Le péril américain...

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Il serait légitime pour le Québec de fermer lui-même le Chemin Roxham


Chez nos voisins du Sud, une proportion importante de la population ne croit tout simplement pas que le coronavirus soit une réelle menace.   


  



Le péril américain...

AFP




Quelle pandémie?   


Plus la situation s’aggrave au sud de la frontière canadienne, moins la population états-unienne croit que cette pandémie soit une «réelle menace». C’est du moins ce que la National Public Radio (NPR) révélait hier à la lumière d'un sondage qui a de quoi nous laisser pantois.   


En effet, la NPR titrait ceci: «Alors que le coronavirus se propage, moins d'Américains voient la pandémie comme une véritable menace». Il y a un mois, plus de 66% des Américains voyaient le coronavirus comme une menace importante. Cette proportion n’est plus que de 56% aujourd’hui.  


Plus inquiétant encore, alors que 72% des citoyens qui se disent «républicains» voyaient le coronavirus comme une menace réelle au début de février, ils ne sont plus que 40% aujourd’hui. En fait, 56% des répondants «républicains» croient que cette pandémie est «exagérée».   







Infectés? Nous? Nah!   


Une enquête nationale américaine réalisée au cours des derniers jours par le Centre de recherche économique et sociale de l'University of Southern California (USC) ajoute à cette aura d’inquiétude émanant du Sud.   


Cette enquête réalisée auprès de quelque 5500 citoyens américains entre le 10 et le 16 mars montre que plus du quart de la population «pense ne courir aucun risque d'être infecté par la COVID-19 au cours des trois prochains mois».   


Une enquête qui nous apprend, par exemple, qu’il y a plus d’Américains convaincus que la prière est un moyen «extrêmement efficace» de se protéger du coronavirus (33%) que de gens qui disent que c’est extrêmement inefficace (27%)...   


Cela ne surprend qu’à moitié quand on constate que, par milliers, de jeunes Américains continuent de converger vers la Floride pour le spring break à grands coups de «fuck toute», genre.   


Fermer la frontière? Enfin, oui!  


Après avoir tergiversé (trop, trop) longtemps, le gouvernement fédéral a finalement agi pour réduire au maximum les transits à la frontière canado-américaine.   


On comprend qu’un jeu d’équilibre devait être fait afin de ne pas froisser un président imprévisible et colérique, mais les discussions visant à fermer la frontière auraient dû être amorcées il y a longtemps déjà.   


Il se pourrait bien que les États-Unis soient le prochain grand épicentre de cette pandémie, ce qui place d’emblée le Canada et le Québec dans une situation très délicate, précaire.   


Les économies sont imbriquées et il est impossible de couper tous les liens, mais il est impératif de les réduire au maximum.   


  



Le péril américain...

Photo d'archives, AGENCE QMI




Oui, fermer Roxham!  


En ce sens, on se serait attendu, comme l’explique mon collègue Antoine Robitaille dans Le Journal ce matin, à ce que le gouvernement fédéral freine complètement l’entrée de migrants irréguliers au chemin Roxham. Ceux-ci arrivent de l’État de New York, «l’épicentre de la crise du coronavirus» chez nos voisins.   


Il est inconsidéré de laisser entrer par dizaines des gens qui, hier encore, n’étaient astreints à aucune mesure de confinement (toujours selon Robitaille).   


Rappelons que cette problématique est essentiellement québécoise, car plus de 97% des entrées «irrégulières» au pays ont lieu à ce point de passage qui n’a plus rien d’une exception.   


Ici, dans l’éventualité où le gouvernement fédéral s’entêterait à ne pas contraindre chaque personne qui franchit la frontière à une quarantaine obligatoire et surveillée, le Québec serait tout à fait justifié d’agir à sa place.   


Quand cette crise sera terminée, il sera temps de voir à ce que cette frontière non officielle soit démantelée, espérons-le, en faisant pression sur le gouvernement canadien afin qu’il se retire de l’Entente sur les pays tiers sûrs.




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