Grand ménage à la Caisse de dépôt

L'affaire de la CDP - les réformes

Michel Munger et Francis Vailles - (Montréal) Michael Sabia a mis moins de deux mois pour lancer une restructuration de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui remercie 55 employés et remanie sa direction.
L'investisseur institutionnel annonce par voie de communiqué qu'il simplifie sa structure avec des changements qui feront l'objet d'une conférence téléphonique avec M. Sabia à 13h.
En premier lieu, la Caisse dit que la gestion de risque devient la priorité numéro un et que 24 postes y seront créés. La baisse d'activité dans les fonds de couverture pousse le «bas de laine des Québécois» à regrouper ses investissements les plus liquides sous deux vice-présidences. Ce sont celles des Marchés boursiers ainsi que Revenu fixe et devises.
La première vice-présidence Déposants et risques est scindée en deux. Dans ce contexte, Bernard Morency, auparavant conseiller à la première vice-présidence Déposants et risques, devient premier vice-président Gestion des comptes des déposants et initiatives stratégiques.
Susan Kudzman devient chef de la direction des risques. Des postes d'experts-métiers seniors sont créés. Ces experts seront intégrés directement aux équipes de placement.
Ces changements s'inscrivent dans l'accélération de la mise en oeuvre d'un plan de développement adopté l'an dernier en ce qui concerne la gestion de risque. Le plan devait prendre trois ans mais le délai est raccourci à 18 mois.
Le remaniement ne s'arrête pas là, au contraire.
Le poste de premier vice-président Fonds de couverture est aboli. Celui qui occupait ce siège, Michel Malo, quitte la Caisse selon des sources consultées par La Presse Affaires. L'équipe de gestion de placements liés aux fonds de couverture sera intégrée au secteur des Placements privés.
De plus, Jean-Luc Gravel, auparavant vice-président principal pour les Actions canadiennes, devient premier vice-président aux Marchés boursiers. Il remplace François Grenier, qui doit aussi quitter la Caisse.
Le poste de «stratégiste» en chef, occupé par Christian Pestre, disparaît. Philippe Ithurbide demeure premier vice-président Revenu fixe et devises.
Michael Sabia déclare que l'heure du changement a sonné.
«La Caisse doit s'adapter à la réalité actuelle des marchés financiers, très différente de celle qui a prévalu ces dernières années, et qui se traduit notamment par une baisse du niveau d'activité dans certains secteurs, des marchés plus volatils et une gestion du risque plus exigeante», dit le PDG entré en poste en mars.
Michael Sabia jure que les déboires qui ont mené vers des pertes de presque 40 milliards en 2008 ont permis à la Caisse de beaucoup apprendre. «Le plan s'appuie sur les progrès accomplis en matière de gestion du risque au cours des dernières années, intègre les leçons apprises de la crise du PCAA et de la crise financière et est tourné vers le futur», indique le nouveau patron.
Outre l'augmentation des effectifs en gestion de risque, le plan repose sur quatre éléments clés, ajoute le PDG. Ce sont le développement de nouvelles pratiques pour réagir à l'imprévisible, une meilleure approbation des nouvelles activités, des mesures et méthodologies de risque plus raffinées et le renforcement de la culture de la gestion du risque.
Un chef de la direction financière
La Caisse nomme Ghislain Parent au poste de chef de la direction financière. Il était vice-président Finances et opérations avant ce changement.
Normand Provost, qui dirige la division Placements privés, se voit aussi confier la tâche de chef des opérations afin d'optimiser le fonctionnement de la Caisse. Il sera appuyé par Jacques Lavallée, ce vérificateur interne qui devient vice-président principal Opérations et technologies.
Enfin Fernand Perreault accepte de demeurer conseiller stratégique pour Michael Sabia.
Bref, c'est une nouvelle ère qui commence pour la Caisse, qui employait 813 personnes à la fin de 2008.


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