Casinos, la bonne fortune de l’État

Les retombées économiques des quatre établissements québécois sont importantes, note une étude. Mais c’est surtout grâce aux joueurs québécois.

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Vraiment pas de quoi être fiers

Les quatre casinos du Québec sont un important moteur économique en matière d’emplois, de salaires et de revenus pour l’État, mais ce sont les Québécois eux-mêmes qui sont le principal carburant de ce moteur.

Une étude réalisée pour la Société des casinos du Québec (SCQ), rendue publique mercredi, démontre que les casinos québécois génèrent 8000 emplois directs et indirects, ce qui représente une masse salariale de quelque 450 millions et des revenus fiscaux de plus de 150 millions pour Ottawa et Québec, sans compter le bénéfice net de plus de 220 millions versé au trésor québécois.

L’étude se montre généreuse sur les retombées des casinos puisqu’elle ajoute au calcul l’effet des dépenses de consommation de ces 8000 employés sur l’économie dans son ensemble, ce qui permet de comptabiliser encore 1600 emplois, 126 millions en salaires et 40 millions de revenus fiscaux dans l’impact global des casinos.

L’étude, réalisée sous la direction de l’économiste Pierre-Paul Proulx, démontre toutefois que les touristes de l’extérieur du Québec ne représentent que 15,6 % des visiteurs dans les casinos. En d’autres termes, les Québécois représentent - et de très loin - les plus importants contributeurs à cet impact économique. « Nous sommes principalement des casinos régionaux », reconnaît d’emblée le président des opérations des casinos, Claude Poisson, ajoutant que le nombre de touristes, principalement américains, était plus élevé avant que la récession ne frappe nos voisins du Sud.

En contrepartie, bien que l’étude n’en ait pas fait le calcul, il est établi que l’apport d’argent neuf dépasse la proportion de 15,6 % que représentent les touristes de l’extérieur, puisque ceux-ci dépensent davantage que les Québécois lorsqu’ils sont de passage.

Les auteurs évaluent que l’impact des casinos est assez comparable à celui observé par une étude semblable réalisée il y a dix ans, et ce, malgré une baisse d’achalandage qu’ils imputent à une conjoncture économique défavorable non seulement au Québec mais sur l’ensemble du continent nord-américain et en Europe. « Dans une conjoncture plus lente, c’est un peu surprenant que ce soit comparable », a indiqué Pierre-Paul Proulx. « Avec la conjoncture qui va se replacer, les rentrées des casinos vont monter. Nous sommes dans une conjoncture un peu tranquille avec la récession des Américains et des Européens, ç’a eu un effet un peu dépressif sur ce qu’on a présentement », a déclaré l’économiste.

Mont-Tremblant

Les chiffres sont, en fait, plus élevés de 10 à 15 % par rapport à il y a dix ans, une augmentation qui s’explique, selon les chercheurs, par la croissance de la rémunération, une augmentation de la fiscalité et l’ajout d’un quatrième casino à Mont-Tremblant, qui n’existait pas au moment de l’étude précédente qui s’était penchée sur les retombées des casinos de Montréal, Charlevoix et Lac-Leamy. Le casino de Mont-Tremblant est cependant beaucoup moins fréquenté, avec 430 000 visites l’an dernier, que ceux de Charlevoix (un million de visites), Lac-Leamy (2,6 millions de visites) et, surtout, Montréal (six millions de visites).

La Société n’a toutefois aucun projet d’implantation d’un nouveau casino et son président reconnaît que la capacité de l’industrie de générer des revenus additionnels est plutôt limitée. « On ne vend rien, onne peut pas augmenter les prix. Les machines à 25 sous étaient là il y a 20 ans et ce sont encore des machines à 25 sous. C’est la disponibilité monétaire du client qui fait que l’on aura des revenus qui peuvent augmenter, a expliqué M. Poisson. Plus l’économie va remonter, va revenir, plus on sera capable de prendre notre part de marché là-dedans. »

L’étude consacre par ailleurs un volet sur les travaux de 305 millions de modernisation du casino de la métropole, travaux dont l’impact est calculé en sus de l’apport des activités courantes des quatre casinos. Cet investissement a généré plus de 700 emplois directs et indirects par année sur les quatre années qu’ont duré les travaux, qui seront complétés le mois prochain, des salaires de près de 190 millions et des retombées fiscales de près de 44 millions.

Fait à noter, 85 % des achats de biens et services de la Société des casinos sont effectués au Québec, auprès de 2300 fournisseurs qui sont majoritairement situés dans la région de Montréal.


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