Société, Emploi (1)

De la servitude moderne

Tribune libre

Le marché de l’emploi joue un rôle majeur dans notre société, il permet à l’individu de participer à l’effort collectif en échange de rémunération. Il a beaucoup évolué depuis les cent dernières années, mais de quelle manière? Tout d’abord un voyage dans le temps s’impose. Vous rappelez-vous les histoires de nos grands-pères, nous racontant à quel point la vie était difficile pour eux. Comment ils travaillaient forts pour défricher leur lopin de terre, afin de le cultivé pour nourrir leurs familles. Élevait des animaux de ferme, pour le lait, les œufs. Afin de se procurer d’autres fournitures qui lui étaient nécessaires, il devait aller faire des petits boulots à l’extérieur, chez des gens plus fortunés en échange d’argent. Le commerce occupait déjà une place enviable à l’époque, mais il était en parallèle avec les besoins essentiels des villageois. La vie n’évoluait pas rapidement, car les hommes et les femmes étaient trop occupés à travailler pour survivre et avaient peu de temps à consacrer pour autre chose.
Heureusement pour nous, l’évolution technologique et scientifique, a permis de faciliter grandement le travail requis afin de nous nourrir collectivement. Ainsi les travailleurs quittaient les champs. Certains d’entre eux ont rejoint les grandes villes, afin de travailler dans les usines qui étaient déjà présentes. Elles ont connu un essor considérable à partir de ce moment. Et d’autres se sont affairés dans le développement sociétaire, les routes et les aqueducs entre autres. Des routes et de l’asphalte pour conquérir le cœur des électeurs disait Duplessis. La révolution tranquille, ouvrait l’accès à l’emploi aux paysans, dans le domaine de l’éducation et de la santé principalement.
Cette nouvelle forme de modèle éducationnelle amena sur le marché du travail, une nouvelle génération de professionnels, Avocat, notaire médecin, administrateur. Certains d’entre- eux ont choisi cette carrière en fonction du salaire plus que pour la mission qui s’y rattache. On observe à l’heure actuelle, les effets de la venue d’une classe d’individu peu scrupuleux qui use d’ingéniosité et subterfuge afin de se procurer une certaine gloire personnelle, ainsi que l’argent. Inconscient, ‘ j’espère’, du tort que cela provoque à la noblesse de leur institution. La justice en est grandement affectée, car le cirque auquel on assiste depuis plusieurs années ne fait que la discréditer aux yeux du peuple.
Vers le milieu des années 70, on n’apercevait déjà que la stratégie utilisée depuis quelques décennies pour satisfaire la demande s’avérait problématique. Alors certains penseurs surtout ceux qui étaient attachés au Parti Québécois, ont prôné l’idée d’une évolution vers une société de loisirs. L’oligarchie dominante a tôt fait de ridiculiser cette pensée qui selon moi, était tout à fait logique, vu l’évolution de la technique agricole et des équipements, mais inapplicable sans mettre en danger leur suprématie. Car plus les paysans ont du temps pour réfléchir, plus ils s’apercevront de toute cette mascarade, ce qui s’avère très négatif pour eux.
Ils ont donc continué dans cette direction, qu’ils savaient problématique pour les paysans mais sécurisant pour eux. Précarité de l’emploi, stress au travail, l’évolution rapide de l’ensemble des métiers, obligeant ainsi les travailleurs à se mettre à jour continuellement, etc.… Ajouter à cela la peur de voir son banquier saisir sa maison à cause de l’endettement volontaire (envers qui?) et vous avez tout ce qu’il faut pour maintenir les paysans tranquilles. Incapable de s’imaginer pouvoir faire autrement, ce qui nous attriste face à notre conception du travail, et nous rendant ainsi improductifs et paresseux selon les lucides. Qui selon moi aurait été un très bon sujet à discuter, mais les rottweilers de service ont flairé le danger et rendu celui-ci complètement stérile en le banalisant en un vulgaire débat gauche-droite, et sortant quelques colonnes de chiffres pour épater la galerie et le tour est joué, plus de danger!
Selon moi, on a omis une discussion très importante! Pour qu’il y ait un tel jugement, il faut obligatoirement des juges. Et ces juges, sur quoi se fondent-ils pour porter ce jugement? Quelle est leur vision que l’on doit respecter afin d’être productif. Je ne peux que présumer ici, mais si vous désirez avoir un bref aperçu, je vous invite à regarder cette vidéo (DE LA SERVITUDE MODERNE – YouTube). Cette vidéo me donne encore des frissons. Quoi qu’il en soit M. Bouchard et son équipe, nous ont offert involontairement une très belle occasion de débattre collectivement. Mais que voulez-vous! Bonne nuit!
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5 commentaires

  • Francis Déry Répondre

    20 juillet 2012

    Justement.
    Il faut comprendre la philosophie économique de Keynes, pour comprendre les années 30.
    Mais cela a commencé bien avant Keynes.
    On pourrait aller jusqu'à la guerre de Sept Ans pour voir les banquiers prêtant à des états sous forme d'obligations pour prolonger des guerres.
    Après la Première Guerre Mondiale, plusieurs banquiers, pas nécessairement Américains, ont financé la Révolution Russe et ses principaux anarchistes.
    Derrière Occupy Wall Street, un gars de Vancouver de mèche avec Georges Soros. Ce vidéo n'apporte pas de vrais solutions, mais une utopie faisant appel aux plus bas sentiments pour tout casser.

  • Carl Monty Répondre

    20 juillet 2012

    Merci pour le lien, pas encore très habile en informatique. Évidemment je ne souhaite pas prôner l’anarchie, néanmoins la réalité de ce documentaire porte à réflexion. Ce que vous décrivez ici:La fin est horrible. Le vidéo affirme que le pouvoir est à détruire et non à conquérir. C'est le piège du vidé trop bien léché. Lancer les forces d'anarchies (comme ceux des mouvements Occupy, ou celui des émeutes
    raciales anglaises) pour détruire le matériel et les édifices, et finalement aux personnes, c'est détruire le patrimoine existant. La révolution faisant table rase, il faut reconstruire. Je pense ironiquement, que vous élaborer la stratégie de l'oligarchie militaire financière et ceux qui y sont rattacher dans leurs guerres stériles idéologiquements parlant.

  • Francis Déry Répondre

    19 juillet 2012

    Bon,
    j'ai écouté le vidéo jusqu'au bout.
    Il y a beaucoup de choses intéressantes.
    Mais le problème de la démocratie directe, c'est sa nature de problème NP (non-polynômial). Applicable dans un hameau, mais trop compliqué pour les grands ensembles de populations. D'où la nécessité de hiérarchiser les structures de gouvernance.
    Le langage est un instrument de manipulation de la pensée et donc du pouvoir de réfléchir. Il faut donc le maîtriser, et non le renier sous prétexte de se libérer du carcan langagier.
    La discipline qui nous demande tant d'obéir, et bien la première discipline est de pouvoir obéir à son intelligence, et à sa conscience (intelligence+valeurs). La meilleure des libertés est d'obéir à sa conscience.
    Avec la vertu de la discipline, et celle du discernement, c'est la capacité de décider. Alors, il faut savoir communiquer pour obtenir le leadership. Pouvoir guider les autres. Et là on s'élève dans la hiérarchie de gouvernance.
    La fin est horrible. Le vidéo affirme que le pouvoir est à détruire et non à conquérir. C'est le piège du vidé trop bien léché. Lancer les forces d'anarchies (comme ceux des mouvements Occupy, ou celui des émeutes raciales anglaises) pour détruire le matériel et les édifices, et finalement aux personnes, c'est détruire le patrimoine existant. La révolution faisant table rase, il faut reconstruire. Pour cause d'insécurité, le nouveau système sera encore plus contrôlant. La nouvelle croissance économique phénoménale récompensera l'ordre marchand. Elle fait partie de la philosophie Keynésienne de la macro-économie.
    Même Spartacus qui fut sur le point de renverser Rome, a hésité, puis reculé faute de savoir comment pouvait être le pouvoir prochain sans l'esclavage.
    La désobéissance anarchique ne peut qu'être ponctuelle. C'est comme une plaie qu'il faut désinfecter, refermer et guérir, dans le tissu social et le cours de nos vie.
    La liberté, c'est servir notre conscience. C'est l'aménagement de nos vies pour une maîtrise locale.
    On ne peut disposer d'une maîtrise globale sans aliéner les autres. Si on essaie de contrôler plus large, alors on devient dictateur. Bill Clinton n'était pas un ascète de la discipline. ô combien de son pouvoir a servi à engrosser les jeunes dames. Idem pour DSK. Ils ont un concept erroné de la liberté.

  • Francis Déry Répondre

    19 juillet 2012

    Le texte recopié sur Vigile n'a pas inclus le lien de votre vidéo.
    Le voici : http://www.youtube.com/watch?v=rczhi-yOicA

  • Francis Déry Répondre

    19 juillet 2012

    Arbeit macht frei.
    (Le travail rend libre)
    Nos aïeux travaillaient la terre pour rejoindre l'autarcie.
    Dominés mentalement par l'Église vous diriez. Mais pas par le consumérisme.
    Pour cette autarcie, la femme restait à la maison.
    Les familles rurales étaient nombreuses (ma grand-mère a porté 16 ans et elle est morte centenaire).
    Dès que les jeunes grandissaient, ils contribuaient de plus en plus aux travaux de la ferme, puis en allant travailler sur des chantiers.
    Aujourd'hui, le Québec s'est quasi-déruralisé et la religion a pris le bord. La recherche de l'autarcie aussi.
    Ce ne sont pas les personnes qui priment dans notre système, mais les corporations. Jadis, une compagnie était une association d'individus avec une charte pour une mission spécifiée (autre que le profit). Dès que l'utilité sociale disparaissait, alors la compagnie s'éteignait honorablement. Aujourd'hui, cela prend une faillite, car les compagnies se doivent moralement de survivre coûte que coûte. Les compagnies doivent générer des profits pour récompenser les investisseurs. C'est ce qu'on appelle le capitalisme. Les principaux fournisseurs de capitaux étant les banques.
    Il y a donc une relation avec le système monétaire. Au début du XXe siècle, la croissance semblait inarrêtable. Elle était relié aux expansions coloniales. Après les Années Folles, les consommateurs étaient repus et incapables d'absorber la production. Les investisseurs ont préféré se retirer de la Bourse qui fit son crash en 1929.
    Le cycle de la déflation faisait le bonheur de ceux dont l'emploi n'était pas relié à la production directe tout en ayant un salaire assuré. Pour les autres, renvoyés des usines, ils perdaient les moyens de vivre autrement que par la charité. Qui avait su économiser, voyait son pouvoir d'achat augmenter et agir à contre-courant s'il pouvait être sûr de conserver ses sources de revenus.
    L'effet loyauté à son entreprise ou son patron devenait important pour garder sa job. Être loyal, c'est généralement aliéner sa liberté et, en corollaire, sa conscience. Jean Charest est très loyal envers ses intérêts.
    Pour redémarrer l'économie, il fallait réinjecter de l'argent, ce qui passait par une augmentation de la masse monétaire, donc une dévaluation de la monnaie. Un coup dur pour ceux qui entreposaient leur richesse en dollars. Franklin Roosevelt a plutôt confisqué l'or des particuliers (qui s'attendaient à une dévaluation) en le payant 24$ l'once, pour ensuite réviser la parité du dollar sur l'or à 35$ l'once. En augmentant graduellement la masse monétaire, il créa une inflation pour stimuler la consommation et décourager la thésaurisation. Sauf que l'État n'a plus le pouvoir d'émettre la monnaie. La Fed étant une agence indépendante de l'État. Il put s'offrir le New Deal avec une augmentation de l'appareil d'état fédéral jusqu'en 1937.
    La Guerre Mondiale fut l'occasion de détruire beaucoup du patrimoine matériel (ailleurs) pour remettre l'économie en croissance. Elle fut suivie d'un miracle de croissance, mais pour soutenir ce miracle, il faut des guerres ponctuelles épisodiques pour l'Amérique, mais surtout une intensification de la consommation.
    La meilleure façon d'intensifier la consommation est d'accélérer la vétusté. L'obsolescence est ainsi programmée par les industriels. Il ne faut plus s'étonner de l'inversion du Progrès dans la robustesse de nos infrastructures. La maintenance devient un facteur-clef de la croissance. Idem pour les biens de consommations.
    Ainsi, c'est la durée de vie des corporations et, ultimement, des groupes industriels qui est assurée.
    Le prix de cette croissance est la capacité des travailleurs à épargner. Les grandes caisses de retraites des travailleurs sont gérés par autrui souvent à leurs dépens (Un piège pour Karl Marx). Les caisses personnelles ou familiales sont dilapidés par la consommation. Il n'est plus possible de faire vivre une dizaine d'enfants. Déjà qu'il faut que les deux personnes du couple travaillent pour rejoindre les deux bouts. Ce qui veut souvent dire deux voitures. Alors avoir un enfant ou deux représente beaucoup de sacrifices. Comme les constructeurs ne construisent plus de modestes maisons (Progrès), les nouvelles familles doivent payer plus cher, quitte à se surendetter.
    L'endettement, c'est l'esclavage. Le travail, c'est la lutte pour se libérer de cette esclavage. Quoique la dette force le travail. Pour la vrai liberté, c'est choisir de moins consommer. Simplifier sa vie, à défaut de pouvoir rejoindre l'autarcie.
    Qui sait cultiver un jardin pour économiser sur son épicerie ?
    Qui sait réparer un ordi ou une imprimante ?
    Qui sait se soigner tout seul ?
    Il y a un truc pour cela qui s'appelle l'hygiène de vie.
    Qui peut encore faire de la maintenance majeure sur sa voiture ?
    Dans le dernier cas, j'ai remplacé ma voiture pour un vélo.
    Je le peux, donc je le veux. C'est une libération en soi.