Sondage en ligne

Marois n'est pas au bout de ses peines

Mais dans l'ensemble de la population, deux personnes sur trois croient toujours qu'elle devrait démissionner.

Voilà la pouliche d'exception ou de béton... de l'écurie Desmarais!


(Québec) Après une semaine éprouvante pour leur chef, les sympathisants péquistes serrent les rangs derrière Pauline Marois: ils sont désormais plus nombreux à l'appuyer. Mais dans l'ensemble de la population, deux personnes sur trois croient toujours qu'elle devrait démissionner.
Tel est le constat de la maison CROP, dans une enquête menée du 19 au 23 janvier auprès de 1000 internautes. Si le sondage avait été fait par téléphone, un tel échantillon comporterait une marge d'erreur d'environ trois points de pourcentage.
En dépit de la partie de bras de fer qui l'a opposée à Gilles Duceppe dans les derniers jours, CROP observe que 68% des électeurs péquistes souhaitent que Mme Marois reste en selle. C'est six points de plus qu'en septembre 2011.
Seulement 32% des péquistes veulent toujours son départ, comparativement à 38% il y a cinq mois. En revanche, dans l'ensemble des répondants, 65% des gens pensent qu'elle devrait jeter l'éponge. Avec un maigre appui de 11%, Mme Marois se classe bonne dernière au palmarès des «meilleurs premiers ministres». François Legault est toujours premier, bien qu'il recule de cinq points à 23%. Jean Charest piétine à 19%.
Au chapitre des intentions de vote, la Coalition avenir Québec de François Legault encaisse un recul important, passant de 39% en décembre à 31%. Youri Rivest, spécialiste de CROP, souligne que la CAQ retrouve ici son score de novembre, au moment de sa fondation. Ce recul peut être, selon lui, lié aux déclarations du transfuge François Rebello, qui avait soutenu que la CAQ serait bénéfique à la cause de la souveraineté du Québec. «C'est un débat dont les gens ne veulent plus entendre parler.»
Le Parti québécois monte de trois points, de 18 à 21%. «La glissade semble stoppée; il reste à voir si ce sera une tendance à la hausse.» Les libéraux «piétinent» à 29%, un point de mieux qu'il y a un mois. Québec solidaire semble sur une pente ascendante: en trois mois, il est passé de 6 à 9%, puis à 11%. «Dans l'ensemble, beaucoup de gens sont dans l'attente, on ne voit pas de tendance claire se dessiner», explique M. Rivest.
Chez les francophones, la CAQ est toujours très nettement en avance, avec 34% d'appuis. Le PQ récolte 24% d'appuis, le PLQ, 21%, et Québec solidaire, 13%. Cette avance est la différence essentielle entre le sondage CROP et la dernière enquête de Léger Marketing, qui voit la CAQ et le PQ comme étant bien plus proches dans le coeur des francophones. «Dix points d'avance, c'est important, mais on ne parle plus de balayage. La CAQ aurait probablement une cinquantaine de circonscriptions; difficile de prédire si ce serait un gouvernement majoritaire.» En 2007, avec quatre points d'avance chez les francophones, Mario Dumont avait amené 41 députés à l'Assemblée nationale.
Surtout, rien dans les résultats de CROP n'est susceptible d'encourager Jean Charest à déclencher des élections générales. L'insatisfaction à l'égard du gouvernement reste très importante, à 70%. C'est tout de même quatre points de moins que le sommet de 74% constaté en décembre. On revient donc aux taux de l'automne dernier - encore là pas de tendance claire, observe M. Rivest.
Au cours de ce sondage, CROP a posé une question devenue inutile à cause de la décision de Gilles Duceppe de tirer définitivement un trait sur la politique. Interrogés sur les successeurs potentiels à Mme Marois, 40% des gens ont opté pour l'ancien chef du Bloc québécois, et 10%, respectivement, pour Bernard Drainville et Pierre Curzi. Chez les péquistes, M. Duceppe atteignait 62% d'appuis, Drainville, 10%, et Curzi, 7%.


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