Un fanfarons, maire de Québec.

Tribune libre


Québec 2 novembre 2009
Les élections municipales sont passées. Voilà une bonne chose de faite. Quoi que chez nous à Québec, on se demande bien à quoi elles pouvaient servir. C’est que depuis des semaines, avant même que les brefs d’élections n’aient été émis, on connaissait les résultats. Il n’y avait donc rien d’étonnant dans la victoire du camp Labaume.
Québec est une ville en manque de sensations fortes. Il n’y a pas d’équipe de hockey professionnelle. Pas d’équipe de baseball majeur ni de football non plus, si ce n’est du Rouge et Or de l’université Laval. Les beuveries collectives sont donc rares. Mais fort heureusement les tailgates universitaires de l’automne viennent enjoliver la grisaille avec les pétaques-frites et les ailes de poulet bien graisseuses.
Dans cette ville morose où semble-t-il, rien n’existait auparavant, est apparu soudain, un objet de fierté ; et j’ai nommé : Régis Labaume. Il n’en fallait pas plus pour semer l’allégresse… Enfin, quelque chose se passe ici dans notre ville minière! Enfin, nous allons pouvoir planter Montréal ! Cette ville où tout arrive et où tout l’argent va. Cette peuplade d’importés avide « d’accommodations pas raisonnables » et qui nous emmerdent à l’autre bout de la 20. Cette ville qui a toujours rit de Québec et nous a traité de gros village. Enfin, Québec peut relever la tête !
Ça, croyez le ou non, c’est le discours ambiant. Ben oui, vous avez bien lu ! Québec vit à l’heure actuelle le plus gros problème politique de ce siècle. Chez nous, la démocratie a été piratée par la radio-poubelle qui tient ce genre de propos. Elle casse du sucre quotidiennement sur Montréal et a mené tambour battant, une campagne pour la réélection de ce maire de carnaval. La télé, la radio et les journaux sont devenus pour Régis Labaume, ce qu’est René Angelil pour Céline Dion. Et je ne parle pas ici de son gérant mais bien plutôt du mari avec qui, nécessairement, elle couche. Les médias sont si épris du maire actuel, que ce dernier a ainsi eu plus de visibilité en six mois que tous les maires réunis depuis la fondation de la ville et ce, sans que ces aimables contributions ne soient comptabilisées comme elles le devraient dans les dépenses électorales de l’équipe Labaume.
Chez nous, les médias sont des groupies à l’affût de la moindre pitrerie du petit Napoléon de la vieille capitale. Ils mangent dans la main de Régis Labaume comme des petits oiseaux. Il ne se passe pas une seule journée que le bon Dieu amène, sans que l’on voit cette tête à claques dans les journaux ou à la télé, en train de donner des sucettes aux enfants. N’importe quelle niaiserie est prétexte à un papier ou un reportage sur le maire. On en fait une indigestion.
Il n’y a plus aucune objectivité. Plus aucune neutralité. Régis Labaume est une source intarissable de salive foutue en l’air et de coups de gueule sexy. Quoi de plus alléchant dans une ville où il ne se passe rien ? Un véritable bonbon pour les médias.
Il faut savoir que chez nous à Québec, les médias sont à la politique ce que MacDonald est à la restauration. Ils bouchent les synapses de la matière grise locale comme le cholestérol du BigMac obstrue les artères. Par exemple : ils ont répercuté les niaiseries de régis Labaume sur la construction d’un amphithéâtre avec nos taxes et impôts dans le but d’engraisser des millionnaires sans poser la moindre question sensée. Le diminutif maire a fait un petit voyage à New-York avec « son ami Marcel » pour aller rencontrer un autre diminutif, Gary Betteman, commissaire en chef de la LNH. Les deux hommes, dont la hauteur des propos est proportionnelle à celle leurs tailles, ont semble-t-il échangé sur l’éventualité de rapatrier une concession de la Ligue Nationale de Hockey à Québec.
Or, pas un seul scribe n’a osé interroger Labaume pour lui demander comment il se fait qu’il ait pris l’argent des contribuables pour effectuer sa grande séduction auprès d’un homme qui nous enverrait paître sans détour si ce n’était du fait qu’il y a présentement dans cette ligue, une dizaine d’équipes dans la dèche financière.
On n’a pas jugé bon non plus de lui demander comment il allait s’y prendre pour soutirer aux gouvernements les 350 millions nécessaires à la construction de son éléphant blanc, alors qu’il n’est même pas capable d’avoir du provincial et du fédéral, un engagement financier pour la reconstruction du manège militaire de la Grande-Allée, (pourtant un joyau historique) incendié il y a maintenant presque trois ans. Pourtant, à l’époque, si on se souvient bien, monsieur le maire avait juré la main sur le cœur que « la reconstruction allait se faire et vite. » Mais les choses ont changées depuis. Les actions n’ont donc pas suivit le blabla du chanteur de pomme de l’hôtel de ville.
Il n’y a pas non plus un seul de ces bons professionnels des médias patentés pour parler du passé de ce maire impliqué dans ce qui est connu comme « l’affaire Mazarin » et dont de grands pans restent toujours obscures. Pas un mot, pas une ligne sur le scandaleux contrat de gestion de la baie de Beauport accordé aux amis de Gestev et encore moins pour mettre au jour les étranges liens entretenus avec des firmes comme Dessau.
Vous croyez que les scandales n’existent qu’à Montréal ? Détrompez-vous ! La seule différence entre Montréal et Québec, c’est que chez nous, le maire en met plein la vue en faisant quotidiennement le clown. Ce qu’il dit n’a aucune importance. Qu’il soit un cancre non plus. La mémoire politique des gens de Québec souffre de la maladie d’Alzeimher. Le regretté Monseigneur Lavoie disait d’ailleurs que plus on fait dans le crétinisme, et plus on attire les médias. À Québec, c’est vrai plus que jamais.
Il n’y a presque plus d’opposition à Québec. Le maire pourra enfin faire ce qu’il veut. Contrairement à la légende de la Flûte de Hamelin, qui, en jouant sa toune, attirait les rats hors des murs de l’enceinte, le maire flûtiste, lui, a infesté l’hôtel de ville de personnages pas très édifiants. Comme par exemple : le grossier Marc Simoneau, un chroniqueur sportif de fond de taverne qui servait jadis de tapis sauve-pantalon à André Arthur. Ou encore, un ancien faire-valoir qui amenait le café et le muffin à Mario Dumont, Sylvain Légaré ex-député adéquiste de Vanier, congédié pour incompétence trop évidente lors de la dernière élection générale... Chez nous, on fait dans le recyclage. Y a pas à dire. Ça ne vole pas haut. J'espère au moins que notre future équipe de hockey fera mieux et qu’elle battra le Canadien de Montréal....


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2 commentaires

  • Jean-François-le-Québécois Répondre

    2 novembre 2009

    Je suis allé voter, hier. Et je me dis que ça aurait pu être pire: parmi la liste des candidats briguant le poste de maire, il y avait aussi... Jeff Fillion!
    Quoique la réélection de Labeaume, c'est en soi, une mauvaise nouvelle.
    Il faut comprendre que Labeaume, c'est un bonhomme qui après le décès inattendu de la mairesse Andrée Boucher, s'est retrouvé dans une situation où les subventions pleuvaient sur Québec. Notamment, en provenance du fédéral, pour faire du 400e de Québec «un gros party»,comme le disait si bien notre Régis.
    Le 400e de Québec fut, oui, un grand événement, et un succès au sens commercial, mais Régis Labeaume y fut pour très peu de chose... Les gens font une association entre Labeaume et le succès de la chose, mais cela est une erreur. Un manque de discernement.
    De toute façon, l'anniversaire de Québec fut un succès surtout pour Ottawa, qui réussit à nous voler cette fête, pour en faire celle de la fondation du Canada. Mais Régis ne semble pas l'avoir bien compris.
    Faut pas s'attendre, à une compréhension approfondie de questions complexes, avec de grands enjeux, chez le genre de maire qui fait des menaces de voies de fait au chef de l'opposition, en pleine séance de conseil municipal, quand ce dernier résiste à ses tendances autocratiques, je présume...
    Alors, oui, nous sommes pognés avec Labeaume pour les 4 prochaine années, cher monsieur Lévesque! Mais j'ose croire que les gens de notre ville ne lui donneront pas un autre mandat après celui qu'il vient de décrocher, quand ils auront vu le bonhomme à l'oeuvre, en-dehors du contexte du 400e de Québec.

  • Archives de Vigile Répondre

    2 novembre 2009

    Bonjour
    Quand est-ce morose à Québec ou à Montréal ! Difficile à percevoir.
    Je considère que Napoléon le clown amoral de Québec est plus élaboré qu’on ne le croit. Il se sert avec doigté de tout ce qui bouge pour asseoir son pouvoir pour de nombreuses années. Il se veut non partisan; c'est peut-être pour ça qu'il n'a pas d'opposition !
    Ce clown est peut-être notre miroir.
    « L'art du clown va bien au-delà de ce qu'on pense. Il n'est ni tragique, ni comique ; il est le miroir comique de la tragédie et le miroir tragique de la comédie.»
    André Suarès
    Essais sur le clown