Éducation

L’IA s’invite dans les salles de classes

Devoirs à la maison au primaire, pour ou contre?

Tribune libre

Le système d’éducation québécois vit depuis des années une grande instabilité : pénurie de personnel qualifié en enseignement et de personnel spécialisé, lourdeur excessive de la tâche chez les enseignants causé notamment par l’augmentation croissante des élèves à besoins particuliers, violence chez le étudiants auprès du personnel et entre eux, démission prématurée d’enseignants expérimentés due à la complexité de la tâche, etc.

En revanche, dans un contexte aussi fragilisé, l’intelligence artificielle (IA) s’invite progressivement dans les salles de classes, entraînant avec elle une déstabilisation du personnel enseignant. À cet effet, les enseignants et responsables en éducation du Manitoba s’interrogent sur les façons d’intégrer ces outils de façon responsable.

Dans cette foulée, le chercheur et enseignant ontarien Myke Healy, souligne que l’usage de l’IA dans les écoles évolue, mais demeure inégal. « Il existe tout un spectre d’opinions, allant de « Je ne veux pas du tout l’utiliser. Elle devrait être interdite. Les élèves ne devraient pas y avoir accès » jusqu’à « Non, non, nous avons une responsabilité claire qui est de permettre aux élèves de comprendre ces outils, car ils les utiliseront dans le monde du travail ». Le chercheur ajoute qu’il est essentiel que « les enseignants comprennent la puissance des outils d’IA tout en précisant que « distinguer précisément le travail authentique des élèves de celui produit par l’IA revient souvent à tirer à pile ou face ». Enfin pour sa part, Chloe Heidinger, nouvelle enseignante à Winnipeg, voit dans l’IA un outil de mentorat utile pour aider les élèves à structurer leurs idées et à développer leur pensée critique, à condition d’en encadrer l’usage. « L’important, c’est de montrer aux élèves comment utiliser ces outils de façon réfléchie et responsable, pas de les interdire sans discussion », affirme-t-elle.

L’IA est là pour rester. Alors aussi bien en tirer les avantages tout en en évitant les écueils. En somme, l’école demeurera toujours un lieu d’apprentissage faisant appel à l’intelligence des élèves et de facto, l’IA se doit d’être encadrée adéquatement à défaut de quoi les activités d’apprentissage risquent d’être reléguées sans coup férir dans le tiroir aux oubliettes.

Devoirs à la maison au primaire, pour ou contre?

De plus en plus de voix s’élèvent parmi les enseignants du primaire pour abolir les devoirs à la maison. Les motifs évoqués? La fatigue du jeune après une journée soumis à de nouveaux apprentissages durant la journée de classe, l’incompréhension des jeunes eu égard aux exercices proposés et, ce qui n’est pas banal, la méconnaissance des nouvelles terminologies dans certaines matières de la part des parents, notamment en français.

Dans ces conditions, de plus en plus d’enseignants planifient quotidiennement une séance d’exercices d’une trentaine de minutes en classe au début de la journée, lesquels sont immédiatement corrigés par l’enseignant en présence des élèves qui peuvent lui poser des questions sur place le cas échéant. Parallèlement à cette stratégie pédagogique, plusieurs enseignants utilisent les leçons qui permettent de réviser des notions vues en classe tels l’orthographe de certains mots ou les tables de multiplication sans que cet exercice ne mène à un travail écrit.

Par ailleurs, certains enseignants poussent encore plus loin la collaboration des parents en leur faisant parvenir par le biais de leur enfant un plan de cours hebdomadaire des notions abordées en classe durant la semaine à venir. Enfin je verrais d’un bon œil un enseignant donner un devoir le jeudi à remettre le lundi suivant, une solution qui permettrait d’éviter la course quotidienne effrénée reliée aux devoirs et à laquelle sont soumis les jeunes...et leurs parents.

Somme toute, pour quelles raisons des enfants, ayant passé des heures en silence sur un banc d’école, devraient-ils être contraints de prolonger leur temps d’apprentissage à la maison? Et de surcroît, pourquoi demander à des enfants ce dont sont exemptés la plupart des parents?


Henri Marineau, Québec



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