Conseil de la fédération: Marois déçue de l'absence de Harper

Le Conseil « affaiblit le rapport de force du Québec » - {{ {Pauline Marois} }}


(Québec) Pauline Marois trouve «étonnant et décevant» que son homologue fédéral Stephen Harper refuse de participer à la rencontre du Conseil de la fédération qui s'ouvre aujourd'hui à Halifax sur le thème de l'économie.
La première ministre du Québec y sera, même si elle réclamait l'abolition du Conseil de la fédération quand elle était dans l'opposition.
Le ton des échanges avec les premiers ministres des autres provinces et territoires sera-t-il différent par rapport à l'époque de Jean Charest? «La différence fondamentale, c'est que je vais rappeler à mes collègues que nous sommes un gouvernement souverainiste qui va défendre les intérêts du Québec bec et ongles, que nous allons tracer notre chemin en ce sens-là, ce qui ne m'empêchera pas de continuer d'avoir de très bonnes relations avec les premiers ministres des autres provinces», a-t-elle répondu. Mme Marois a cependant ajouté qu'elle ne peut «aller aussi loin» qu'elle le voudrait car son gouvernement est minoritaire.
Stephen Harper ne se rendra pas à Halifax. «C'est étonnant et décevant», a réagi Pauline Marois. Elle juge que sa décision est paradoxale puisqu'il avait déclaré que l'économie est sa priorité lors de son passage à Québec pour annoncer la reconstruction du Manège militaire, la semaine dernière. «Il me semble qu'il aurait dû accepter l'invitation des provinces. Cette conférence qui porte sur l'économie aurait pu bénéficier de la présence de M. Harper», a-t-elle dit.
À Halifax, Mme Marois aura un entretien avec son homologue albertaine Alison Redford au sujet du projet d'Enbridge qui aurait pour effet d'écouler au Québec du pétrole issu des sables bitumineux. Cette société albertaine veut inverser le flux d'un pipeline entre l'Ontario et Montréal.
Pauline Marois entend discuter des «tenants et aboutissants» de ce projet. Elle veut «poser un certain nombre de questions», notamment parce que le projet «peut avoir des impacts sur l'environnement».
La première ministre a refusé de dire si elle est favorable à ce que du pétrole des sables bitumineux soit écoulé au Québec. «Je vous reviendrai sur cette question lorsque la proposition sera plus concrète», a-t-elle dit.
Alors que son ministre de l'Environnement, Daniel Breton, est réfractaire au projet, la titulaire des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a déjà déclaré que la diversification des sources d'approvisionnement en pétrole est intéressante et que les coûts sont plus bas dans l'Ouest.
La position officielle du gouvernement est de prendre le temps d'analyser les impacts du projet avant de se prononcer. Le gouvernement a annoncé la semaine dernière qu'il entend soumettre ce projet à une «consultation québécoise». Il n'a donné aucun détail.
C'est la première fois que Pauline Marois participera à une réunion du Conseil de la fédération, créée à l'initiative de Jean Charest en 2003. En janvier 2009, elle réclamait formellement l'abolition de cet organisme - une «bébelle», disait même son député Alexandre Cloutier, aujourd'hui ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes. Elle affirmait que le Conseil «affaiblit le rapport de force du Québec».
Lors de la dernière campagne électorale, elle a fait volte-face et justifié son intention de siéger au Conseil de la fédération. «Je vais être présente au Conseil de la fédération pour me différencier de ceux qui y siègent et leur dire pourquoi nous sommes différents et pourquoi nous voulons tous les pouvoirs pour le Québec. C'est un forum qui existe, et jamais on ne m'affligera de ne pas être dans les forums où je peux faire valoir le point de vue des Québécois au risque parfois d'être en désaccord avec mes collègues, ce qui sera sûrement le cas», disait-elle.


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