L’arrogance inouïe de la FTQ

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Voilà comment les syndicats s'aliènent la sympathie du public

Depuis le temps que les syndicats nous beurrent les oreilles avec leur rôle politique et social qui irait au-delà de la défense des intérêts des travailleurs, que le syndicalisme est aussi un levier pour faire avancer la société en général, un contrepouvoir face aux puissants de ce monde… eh bien, c’est raté pour la FTQ-Construction.
Hier, Me Robert Laurin, l’avocat du plus important syndicat de la construction au Québec, a déclaré devant la Commission Charbonneau:
«La FTQ-Construction n’a pas de problème à faire affaire avec des membres du crime organisé en autant qu’ils respectent les conventions collectives».
Ahurie, la juge Charbonneau lui a répondu que l’argent du crime organisé vient généralement de la drogue. Et Me Laurin de rétorquer :
«Que voulez-vous qu’on y fasse ? Qu’est-ce qu’on en sait ?»

Tout le monde sait que l’argent du crime organisé vient de la vente de barres de chocolat qui partage les profits avec des équipes de hockey peewee de la couronne nord…
Deux ans d’enquêtes sur le monde de la construction, de témoignages troublants, de révélations incendiaires, notamment au sujet de la proximité de certains dirigeants syndicaux avec des entrepreneurs accusés de malversations, et 40 millions $ d’argent public plus tard, il semble que la FTQ-Construction, dont l’ancien directeur général, Jocelyn Dupuis, a été trouvé coupable de fraude, n’a pas compris le message.
La magouille, toutes les magouilles, les Québécois en ont ras-le-pompon. Le temps est venu de laver plus blanc que blanc pour assainir la société québécoise au grand complet. Les élites doivent donner l’exemple. Mais au lieu de remettre son avocat à sa place, directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, a déclaré au Journal :

«Notre rôle à nous, c’est de protéger nos membres, ce n’est pas de faire des enquêtes».

Peut-être sur le fond, mais encore. De là à transiger avec des mafieux connus, à condition qu’ils respectent les conventions collectives…
Vingt-quatre heures après cette déclaration, je n’en suis toujours pas revenue.
La prochaine fois qu’on défendra devant moi l’importance pour les syndicats de soutenir des mouvements qui n’ont strictement rien à voir avec la cause ouvrière, comme les carrés rouges, les mouvements altermondialistes ou des cabales contre un gouvernement dûment élu, parce que leur rôle c’est aussi de faire avancer la société en général, je me ferai un plaisir de rappeler à mon interlocuteur les paroles de Me Laurin et du directeur général de la FTQ-Construction.
Autres perles
Pendant ce temps, le président de la grande FTQ, Daniel Boyer, annonce qu’il entend bloquer l’élection de Pierre Karl Péladeau à la tête du Parti Québécois. Comme si le PQ était la chose de la FTQ. La FTPQ peut-être ?
Il a fait quelque peu marche arrière depuis mais invitait ce matin Monsieur Péladeau à venir le rencontrer pour parler de ses nombreux lock-outs. Quelle arrogance !
Sans oublier l’ami Rambo Gauthier, l’agent d’affaires de la FTQ-Construction sur la Côte-Nord, qui, à coup de madriers verbaux, a confronté cette semaine le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, au sujet d’un projet minier au cœur de la ville dénoncé par le BAPE en raison d’impacts négatifs sur l’environnement – genre glissement de terrain – ET du risque économique trop élevé pour l’État québécois.
Comme le rappelle mon collègue Daniel Breton dans son blogue d’aujourd’hui,Investissement Québec est actionnaire à 62% de ce projet qui coûtera au bas mot $750 millions.
Mais Rambo, qui s’oppose aussi à la tenue d’un référendum local sur le projet, veut sa part du gâteau. Au diable l’environnement, au diable l’argent public. Au diable le progressisme, au plus fort la poche.
De grands démocrates, ces syndicalistes, de grands citoyens.


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