Accommodements raisonnables et équité

Lettre à Mme Michèle Ouimet de La Presse

Réaction à l'article " Une police du Niqab, non merci "

Tribune libre

Mme Ouimet,
J'ai imaginé cette petite histoire suite à votre article " Une police du niqab? Non merci
Après avoir pris entente avec vous je saute sur ma moto et je vais vous rendre visite. Toc toc toc, vous m'ouvrez et vous m'accueillez dans votre demeure.
Vous m'invité à prendre siège dans votre salon, ce que je fais sans plus tarder . Soudain vous me surprenez à mes mettre mes grosses bottes boueuses sur une table du salon. Vous me dites que c'est une table d'importation et pour laquelle vous avez travaillé très fort pour l'obtenir compte tenu du prix élevé que vous avez déboursé, mais aussi de tous les sacrifices que vous avez consentis afin que ce précieux meuble se retrouve sous votre toit.
Moi de mon coté je vous expose le fait que dans mon village natal, le fait d'allonger ses jambes et de mettre ses bottes sur une table, facilite la conversation et est une façon polie pour l'hôte d'accueillir un invité et de le mettre à l'aise.
Après vérification auprès des habitants de mon village vous vous rendez compte que je disais vrai et que cette habitude est répandue dans ce coin de pays.
Peu importe le fruit de vos recherches, vous optez pour la solution de m'aviser de ne pas mettre mes bottes sur votre meuble précieux. Je sors de chez vous en furie et j'avise mon conseil municipal que vous n'êtes pas accueillante et étant donné votre statut de femme publique que vous vous devez de mettre en application les règles de bienséance qui prévaut dans mon village.
Le conseil municipal se réunit pour débattre de la question. Il est convenu qu'étant donné le petit nombre d'habitants de mon village, le fait que je mette mes bottes sur la table ne risque pas d'endommager votre meuble de façon significative et que par la présente vous auriez du me permettre de m'exécuter librement afin de préserver les us et coutumes de mon village. Pour en ajouter, votre patron ne comprend pas pourquoi vous avez été aussi peu accommodante étant donné que votre Journal doit s'adresser à tous les lecteurs potentiels du territoire que vous couvrez et que le simple fait de refuser ma demande pourrait porter préjudice au Journal.
Vous vous retrouvez donc le coeur tout à l'envers, oscillant entre la peine de voir votre patrimoine s'envoler et la rage d'avoir perdu quelque chose pour lequel vous avez consenti autant d'efforts.
Une commission d'enquête est mise sur pied. Les commissaires optent pour l'option de l'ouverture. Il est déclaré que les " Urbains " ont perdu la foi en quittant les campagnes et que dû à cette migration, se retrouvent complètement perdus et sans valeurs. Sans but ni conscience, il est dit que les Urbains sont devenus fermés sur eux-mêmes et très intolérants face à la différence que représente les Régionalistes.
Plusieurs décennies plus tard, il est prouvé que la table que vous possédiez était fait de bois de Santal et était considérée comme un joyau, un artéfact rare qui représentait une essence arboricole aujourd'hui disparue et une tradition artisanale qui ne se voit plus . Cette tradition avait vu le jour suite à de nombreux conflits et remue-méninges mais avait donné quelque chose d'unique ce que l'on avait baptisé à l'époque : Le Gros Bon Sens Humanitaire "
Après méditation, vous vous demandez toujours si le jeu de préserver quelque chose de précieux aurait mieux valu que d'accommoder un petit nombre de personnes. De plus est, qu'à la lumière d'une enquête il a été prouvé hors de tout doute que le conseil municipal de l'époque était à la solde politique d'une compagnie de fabrication de bottes. Les bottes servaient aux soldats qui combattaient pour une philosophie pure et dure d'un dogme qui se prononçait contre toute forme d'évolution sociale, incluant l'égalité hommes-femmes, l'amour, le partage et la compassion.
Mais tout ceci n'est qu'une histoire après tout et je comprendrais très bien que vous me refusiez complètement l'accès à votre demeure même si vous êtes une personne ouverte et saine d'esprit
Jacques Deschesnes
Un motard à grosses bottes
Trois-Rivières


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4 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    10 mars 2010

    Ma blonde et moi aimerions immigrer dans un pays musulman.
    Quelqu’un peut-il nous faire la liste des acommodements raisonnables autorisés pour les occidentaux hommes/femmes dans un pays musulman ?
    Merci.Bien à vous.

  • Archives de Vigile Répondre

    3 mars 2010

    M.Deschênes.
    Très bien illustré
    Avec vous je souhaite que l'on comprenne le "gros bon sens"! et que
    ceci passe avant les intérêts politiques....
    Merci pour votre article.
    Andréa Richard

  • Archives de Vigile Répondre

    3 mars 2010

    Bravo...c'est clair, net et précis...c'est françâs, comme disait l'autre.
    Reste à espérer que Madame Ouimet comprenne...enfin !

  • Jean-François-le-Québécois Répondre

    3 mars 2010

    @ Jacques Deschênes:
    «Mais tout ceci n’est qu’une histoire après tout...»
    Peut-être, mais cette histoire illustre très bien la situation que nous vivons, face à une immigration massive de gens encouragés par la Charte de Trudeau à reproduire ici leur mode de vie étranger. Quant à la philosophie de Philip Taylor et les tendances très méprisantes et moralisatrices de Gérard Bouchard, vous nous faites très bien comprendre, ce qui se cachait derrière...