La ministre Saint-Pierre dans l’embarras pour avoir traité Pierre Curzi de «fils d’immigrant »

Christine St-Pierre - la marionnette d'un gouvernement qui ne respecte pas la loi 101

Yves Chartrand - QUÉBEC – La ministre de la Culture et des Communications Christine Saint-Pierre, responsable de l’application de la loi 101, se retrouve dans l’embarras pour avoir traité son critique péquiste Pierre Curzi de « fils d’immigrant » en marge du débat sur le jugement de la Cour suprême qui a déclaré ultra-vires la loi 104 au début du mois.

L’affaire bouillonne depuis la période de questions de mercredi à l’Assemblée nationale. Pierre Curzi a interrogé une nouvelle fois la ministre Christine Saint-Pierre sur les intentions de son gouvernement pour répondre au jugement de la Cour suprême.
Ce jugement risque d’ouvrir une nouvelle brèche dans la loi 101, en permettant à des gens fortunés d’inscrire leurs enfants à une école anglophone non subventionnée du Québec, ce qui leur permettrait par la suite de pouvoir être admis au réseau public anglophone.
En plus de la ministre responsable de la loi 101, les ministres de l’Éducation et de la Justice, Mmes Michèle Courchesne et Catherine Weil, sont aussi étroitement concernées par ce dossier.
La ministre Saint-Pierre a eu une réplique énigmatique mercredi lorsque Pierre Curzi a demandé si la ministre de la Justice « qu'on n'a pas entendue du tout dire un seul mot à ce sujet, est-ce que cette ministre de la Justice serait, elle, prête à appliquer la loi 101 pour fermer la brèche ouverte par le jugement de la Cour (suprême)? ».
L’impair de Christine Saint-Pierre a été jugé assez sérieux au gouvernement pour obliger le leader parlementaire Jacques Dupuis à intervenir pour rectifier le tir.

Photo courtoisie PLQ
« Je n'ose pas croire ce que le député de Borduas (Curzi) sous-entend, lui-même un fils d'immigrant », a lancé Christine Saint-Pierre, ajoutant travailler de concert dans ce dossier avec ses collègues de l’Éducation et de la Justice.
Jeudi en chambre, Christine Saint-Pierre n’a pas voulu préciser sa pensée, malgré l’insistance de Curzi. « Qu’il aille relire le préambule et la question d’hier (mercredi). Tout le monde a compris qu’il attaquait les origines de ma collègue, la ministre de la Justice », a-t-elle répliqué.
Catherine Weil, on le sait, est une Québécoise anglophone.
Curzi désarçonné
Pierre Curzi, fils d'un père italien et d'une mère québécoise, a cru bon de se présenter devant les journalistes jeudi pour marquer son étonnement et son incompréhension face à cette sortie «paranoïaque», à son avis, de la ministre Saint-Pierre.
« J’avoue que ça m’a désarçonné, dit Curzi. Ce que je comprends, c’est qu’elle a interprété cette question comme une attaque personnelle (contre Catherine Weil). »
Le député ne comprend tout de même pas pourquoi la ministre l’a étiqueté fils d’immigrant. « Est-ce que le fait d’être fils d’immigrant m’empêche de poser une question sur l’application de la loi 101 ? »
Curzi émet une autre hypothèse à la déclaration de la ministre. « Elle aurait pu me reprocher, comme fils d’immigrant, de vouloir ne pas permettre à des fils d’immigrants d’avoir accès à l’école anglaise », dit-il notant que « cette glissade-là, elle est dangereuse de la part d’un ministre responsable de la loi 101 ».
L’impair de Christine Saint-Pierre a été jugé assez sérieux au gouvernement pour obliger le leader parlementaire Jacques Dupuis à intervenir pour rectifier le tir avant que ce dérapage ne se transforme en catastrophe politique.
« Ce que la ministre de la Culture a affirmé hier (mercredi), c’est ce que le gouvernement affirme tous les jours : de quelque origine soit-on au Québec, le fait français demeure une valeur fondamentale du Québec. »


Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé