Jouer à Robin des Bois

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Le vernis progressiste du PLC craque de partout

Le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, a une occasion en or de jouer au justicier, tel un Robin des Bois des temps modernes, en taxant les géants du net américain pour mettre un terme à l’iniquité fiscale qui désavantage les producteurs et commerçants canadiens. Par la même occasion, il pourrait utiliser ces nouveaux revenus pour venir en aide à nos médias nationaux et contribuer du coup à la santé de notre démocratie.


Jusqu’à présent, les libéraux de Justin Trudeau n’ont pas lésiné dans les dépenses d’État pour remplir leurs promesses électorales et chauffer l’économie canadienne pour qu’elle soit plus favorable à la classe moyenne. Toutefois, cela ne les aura pas empêchés de poursuivre leurs largesses à l’égard des grandes institutions financières et des entreprises multinationales en accroissant le nombre de paradis fiscaux et en voulant réduire la protection des consommateurs.


C’est un gouvernement qui porte de beaux discours en se drapant de vertus, mais ses actions ne sont pas toujours cohérentes avec sa parole. Les ministres et leurs collaborateurs sont excellents dans la communication pour  faire rêver les Canadiens d’un meilleur avenir pour tous, nonobstant la catastrophe du périple indien du premier ministre. Toutefois, la réalité risque de les rattraper à 18 mois des élections avec les pressions que feront les partis d’opposition et les entreprises pour contrôler les dépenses, contenir le déficit, retourner à l’équilibre et réformer la fiscalité afin d’être plus concurrentiel avec les États-Unis.


Plusieurs anticipent un budget gris qui ne devrait pas soulever de vagues et qui sera émaillé d’intentions vertueuses. L’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que l’investissement dans la recherche fondamentale, devraient être les points d’orgue de ce budget. Le gouvernement semble vouloir se garder des réserves pour ses éventuels bonbons électoraux, mais son inaction pourrait lui être très dommageable en laissant la gronde s’installer de façon pérenne. Autant la population que la grande entreprise gagnerait à ce que le gouvernement taxe le numérique et qu’il mène un véritable assaut contre les paradis fiscaux pour se donner une marge de manœuvre financière.


Devant l’incertitude des négociations sur l’Aléna et en considérant les futurs impacts de la réforme fiscale américaine, le ministre des Finances doit agir maintenant s’il veut un avenir plus prometteur pour les Canadiens. Les revenus supplémentaires lui permettraient de rendre la fiscalité canadienne plus concurrentielle tout en faisant pression sur les entreprises afin qu’elles modernisent leurs moyens de production et contribuent ainsi à rehausser le niveau de productivité à l’échelle du Canada. C’est d’ailleurs encore plus nécessaire pour le Québec.


En étant imprévoyants, le ministre des finances et le gouvernement mettent la table à une prochaine crise économique.