De péquisteries en péquisteries jusqu'à la défaite finale

Défendez-vous Pauline Marois

Tribune libre

Ce n’est pas le militantisme qui a manqué au P.Q. pour réaliser la souveraineté. Et malgré cela, malgré un militantisme très fidèle, un membership sans commune mesure maintenant avec ce qu’il a déjà été, le P.Q. n’a pas réalisé la souveraineté de notre état.
Que vient faire de plus cette proposition du député préféré de Jacques Parizeau ? Rien. Absolument rien. Mme Marois pourrait s’accommoder de cette proposition. Mais elle s’en accommoderait pour rien !
Il n’y a nulle part dans l’opinion publique quelque chose qui aurait l’air de l’ombre du début d’un besoin semblable. Un co-mi-té, wow, pour mettre en branle TOUT DE SUITE quelque chose, qui préparerait TOUT DE SUITE un référendum, alors que c’est bel et bien un « éventuel » gouvernement qui serait maître du jeu politique, pour avancer ou reculer selon les circonstances, lui seul étant légitime. Un comité sans légitimité politique autre que celui lui étant « déléguée » par le parti, mais qui pourrait forcer la main, à tout le moins embêter un « éventuel » gouvernement de Mme Marois ? S’agirait-il d’une sorte nouvelle de SPQ-libre, celle du référendum, à l’intérieur du P.Q. ?
Tous les vieux soldats du référendisme vont s’engouffrer derrière le char d’assaut Jacques Parizeau, suivis par une flopé d’anti-Marois.
L’électorat n’est pas chaud à l’idée d’un autre référendum. La mouvance souverainiste elle-même est divisée sur l’à propos d’un troisième. Alors QUI ? Les militants ? S’agirait de « rassurer » des militants avec cette proposition ? Rien d’évident par là quant à rassurer …Alors QUI ? La ligue des vieux sécessionnistes, qui veulent absolument refaire au plus sacrant un remake de 80 et 95 ?
Me semble que l’électorat a déjà assez donné…Mme Marois a sans doute de bonnes raisons de ne pas se laisser impressionner par cette proposition.
J’ai 2 convictions à cet égard. La première est que si le P.Q. était prochainement élu au gouvernement, j’aimerais bien savoir que le chef de ce gouvernement (Mme Marois all the way!) n’est pas sous influence d’aucun obscur comité, que ce gouvernement resterait souverain et souverainiste, sans rien par-dessus ou en dessous pour le contrôler, pas plus que je trouve acceptable que le gouvernement actuel de Charest se laisse déborder par ses collecteurs de fonds. Dans un cas comme dans l’autre, la moindre atteinte à la légitimité du gouvernement est à proscrire.

Le peuple est souverain, mais ce n’est pas le cas des militants d’aucun parti. Le parti lui-même, les instances, ne peuvent agir à la manière des anciens soviets de la Révolution d’Octobre. René Lévesque lui-même avait réglé cela en deux temps trois mouvements lorsqu’il avait été élu en 1976.
Ma deuxième conviction, c’est que les souverainistes et les indépendantistes pourraient s’inspirer maintenant—la conjoncture s’y prête-- de la méthode des fédéralistes. Cette méthode qui a si bien servi Pierre Elliot Trudeau pour rapatrier la constitution canadienne. Le P.L.C. n’a jamais perdu beaucoup de temps à évoquer un « éventuel » référendum en 1981, mais le gouvernement fédéral du temps a agi. Et ce fut 1982… Appelez maintenant la politique de P.E.T de« flou artistique » tant que vous voudrez, le fait demeure : Jacques Parizeau a passé, mais… mais… mais le rapatriement de 82 est encore là, dans la gorge du gouvernement québécois, mais…mais c’est Nous, les Tremblay d’Amérique, qui râlons.
Suffit les péquisteries !


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7 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    3 avril 2011

    M. André Gignac croit que 1982 donne le droit au Québec de se séparer, même s’il y a encore une majorité de fédéralistes au Québec. Ça serait OUI, s’il y avait une majorité à le souhaiter mais ce n’est pas encore le cas. En attendant, faut juste demeurer dans la fédération actuelle. C’est ça la loi de la majorité en démocratie.
    M. Marcel Haché, par contre, a bien raison sur toute la ligne. Faut être fait fort pour demeure chef du PQ avec tous ces porteurs de poignards qui n’hésitent pas à s’en servir contre leurs chefs et leurs représentants souverainistes à notre Assemblée nationale à qui ils prêtent plein de mauvaises intentions sans aucune preuve.

  • Marcel Haché Répondre

    31 mars 2011

    Énigmatique, le P.Q. ? Peut-être. Mais très certainement erratique. Comment pourrait-il en être autrement ? Tous ses chefs, même René Lévesque, ont subi une contestation larvée. Mme Marois n’y échappe pas.
    Le P.Q. est un grand parti qui représente des clientèles variées, toutes fédérées par un objectif commun : la souveraineté. Il n’y a pas un tel objectif chez les libéraux. Pour ces derniers, le grand objectif, c’est le pouvoir. De ce point de vue, ils sont peut-être plus pragmatiques, mais certainement plus vulnérables au plan éthique.
    Si le P.Q. veut rester un parti centriste, alors que l’électorat se déplace légèrement à droite, le P.Q. doit déplacer son centre en conséquence, délaissant ou paraissant délaisser son aile gauche.
    Et c’est bien de la gauche que proviennent les coups les plus acerbes à l’égard du P.Q. Cela peut se remarquer souvent sur Vigile.

  • Marcel Haché Répondre

    31 mars 2011

    @ ssauvé
    Ce n’est pas Jacques Parizeau qui a abaissé la cote de popularité de Jean Charest. On pourrait peut-être reconnaître du mérite à Pauline Marois.
    On argumente souvent sur le fait que la popularité de Mme Marois ne s’envole pas, malgré une véritable descente aux enfers de celle de Jean Charest. Mais l’espérance de l’indépendance ne s’envole pas non plus. Mme Marois se révèle une redoutable politicienne—le P.Q. était en pleine déroute avant sa venue—peut-être qu’au pouvoir, elle pourrait se révéler plus redoutable encore. Une chose m’apparait crédible : les rouges croient fermement pouvoir battre le P.Q. avec Mme Marois à sa tête. Ils ont tort. Mais cela n’est sans doute pas le fond de leur analyse. Mais si le fond de leur analyse était que la déstabilisation de la chefferie péquiste était suffisante pour leur assurer une ré-élection, je partagerais bien volontiers leur analyse.
    Le pouvoir est à portée de la main, certes, mais à la condition expresse que le P.Q. lace bien ses lacets, et ne s’enfarge pas, parfaitement inutile, dans une course à la chefferie qui n’existe pas.
    Mme Marois vit dans une maison de verre. Comptez sur les libéraux pour nous révéler ce qui pourrait miner sa crédibilité. Et puis, c’est le P.L.Q., porté par le vote anti-Québec, qui est devenu le grand malade de la politique québécoise, non pas le P.Q.
    Quant au « comité », même s’il prétendait avoir de puissantes racines « citoyennes », comme vous dites--ce dont je douterais beaucoup, n’étant jamais impressionné par le qualificatif « citoyen »--je ne crois pas qu’il ajouterait la voix des citoyens mais bien plutôt celles des ouaouarons.

  • Marcel Haché Répondre

    31 mars 2011

    M. Gignac
    Lorsque les indépendantistes ont commencé, durant les années 60—ça commence à faire longtemps-- à interpeller radicalement les fédéralistes, beaucoup parmi ces derniers pouvaient regarder les indépendantistes dans le blanc des yeux. Beaucoup, parmi les fédéralistes, étaient aussi nationalistes que vous et moi.
    C’est très graduellement que les fédéralistes québécois sont devenus de moins en moins nationalistes. De dérives en dérives—je reste poli—le P.L.Q. et le P.L.C. sont devenus des acteurs mineurs et de simples relais de l’institution fédérale, sans aucun réflexe de modifier ou changer quoi que ce soit. C’en est rendu que Québec cherche à se mettre à niveau avec l’institution fédérale. Les rouges du Québec sont devenus les représentants du fédéralisme avant d’être les représentants de notre peuple. Si le P.Q. veut suivre les rouges sur le terrain du seul nationalisme civique, les rouges vont devenir imbattables. Le temps presse donc de modifier le cours apparent des choses. La prochaine élection provinciale sera déterminante et lourde de conséquences…
    Si le P.Q. est élu, la force de cet « éventuel » gouvernement péquiste, dans le jeu fédéral-provincial, ne lui viendrait pas d’une menace de référendum—les fédéralistes n’ont plus peur du tout de cette opération—sa force lui proviendrait de sa retenue et de sa fermeté, qui laisseraient planer une menace diffuse, d’une toute autre nature. Je peux me tromper, bien évidemment, mais je crois que les fédéraux craignent plus une « gouvernance souverainiste » qu’un troisième référendum. Les référendistes comme Jacques Parizeau n’envisagent rien d’autre que le référendum comme moyen de brasser la cage canadienne. Qu’on me démontre alors quels nouveaux pays sont advenus par la seule mécanique politique du référendum. Tous ont DÉCLARÉ leur souveraineté
    À terme, le P.Q. est condamné à l’indépendantisme ou a disparaître. Et le plus sûr moyen de disparaître, c’est un référendum dans un premier mandat.

  • Jocelyn Boily Répondre

    31 mars 2011


    Québec, le 31 janvier 2011
    Un parti énigmatique
    Pauline Marois ne veut plus attendre les fameuses conditions gagnantes des anciens chefs pour tenir un troisième référendum au Québec mais il n'est pas question non plus d'établir un échéancier précis.
    Le parti Québécois (PQ) a toujours été un parti de gauche énigmatique, difficilement déchiffrable et complètement désordonnée. Quand ce n’est pas les Jacques Parizeau, Bernard Landry ou les Lucien Bouchard de ce monde c’est Pauline Marois qui devient inintelligible.
    Force est de constater que l’autodestruction inconsciemment programmée du PQ par ses leaders va réussir à détruire ce que notre vrai maître René Levesque avait construit de main et de cœur. À force de changer continuellement et d’être mi-figue mi-raisin, d’avoir modifiée la cible et le but à atteindre le PQ n’a qu’à s’en prendre à lui-même pour son apocalypse.
    Le PQ a perdu, par ses prises de positions incongrues, un petit bout de son aile gauche et du même coup sa petite droite nationaliste s’est vite fait montrer la sortie. Par contre tout cela se retrouve en des Legault et d’autres opportunistes politiques Éric Duhaime et Johanne Marcotte du réseau liberté qui voguent sans valeurs ajoutées.
    Il faut que le PQ revienne dans sa pureté politique, arrête de voguer au gré du vent, reprenne ses lettres de noblesses et ses valeurs premières qui l’ont porté au pouvoir il y a quelques années.
    Il entre plus de 200 000 immigrants par année dont près de 50 000 au Québec et nos familles ne créent pas. Il va s'en dire que le travaille restera difficile si on ne s'en mèle pas.
    Jocelyn Boily

  • Stéphane Sauvé Répondre

    31 mars 2011

    Monsieur Haché,
    Si votre intention est sincère de faire du Québec un espace qui permet à tous les Québecois de devenir le meilleur de ce qu'ils sont, alors soit, vous avez mon mote.
    Mais d'ici le temps où je puisse mieux vous connaître, je ne prendrai pas de chance et vous offrirez ici ma réaction à votre texte:
    Vous écrivez: "si le P.Q. était prochainement élu au gouvernement, j'aimerais bien savoir que le chef de ce gouvernement (Mme Marois all the way !) n'est pas sous influence d'aucun obscur comité, que ce gouvernement resterait souverain et souverainiste, sans rien par-dessus ou en dessous pour le contrôler, pas plus que je trouve acceptable que le gouvernement actuel de Charest se laisse déborder par ses collecteurs de fonds. Dans un cas comme dans l'autre, la moindre atteinte à la légitimité du gouvernement est à proscrire."
    Je répond: vous avez raison d'être craintif des influences obscures d'un comité-conseil sur la Première ministre. Mais avant que l'on soit rendu là, je vous invite fortement, mais FORTEMENT, à vous assurer que Mme. Marois n'est pas influencée par un autre comité, beaucoup plus obscur celui-là.
    Assurez vous que Mme Marois n'est pas influencé par son époux Claude Blanchet (http://www.iperceptions.com/company/board-of-directors/ ), dont les liens avec Charles Sirois, et Desmarais sont suspects, c'est le moins que l'on puisse dire. Assurez-moi que ce n'est pas le cas et on discutera de ce fameux comité dont Parizeau parle.
    La députation est supposée réfléter l'opinion des Québecois or le système politique actuel permet à des Charest ou des Bouchard (rappelez vous les fusions forcées) à rester au pouvoir même si l'intérêt des Québecois est mal servi.Si ce comité a ses profondes assises dans un mouvement citoyen, il est donc de notre ressort de favoriser la création d'un tel "comité". C'est notre police d'assurance.
    Quant à Mme. Marois, je n'ai aucune mais aucune hésitation à la sacrifier sur l'autel des chefs du PQ, si nous parvenons à rallier les troupes via un nouveau chef. IL N EST PAS NORMAL QUE MME MAROIS NE SOIT QU A 3 PT D AVANCE DE CHAREST AVEC TOUT CE CACA QU IL A BRASSÉ.
    Entendons nous, si j'avais mme Marois devant moi, je m'excuserais d'avance de lui faire de la peine, tel n'est pas mon intention. Mais si je suis prêt à me sacrifier moi-même pour le bien de mes frères et soeurs québécois, elle peut en faire autant.
    Les prochaines élections sont les plus importantes de notre histoire, et je n'ai pas l'intention qu'on les perde à cause de jeux de tête et d'égo.....

  • Archives de Vigile Répondre

    31 mars 2011

    C'est pas sorcier la question de l'indépendance du Québec; on reste dans le Canada ou on en sort! Un autre référendum, c'est suicidaire! Avec toute l'immigration qui entre au Québec, c'est se tirer dans les 2 pieds. Il faut que Marois soit masochiste comme c'est pas possible pour tenir à un autre référendum. Je le sais, je me répète, mais n'oubliez pas qu'en 1982, il y a eu un bris de contrat avec le rapatriement unilatéral de la constitution par Ottawa. À partir de ce moment, le gouvernement du Québec peut déclarer unilatéralement son indépendance; pourquoi le PQ ne le ferait- il pas à la prochaine élection s'il est élu comme gouvernement au lieu de branler dans le manche comme il le fait présentement? C'est désespérant!
    Les députés du BLOC à Ottawa pourraient démissionner en bloc et venir faire l'indépendance avec le PQ. Fini toute cette confusion et toute cette énergie perdue à vouloir justifier son existence. À un moment donné, il faut que cesse ce tataouinage et qu'on se branche s'tie! De quoi avons-nous peur ici au Québec pour s'empêcher de se prendre en main et de se responsabiliser comme peuple? Le cordon ombilical avec la mère fédérale (Ottawa), il faut le couper une fois pour toute! Finie la dépendance, on se prend en main et on rejoint le concert des nations; la partie sera plus intéressante et stimulante plutôt que de rester dans ce carcan fédéral "canadian" dans lequel nous étouffons et nous nous assimilons à petit feu. INDÉPENDANCE OU ASSIMILATION!
    André Gignac pour un Québec indépendant, libre et républicain !!!