Dans son point de presse annonçant sa mise en candidature officielle à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ), l’ex-ministre de l’Environnement, Bernard Drainville, évoquait haut et fort ses nombreuse années en politique active en guise de critères de notoriété, un atout, disait-il, pour occuper les fonctions de chef de parti et, de surcroît, de premier ministre.
Or le dernier sondage Léger–Le Journal–TVA démontre que 46% des répondants ont «plutôt une mauvaise opinion » de Bernard Drainville et seulement 27% qui en ont une opinion positive. En revanche, 39% des électeurs disent avoir une bonne opinion de Christine Fréchette, les répondants caquistes étant presque trois fois plus nombreux à préférer Mme Fréchette (59%) à M. Drainville (22%) pour remplacer François Legault.
À mon avis, le côté batailleur de Bernard Drainville joue en sa défaveur, ses sorties parfois orageuses le plaçant souvent dans des positions inconfortables qui laissent percevoir un politicien bourru fermé aux compromis.
Par ailleurs, dans une vie antérieure avec le Parti québécois (PQ), la Charte des valeurs québécoises adoptée en 2013, dont il est le père à titre de ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne de l’époque, a laissé des doutes sur sa véritable allégeance politique, une situation embarrassante pour un candidat qui prétend adopter la troisième voie caquiste en tant qu’éventuel premier ministre du Québec.
De plus, son parcours en tant qu’ex-ministre de l’Éducation dans un gouvernement de la CAQ n’a pas laissé de réalisations remarquées, la situation sur le plan de la pénurie de personnel étant demeurée stagnante, et son initiative sur l’obligation du vouvoiement n’étant certes pas matière à diminuer substantiellement la violence à l’école. Enfin, en tant qu’ex-ministre de l’Environnement, il a reporté de cinq ans le seuil d’atteinte des objectifs de diminution des GES, une décision qui n’a pas eu l’heur de plaire aux environnementalistes.
Au moment d’écrire ces lignes, Bernard Drainville lance officiellement sa campagne à la chefferie de la CAQ. Un long chemin le sépare de l’échéance du 12 avril, date à laquelle le nouveau chef sera désigné, soit quelque cinq mois avant le scrutin du 5 octobre. Le premier coup de sonde le place devant un défi titanesque. Parviendra-t-il à gravir la pente abrupte qui se dresse devant lui et à gagner la confiance d’une majorité des militants caquistes? Rien n’est moins sûr!
Henri Marineau, Québec












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