Pratt & Whitney met de côté l'anglais au Québec

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Ça paraît que la vieille mafia canadienne-anglaise n'est plus à la tête de l'entreprise

Pratt & Whitney prend un virage francophone au Québec. La compagnie d'aéronautique dont le siège social canadien est à Longueuil, vient d'annoncer à ses fournisseurs québécois qu'elle communiquera dorénavant avec eux en français seulement. Une décision loin d'être facile.
Dans une lettre adressée à ses fournisseurs « dont l'adresse de facturation est au Québec », Pratt & Whitney annonce ses nouvelles intentions linguistiques : « Par la présente, nous affirmons notre volonté de privilégier la langue française dans nos communications verbales et écrites quotidiennes avec vous ».
Le document daté du 17 juin 2015, dont Radio-Canada a obtenu copie, indique que les contrats, les bons de commande et les demandes d'approvisionnement seront modifiés. En revanche, les documents déjà en circulation ne seront pas remplacés.
Pratt & Whitney encourage même ses fournisseurs à agir dorénavant de la même façon quand ils s'adressent à l'entreprise, verbalement ou par écrit.
Pratt & Whitney est présente depuis 1928 au Québec. Sur ses 9000 employés dans le monde, 5000 travaillent dans la Belle Province. La compagnie est le principal employeur de Longueuil où elle compte son siège social, sa principale usine de fabrication et un centre de révision et de formation. Un centre aéronautique est aussi localisé à Mirabel.
« Nous sommes fiers de notre appartenance à la société québécoise dont la langue officielle est le français et nous reconnaissons que cette diversité linguistique fait notre richesse »
— Extrait de la lettre envoyée par Pratt & Whitney Canada à ses fournisseurs québécois

Le sujet délicat de la langue
Pratt & Whitney nous a confirmé avoir avisé ses fournisseurs, mais a décliné notre demande d'entrevue. Un représentant de la compagnie basée à Longueuil a justifié ce choix par la peur d'être associé à la controverse sur l'anglais au conseil municipal de la Ville. Ironiquement, le chef de l'opposition à Longueuil Robert Myles, défenseur du bilinguisme, travaille chez Pratt & Whitney.
Dans sa lettre, le fabricant de moteurs d'avions justifie sa démarche par le « programme de francisation » qu'il élabore actuellement avec l'Office québécois de la langue française (OQLF). Au Québec, les entreprises de plus de 50 employés ont l'obligation de mettre en oeuvre ce processus qui est adapté dans la forme et dans le temps à la réalité de chacune. Des représentants de l'OQLF font des visites régulières et s'assurent des efforts fournis.
Certificat de francisation
En 2014, Bombardier a été la première grande entreprise du secteur aéronautique au Québec à obtenir la certification de francisation de l'Office québécois de la langue française. Pratt & Whitney ne l'a pas encore. « C'est un processus qui est assez long, qui peut parfois durer plusieurs années », explique Jean-Pierre Leblanc, porte-parole de l'OQLF.
Exemples d'entreprises récemment certifiées : Telus, Lululemon (2015), Air Transat, Club de hockey Canadien Inc. (2013)
Parmi les toutes premières certifiées : Coca-Cola Canada, Les Rôtisseries Saint-Hubert (1979), Dollarama (1981)

Toute entreprise titulaire d'un certificat de francisation doit remettre à l'Office, tous les trois ans, un rapport sur l'évolution de l'utilisation du français. Voici des exemples de critères pour obtenir et conserver le certificat d'implantation du français :
Adopter des clauses linguistiques et une politique d'achat visant l'utilisation du français avec les fournisseurs et l'acquisition d'outils et d'équipements fonctionnant en français.
Adopter une politique linguistique d'embauche exigeant la connaissance du français.
Veiller à l'acquisition et à l'utilisation de logiciels et de manuels en français.
«Pour les communications avec l'étranger, on permet que d'autres langues soient utilisées. Toutefois, pour le Québec, on va exiger que ça se fasse en français»
— Jean-Pierre Leblanc, porte-parole de l'Office québécois de la langue française

La Charte québécoise de la langue française (« loi 101 ») adoptée en 1977 promulgue le droit de tous les Québécois de travailler en français et vise à faire du français « la langue normale et habituelle de travail ».


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