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Actualité québécoise - vers une « insurrection électorale »?

Québec solidaire rend aujourd'hui public son cahier de perspectives en vue d'un congrès d'orientation qui se tiendra les 20, 21 et 22 novembre prochain à Laval. Alors que la question nationale revient à l'ordre du jour tant pour les partis politiques que pour le mouvement souverainiste, ce congrès nous permettra de préciser davantage notre stratégie pour réaliser la souveraineté. Il sera aussi question du modèle de laïcité que nous mettons de l'avant et de la décentralisation des pouvoirs du gouvernement du Québec vers les régions.
À l'automne 2008, la commission politique de Québec solidaire a publié un cahier contenant plusieurs questions sur des thèmes aussi cruciaux que la souveraineté, l'intégration citoyenne et les institutions démocratiques. Plusieurs personnes, des membres de Québec solidaire comme des non-membres, se sont rassemblées en cercles citoyens pour réfléchir autour de ces questions et produire des textes d'analyses et de propositions. Autour de ces contributions, la commission politique a organisé des débats, des conférences et des discussions. Selon nos données, près de 900 participants ont contribué à la démarche.
Il n'était pas question de bâtir un programme à partir de textes issus de la direction du parti que les membres devraient simplement commenter ou amender. La commission politique a plutôt choisi d'aller susciter la controverse et les discussions où elles se trouvent: à la base. À la suite de ces dialogues, un cahier de perspectives politiques a été produit, que nous dévoilons aujourd'hui. Il s'agit d'une position cohérente et forte, qui, nous le savons, soulèvera des débats à l'intérieur et à l'extérieur du parti, et c'est précisément ce que nous visons, l'unanimisme n'étant en rien un signe de santé pour un parti politique.
Des questions
Grâce à ce processus hautement démocratique, nous avons pu mettre l'accent sur ce qui ne fait pas consensus au sein du parti afin d'en débattre en congrès:
- Comment doit-on nommer notre projet pour l'avenir politique du Québec: souveraineté ou indépendance? Quelle stratégie doit-on mettre de l'avant pour y parvenir?
- Quelle est notre vision de la laïcité et par quelles mesures gouvernementales se concrétise-t-elle?
- Comment proposons-nous de réaliser la décentralisation des pouvoirs vers les régions? Quel doit être le rôle de l'État dans ce processus?
- Quel doit être le rapport entre la nation québécoise et les nations autochtones dans le cadre d'une démarche vers l'indépendance politique du Québec?
- Quel mode de scrutin et quelles institutions démocratiques doit-on privilégier?
Ainsi, les associations et instances de Québec solidaire sont maintenant appelées à se prononcer sur le document de la commission politique et, le cas échéant, à faire des propositions alternatives. La direction du parti, c'est-à-dire un comité de coordination composé de 16 personnes, pourra faire ses propositions au même titre que n'importe quelle association locale.
L'indépendance par la souveraineté populaire
Une analyse commune se dégage des contributions que nous avons reçues: le Québec ne va pas bien et aucune voie ne se présente pour le sortir du marasme. Nos ressources naturelles sont littéralement pillées comme si nous étions un pays du tiers-monde, le modèle de développement économique mis de l'avant par nos élites s'essouffle, les écarts de richesse augmentent, la langue française est de plus en plus en danger à Montréal, notre environnement se détériore à vue d'oeil. Devant cela, une bonne partie de la population est désenchantée par les promesses non réalisées des décideurs économiques et politiques.
Pour remobiliser les Québécois, l'indépendance doit être liée à ces problèmes fondamentaux. Les hommes et femmes politiques des partis traditionnels ont depuis trop longtemps jeté l'éponge. Il est temps de faire appel au pouvoir qui leur donne leur légitimité: celui du peuple québécois. Cette idée forte traverse tout le cahier de perspectives et conduit la commission politique à proposer la démarche suivante.
La loi des lois
Une fois au gouvernement, Québec solidaire convoquerait une Assemblée constituante. Cette assemblée, élue par le peuple et indépendante du gouvernement et de l'Assemblée nationale, aurait le mandat de rédiger une Constitution pour le Québec en faisant participer largement la population. En écrivant une Constitution, c'est la loi des lois qu'un peuple se donne: il peut choisir le statut politique du Québec, mais aussi quoi faire de ses ressources, de ses services publics, de ses droits individuels et collectifs, de son mode de scrutin, de ses institutions démocratiques, etc. Voilà enfin l'occasion de débattre ensemble de grands enjeux de société non pas en spectateurs ou spectatrices, mais bien en tant qu'acteurs et actrices. Par la suite, l'Assemblée constituante soumettra sa proposition de Constitution au vote et le peuple québécois fera le choix de son avenir politique.
Dans cette perspective, la souveraineté du Québec gagne en substance. Nous ne débattrons pas de la possibilité abstraite de faire un pays sans trop savoir pourquoi. Il sera question d'un projet de société très concret et très clair sur lequel nous devrons nous entendre. Notre stratégie rompt avec celle qui pense rejoindre le plus de gens possible en proposant un projet mou et tiède. Il s'agit de redonner un sens au mot «pays» en y incluant un projet de société porteur et, osons l'écrire, emballant. Il faut faire le pari de mobiliser le peuple autour d'objectifs communs pour qu'il se saisisse du plus noble outil qu'il possède pour les réaliser: sa propre souveraineté.
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Vous pouvez consulter le cahier de perspectives de la commission politique de Québec solidaire à l'adresse suivante: programme.quebecsolidaire.net
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Simon Tremblay-Pepin, Responsable des orientations de Québec solidaire


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