ÉTATS-UNIS

Les manifestants antiracistes se rassemblent en masse à Washington

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Traduction : « la colère anti-blanche approche »


(Washington) Entre lassitude et colère, des milliers de personnes se rassemblaient vendredi au coeur de Washington pour réclamer la fin des violences policières contre la minorité noire après une série de bavures qui ont rouvert les plaies raciales de l’Amérique.


57 ans jour pour jour après l’emblématique discours du leader de la lutte pour les droits civiques Martin Luther King, « I have a dream », les Américains étaient invités à marcher à nouveau sur la capitale fédérale pour réclamer l’égalité entre tous.


Arborant des t-shirts barrés de la mention « Black Lives Matter » (Les vies noires comptent) ou « What will it take ? » (Qu’est-ce qu’il vous faut ?), des centaines de personnes ont patienté dès l’aube pour se faire prendre leur température avant d’entrer dans le périmètre prévu pour le rassemblement, une mesure destinée à minimiser le risque de propagation du nouveau coronavirus.


« Je suis arrivée avant 6 h, je n’ai pas beaucoup dormi », a confié à l’AFP une femme noire de 47 ans prénommée Gardner, venue de Cincinnati, à plus de 800 kilomètres. « Je porte ce message : je veux du changement ».


« Cela fait 300 ans qu’on attend l’égalité », a renchéri Don Carlisle, un quinquagénaire noir venu tôt avec un groupe d’amis. « Techniquement, nous avons construit ce pays et nous sommes toujours traités de manière injuste ».  


Intitulée « Enlevez votre genou de nos cous », la manifestation fait référence à George Floyd, un Afro-américain asphyxié par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis, dont la mort a déclenché un mouvement de protestation inédit depuis des décennies aux États-Unis.


Menotté à l’hôpital


Des membres de la famille de George Floyd, ainsi que de plusieurs autres Afro-américains tués par des policiers, prendront la parole.  


Des proches de Jacob Blake, grièvement blessé dimanche à Kenosha, au Wisconsin, s’exprimeront aussi alors que l’agent qui a tiré sept balles dans le dos du père de famille n’a toujours pas été arrêté, ni inculpé.


Dernier outrage, selon son père : le jeune homme de 29 ans est menotté à son lit d’hôpital alors qu’il a perdu l’usage de ses jambes. « Il ne peut aller nulle part, pourquoi le menotter ? », a déclaré au Chicago Sun Times celui qui s’appelle aussi Jacob Blake.


Ce drame, le plus récent d’une longue série, a rallumé les braises de la contestation, et entraîné des manifestations émaillées de violences pendant trois nuits à Kenosha, où deux personnes ont été abattues apparemment par un jeune de 17 ans qui, armé d’un fusil d’assaut, s’était joint à des milices censées défendre les commerces locaux.


Les blessures infligées à Jacob Blake ont aussi déclenché un mouvement de protestation sans précédent dans le monde du sport.


Après la décision des joueurs des Bucks de Milwaukee de boycotter un match, la NBA a dû reporter plusieurs rencontres mercredi et jeudi.  Elle a toutefois espéré pouvoir reprendre le cours des compétitions vendredi ou samedi.


La joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka a quant à elle refusé un temps de disputer la demi-finale du tournoi de Cincinnati, dont les organisateurs ont reporté d’un jour tous les matchs prévus jeudi. Des matchs de baseball et de soccer ont également été reportés.


« Réputation en jeu »


La mobilisation des athlètes « représente un véritable changement culturel », s’est réjoui le révérend Al Sharpton, l’un des organisateurs de la marche de vendredi, sur la chaîne MNSBC.


« Les gens entendaient des militants comme moi dire des choses, mais maintenant il y a ces athlètes qu’eux et leurs enfants admirent qui disent la même chose et mettent en jeu leur source de revenus et leur réputation, c’est décisif », a-t-il jugé.


Donald Trump « n’a même pas prononcé le nom de Jacob Blake », ni évoqué les manifestants tués à Kenosha, dans un discours jeudi soir à la Maison-Blanche qui a donné le coup d’envoi de sa campagne pour la présidentielle du 3 novembre, a souligné le révérend. « Cela montre qu’il reste beaucoup de travail à faire ».


Le milliardaire républicain insiste depuis des semaines sur les violences commises en marge des manifestations et se pose en défenseur de « la loi et de l’ordre » face à son rival démocrate Joe Biden, qu’il accuse de vouloir livrer les États-Unis au chaos.


« Si le parti démocrate veut se ranger du côté des anarchistes, des agitateurs, des émeutiers, des pilleurs et des brûleurs de drapeau, c’est leur problème, mais en tant que président, je m’y refuse », a-t-il encore lancé jeudi soir.




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