé au fil des décennies une pierre dans l’édification de cette solide relation franco-québécoise.

Le candidat qui est sorti vainqueur de la primaire, Benoît Hamon, est un ancien ministre de l’Éducation nationale qui est venu au Québec, non pas en visite officielle, mais à l’occasion du Sommet international des coopératives qui s’est tenu en 2012. À cette occasion, alors ministre délégué chargé de l’Économie sociale et solidaire, il avait rencontré la ministre québécoise Élaine Zakaïb tout en échangeant informellement et brièvement avec Pauline Marois.

Député de Trappes, en banlieue de Paris, il s’est attiré de nombreuses critiques en décembre dernier lorsque, mis devant un reportage où les femmes se voyaient refuser l’accès à un café non mixte, il réagissait comme suit : « Historiquement, dans les cafés ouvriers, il n’y avait pas de femmes… », avant, le lendemain, de rectifier le tir en se déclarant « contre le fondamentalisme religieux, quand il conduit à confisquer l’espace public aux femmes ».
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