La chronique de Jean-Claude Pomerleau, « La menace venue du Sud, un déterminant de notre destin national» soutient que la pression américaine offre une opportunité pour faire avancer la cause de la souveraineté du Québec. Cette vision s’inscrit dans la politique nationaliste québécoise traditionnelle. Malheureusement elle n'a pas livré le résultat escompté c'est-à-dire la souveraineté du Québec.
Parmi les raisons de cet échec, il faut noter les suivantes.
1- D'abord il y a contradiction apparente entre l'utilisation du Canada pour faire contrepoids aux États-Unis vus comme un plus grand mal. Comment faire la souveraineté, si le Canada joue encore un rôle utile?
2- D'un point-de-vue de civilisation, de quelle souveraineté parle-t'on: celle du peuple ou celle des élites dont nous protégeons le fief? La Constitution américaine de 1776 que défend Trump est l'assise de la souveraineté du peuple tandis que le régime canadien garantit les privilèges d'une caste. Ces élites sont cooptées par un système de récompenses que Stéphane Kelly nomme « La petite loterie ». Consciemment ou non elles servent un pourvoir occulte aux mains de banquiers qui exploitent le Québec sans réserve depuis toujours. Et le Canada n’est pas mieux. C’est le même problème auquel Valérie Bugault s’attaque en France avec « Révoludroit ».
3- En conséquence, le peuple est exclu et démobilisé de sa propre cause et contraint de s'en remettre à ses représentants élus. Ces derniers sont davantage préoccupés de leur réélection que du sort de leurs commettants et ne sont pas vraiment tenus responsables de leurs engagements. C'est pourquoi les élus auraient pu proclamer la souveraineté du Québec et ne l'ont pas fait.
4- Sous l'influence du pouvoir occulte, nos élites ont vidé la question nationale de sa substance. Elles ont vidé le bébé avec l'eau du bain. Les valeurs chrétiennes sont évacuées au profit d'une neutralité qui laisse toute la place aux fanatismes venus d'ailleurs. La culture nationale n'est plus qu'un souvenir folklorique pour faire place à l'inclusion, la social-démocratie, et la souveraineté rentable.
5- La cause nationale devient alors un vague souhait sentimental et non une résolution ferme de libération. Le peuple endormi dans son petit confort relatif se trouve dépossédé du contrôle de sa destinée. Devant les menaces qui s’accumulent, la nation n'a jamais été autant en danger.
6- L'union avec les États-Unis obligerait les citoyens à prendre leur sort en main comme des êtres souverains, à défendre leur identité sans la fausse sécurité des institutions qui les ont pris en otages. Même sans union avec les États-Unis, un Québec souverain devrait négocier des partenariats avec son voisin du sud.
Donc, on ne peut faire la souveraineté du Québec et compter sur le Canada comme un instrument pour y arriver. La constitution américaine promeut la liberté et le bien_être du peuple tandis que le Canada n’est que la chasse-gardée du pouvoir bancaire sur ses colonies. Le peuple est désarmé et impuissant devant un pouvoir tyrannique. La cause nationale est dévoyée au profit du mondialisme. La nation endormie est confrontée à des menaces fatales. L’accession à la souveraineté par décret et assemblée constituante remettrait le pouvoir au peuple et l’obligerait à défendre ses intérêts face à son voisin du sud plutôt qu’à se bercer d’illusions.
Non la Guerre de Sept Ans ne se poursuit pas parce que le peuple est démobilisé et désarmé. Mais la colère et le désespoir pourraient provoquer un sursaut de résistance.













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