Pandémie

L’âgisme systémique

La loi 99 devant les tribunaux

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Tribune libre

 


Un billet écrit conjointement par le Dr. Réjean Hébert, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, et Yves Couturier, professeur à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Sherbrooke, paru dans Le Soleil sous le titre «Les vieux allaient mourir de toute façon», un âgisme systémique révélé par la pandémie, m’a profondément touché.

En tant que septuagénaire relativement en santé, j’attribuerais cette empathie naturelle envers les aînés en raison de la cruelle réalité que 90 % des décès liés à la pandémie étaient âgés de 70 ans et plus, mais plus encore qu’une telle hécatombe n’ait suscité aucune sympathie de la population ni celle de nos dirigeants, ni même des médias sociaux. Dans cette triste réalité, qui s’émeut devant la mort de résidents âgés privés de soins et de compassion dans les derniers moments de leur vie sur terre?

Pourtant, certaines décisions prises pendant la pandémie étaient carrément teintées d’âgisme. Pourquoi interdire, par exemple, aux personnes proches aidantes de visiter les résidents des CHSLD? Comment justifier la séquestration indue des aînés en résidences pour aînés? Comment expliquer l’interdiction absolue de sorties des aînés? «À quoi bon se préoccuper des vieux, ils ont fait leur temps». La vie d’une personne aînée dans notre société utilitariste vaut-elle moins que celle d’un jeune ou d’un travailleur ? Poser la question, c’est y répondre…

Le Québec compte maintenant plus de 20% de personnes de plus de 65 ans et, dans une décennie, nous dépasserons les 25%. Quand enfin reconnaîtrons-nous la contribution inestimable des aînés à la société dite civilisée dans laquelle nous vivons, et les traiterons-nous avec toute la dignité accordée à un être humain à part entière?

La loi 99 devant les tribunaux

À titre de rappel, la loi 99, Loi sur l’exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l’État du Québec, a été adoptée en décembre 2000 sous le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard en réaction à l'adoption par Ottawa de la Loi sur la clarté référendaire en juin de la même année.

Rappelons aussi que la Loi sur la clarté référendaire des libéraux de Jean Chrétien stipule que le gouvernement canadien doit s’assurer de la clarté de la question posée lors d’un référendum sur la souveraineté de même que de l’expression d’une « majorité claire » un concept flou qui n’a encore jamais été quantifié.

Quant à la loi 99, elle accorde aux Québécois le droit de décider seuls s'ils veulent se séparer du Canada pour autant qu’une majorité simple, soit 50 % des voix + 1 vote, en faveur de l’indépendance du Québec soit obtenue lors d’un référendum sur la question.

Aujourd’hui, l'ancien chef du Parti égalité Keith Henderson conteste la légitimité de la loi 99 devant la Cour d’appel, alléguant que cette loi met la table à une éventuelle déclaration unilatérale d’indépendance, en violation de la procédure de modification constitutionnelle.

À mon avis, la loi 99 est là pour rester. L’accession d’un État à son statut d’indépendance est un droit inaliénable contre lequel aucune tierce partie ne peut s’objecter devant les tribunaux.


Henri Marineau, Québec


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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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