Une désunion unissante?

Chronique d'Élie Presseault

Visiblement, nous venons de vivre un tournant important dans l’avenir du Québec politique. Les récentes démissions des Curzi, Lapointe, Beaudoin et maintenant Aussant, témoignent d’une mutation profonde des aspirations démocratiques québécoises en cours. Nous pouvons témoigner de l’ascension d’Amir Khadir. Toutefois, ce serait commettre un grave préjudice que de présumer connaître l’avenir politique du Québec tel que nous le connaissons.
Dans la saga entourant le projet de loi 204 dite la saga de l’amphithéâtre de Québec, nous ne pouvons être dupes des manœuvres d’état-major en général. Les électrons libres se font insistants à la base d’un mouvement populaire qui voudrait redonner une voix aux députés. Chose certaine, les récentes démissions rééquilibrent la force d’attraction des différents partis et personnalités politiques en présence. Peut-être ne verrons-nous pas les effets de l’électrochoc à court terme, le balancier finira toutefois par rétablir la nécessité des réformes à l’interne.
Depuis le 2 mai, nous appréhendons l’hécatombe du rêve national. Encore là, ce même rêve doit prendre forme. Nous avons courageusement à repenser nos plans, d’où qu’ils viennent. Éventuellement, nous aurons à rassurer les citoyens et leur proposer quelque chose qui réponde à une pratique politique nouvelle. Que nous nous appelons Duceppe, Labeaume et/ou Legault, rien n’est encore joué. Si j’étais vous, je craindrais certaines dames de l’action politique. Parlons-nous du célèbre jeu? En tous les cas, ça n’a rien d’un jeu.
Tout comme vous, les transmutations me prennent par surprise. Étaient-elles pour autant inattendues? Je n’en serais pas si certain. La carte électorale est en train de se redessiner certaines tendances qui prennent cours. Le mystère de Québec devra éventuellement être résolu. Dans cette même tangente, nous nous devons d’évaluer correctement les forces en présence.
Est-ce enfin le temps de courtiser certains poids lourds de la joute politique? Si nous en croyons la débandade de Martin Cauchon dans Outremont, il ne faudra visiblement pas sous-estimer la force du mécontentement de la population. Vaut mieux s’alléger par les temps qui courent. Si le Québec n’est pas devenu pour autant Solidaire, toutefois il ne rechignera pas nécessairement à cette alternative comme il l’a fait par le passé.
L’erreur à ne point faire, c’est sous-estimer l’importance du chef d’une formation politique. En revanche, nous n’avons point à éluder une certaine nécessité de recourir à une chefferie magique. Le récent réalignement des astres témoigne de l’importance de toute dissidence et de la force d’une équipe de députés ministrables. Une relève de qualité demeure au PQ. Nous constatons qu’un certain esprit de corps subsiste encore. Encore là, il doit prendre forme pour former un gouvernement. Avant tout, nous devons nous assurer que le plan réponde aux aspirations démocratiques de la population, d’où qu’elle vienne.


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3 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    11 juin 2011

    ==Le 2 mais est plus une déconfiture de l'option fédéraliste majoritaire et constitue un véritable piège pour les fédéralistes pro orangistes qui ne pourront pas livrer quoi que ce soit à la Nation Québecoise
    ==Et cette désunion au sein du Parti Québecois prouve qu'il y a encore de la vie chez les indépendantistes qui bougent et font bouger lorsque les fédéralistes stagnent dans leurs vieilles habitudes coloniales royalistes
    ==Une nécessaire coalition de tous les partis et mouvements indépendantistes Québecois s'impose pour compléter avec succès notre combat de décolonisation de libération de francisation et de participation au sein du concert des nations de notre peuple francophone , démocratique , pacifiste , équitable, cultivé, mieux développé, accueillant et coopérant .
    == Avec des constituantes indépendantistes dans toutes les régions du Québec tout peut se réaliser établissant notre incontournable ouverture au monde comme pays et nation francophone .
    Vive le Québec libre
    TÉTRAÈDRE

  • Élie Presseault Répondre

    9 juin 2011

    M. St-Pierre Otis,
    Pour le moment, et c'est bien malheureux, la population est rendue à espérer une alternative à ce qui se fait depuis longtemps. D'emblée, elle n'écartera pas nécessairement une xième tentative de renouvellement du pacte confédératif originel. En même temps, elle reconnaît que les dernières cartouches s'épuisent... Elle exige donc et toujours plus d'imputabilité de la part de ses élus, un plan clair et rassembleur, loin de la langue de bois. Parler vrai, c'est ce qui finit par rallier des dissidences. Dans cette optique, Amir Khadir et Québec solidaire constituent un peu le garde-fou et les empêcheurs de tourner en rond de la démarche de la nation québécoise. Ceci dit, il est bien vrai que pour le moment, Amir Khadir est tout sauf un inconditionnel de l'indépendantisme québécois. Son organisation pourrait faire l'objet d'un certain arbitrage canadiAn.
    Je plaide pour une ouverture d'esprit qui, lasse du tournage en rond, réponde aux aspirations québécoises, prenne acte des leçons du passé et propose quelque chose pour dénouer l'impasse, la gangue dans laquelle les médias semblent nous engluer. La constituante, ok... Ça fait ti pas penser à la commission Bélanger-Campeau...? Qu'est-ce qui garantirait que le passé ne se répèterait point?

  • Archives de Vigile Répondre

    8 juin 2011

    Monsieur,
    Après le rôle de super-opportuniste et de super-ambitieux de ce M. Khadir à l'Assemblée nationale en plus de son aide et de celle de QS au NPD (élections du 2 mai), je suis vraiment très allergique à ce personnage activiste et plutôt louche.
    Vraiment, je souhaiterais que tous les québécois qui se disent souverainistes et qui ont à coeur l'indépendance du quévec, s'unissent derrière le PQ. C'est le seul grand parti (malgré ses erreurs de parcour) qui est vraiment porteur de l'indépendance de notre pays.