Pourquoi la SQ a-t-elle épargné Vaillancourt ?

3c03dc8e3d9cb9b5865b364c4c51edb6

Libéraux (PLQ-PLC) dans 90 % des cas

L’homme soupçonné d’avoir dirigé l’une des organisations criminelles les plus sophistiqués et les plus efficaces pour détourner l’argent des contribuables, et ainsi engranger des gains illicites, n’a pas reçu le traitement qu’il méritait lors de son arrestation. Je ne parle pas du parrain de la mafia, mais du maire de Laval.
On n’était pas pour traiter Vaillancourt comme on traite Tony Accurso ou DSK, et lui imposer la dégradante «perp walk», menottes aux poings, à travers une meute de journalistes. Voyons donc, c’est un membre en règle de l’élite traditionnelle. La poursuite ne s’est même pas opposée, comme elle aurait dû le faire dans le cas d’accusations de gangstérisme, à sa remise en liberté. Quand même! C’est un Monsieur! Et âgé à part ça. Il mérite le respect!
Le pire c’est qu’une partie significative de la population de Laval était sans doute d’accord avec l’attitude bienveillante et «confortante» de la police. Je me trompe peut-être, mais je crois que beaucoup de ses concitoyens restent attachés à leur bon maire. Je me demande combien d’entre eux voteraient encore pour lui. Cela arrive régulièrement, surtout dans des pays de culture et de tradition latines et catholiques que des pourris manifestes soient réélus. À la télévision, plusieurs Lavallois, des gens âgés et de petites gens disaient comment ça leur faisait de la peine de voir qu’un homme si bien, élégant, distingué et propre de sa personne soit ainsi accusé par la police. C’est comme si ces personnes regrettaient le bon vieux temps où des affaires semblables impliquant des notables étaient balayées sous le tapis.
Je dis le bon vieux temps, mais, au fait, comment se fait-il que l’affaire ait pris vingt ans à être exposée? Jacques Duchesneau, le porte-parole de la CAC qui a largement contribué à faire éclater le scandale, a soulevé hier la question que je pose ici régulièrement dans cette chronique: comment se fait-il qu’il ait fallu si longtemps à la SQ pour ouvrir des enquêtes sur la corruption et la collusion érigée en système au municipal et au national?
Notre police a fermé les yeux pendant des années afin de ne pas embêter ses maitres politiques. J’ai déjà expliqué dans cette chronique comment un ingénieur consultant au ministère des Transports avait alerté la SQ dès 2004 sur les magouilles de l’industrie de la construction, mais que la police ne s’y était intéressée que des années plus tard quand les médias ont commencé à diffuser des reportages circonstanciés sur la question. Ce n’est pas pour rien qu’il a fallu un changement de gouvernement et des limogeages à la haute direction de la SQ pour que les enquêtes s’activent vraiment.
Jacques Duchesneau, de la CAQ
Certains me reprochent de m’en prendre surtout aux libéraux. Regardez ce qui est sorti jusqu’à maintenant dans les médias et à la commission Charbonneau. Dans plus de 90 % des cas, les personnes impliquées étaient liées, directement ou indirectement, au PLQ. Et par le fait même au PLC. Même les crétins qui ne savaient rien et qui ne voyaient rien, comme le maire Tremblay, étaient des libéraux! Ai-je besoin de vous rappeler que la commission Gomery a mis à jour des malversations similaires au fédéral qui impliquaient aussi des libéraux, cette fois version PLC. Parfois, les mêmes personnages jouaient des rôles semblables dans les deux cas. Je pense évidemment à l’ineffable Marc-Yvan Côté, longtemps «weeler-deeler» attitré des deux formations rouges et fédéralistes.
Ce que je trouve particulièrement indécent, c’est que deux anciens policiers qui pataugent maintenant dans l’auge à cochon libéral, Guy Ouellette et Robert Poëti, clament que c’est leur parti de vermines qui est à l’origine du nettoyage actuel de l’écurie d’Augias qu’est devenu le Québec. Minute papillon! Le Parti libéral du Québec à tout fait pour empêcher et/ou retarder le plus possible l’éclatement du scandale. Jean Charest a été contraint d’agir par la pression de l’opinion publique, aiguillonnée par les enquêtes journalistiques.
Et malheureusement, il y a forte de raison de croire que des agents d’influence haut placés au sein de la SQ ont fait en sorte que le corps policier regarde dans l’autre direction pendant des années...


Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé