Réponse à l’interpellation de l’Engagé

La pensée magique n’est pas nécessairement où vous la voyez

L’histoire avance à grands pas, que nous soyons prêts ou non

Chronique de Richard Le Hir


Vous avez pris la peine de me répondre longuement pour expliquer les raisons de vos réserves sur mon texte intitulé « Le Canada choisit le pire moment pour s’asseoir sur cette branche ». Je m’en voudrais donc de ne pas témoigner de la même considération à votre endroit, et ma réponse sera également circonstanciée.
Je commencerai donc par un commentaire sur votre titre « L’indépendance a de la valeur en elle-même » qui, dans le contexte de votre réponse, donne à suggérer que je ne serais pas de cet avis. Je vous avoue être surpris que vous ayez pu tirer une telle conclusion de la lecture de mes textes alors qu’ils disent précisément le contraire. Vous n’avez qu’à les consulter, ils sont tous sur Vigile.
Ce que je constate, c’est que certains d’entre eux (une dizaine selon votre propre estimation, sur un total de près de 250 en 18 mois) évoquent un scénario qui ne vous plaît manifestement pas, car ils soulèvent la possibilité que le Québec puisse devenir indépendant par défaut. En bon indépendantiste que vous êtes, et je ne vous ferai certainement pas grief de vos convictions, vous souhaiteriez que le Québec accède à son indépendance par une décision instruite et éclairée de sa population.
Sachez bien que ce serait également ma préférence, mais qu’il arrive parfois que l’histoire prenne ses protagonistes de court. À la lecture de votre texte, me sont revenus en mémoire ces vers de Lamartine qui, s’il était un grand poète était aussi un doux rêveur : « Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... ». Hélas, l’histoire n’est pas un beau lac tranquille, et elle est remplie de ces grands bouleversements qui vous tombent dessus sans qu’on y soit préparé. D’où ma question, êtes vous bien sûr que la pensée magique se trouve du côté où vous le croyez ?
Venons-en maintenant à un élément important de votre argumentation. Vous affirmez ceci :
« De mon côté, je vois que le Canada réussit très bien à se forger une identité en se passant du Québec et en faisant un deuil admirable de l’univers de Trudeau. 
Je vois donc que le Canada est capable d’agir culturellement pour soutenir l’intégration économique de ses politiques et qu’il est en train de bâtir une synergie entre le sa politique intérieure et sa politique extérieure. »


Et à l’examen de la réalité, je ne vois pas d’où vous vient une si belle assurance. Comme beaucoup de Québécois, vous avez une vision monolithique du Canada. Or la vérité est beaucoup plus complexe. Pour y avoir effectué des séjours prolongés pour mon travail à une certaine période de ma vie, y avoir occupé des postes de responsabilité dans des grandes entreprises, et avoir été en contact quotidien avec les plus hauts dirigeants, autant dans les milieux d’affaires que les milieux politiques pendant près de 30 ans, je suis obligé de vous dire que vous êtes dans l’erreur.
Le Canada dont vous parlez n’existe pas. Il est beaucoup trop disparate, d’Est en Ouest. À titre de dernière province à se joindre à la Confédération en 1948 au grand soulagement du Royaume-Uni qui ne pouvait plus porter ce fardeau, Terre-Neuve a bénéficié continuellement de la péréquation jusqu’à ces toutes dernières années. Malgré tout, son attachement au Canada n’est pas plus fort qu’il faut si l’on en juge par cet épisode récent où son premier ministre fit mettre en berne tous les drapeaux canadiens de la province au grand plaisir de la population parce qu’Ottawa ne voulait pas lui consentir un allègement au régime de redevances sur les richesses naturelles.
Guère davantage attaché à la couronne britannique pour l’abandon dont elle fut l’objet, Terre-Neuve est aujourd’hui axée sur les États-Unis, pétrole oblige.
Les Provinces maritimes sont fractionnées dans leur dépendance aux largesses d’Ottawa, et en conçoivent une reconnaissance officielle mais un ressentiment souterrain qu’elles cristallisent dans leur détestation de l’hégémonie arrogante du « Upper Canada », le nom de l’Ontario sous l’acte d’Union, le prédécesseur de 1840 à 1867 de la Confédération telle que nous la connaissons.
Ajoutez à cela des poches de Loyalistes en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, des Acadiens et des Brayons sur la côte Est et au Nord du Nouveau-Brunswick, et les insulaires de l’Île-du-Prince-Édouard dont il ne faut parler que parce qu’elle constitue une province alors que sa population (110 000 h) est inférieure à celle des plus grandes villes du Québec. Tout ce coquetel hétéroclite est réuni par la même géographie et la colle de la péréquation et des transferts sociaux.
Vient ensuite le Québec dont vous connaissez bien la composante francophone, mais mal la composante anglophone, elle aussi fractionnée entre « de souche » et immigrants, ce qui complique les allégeances.
L’Ontario reproduit à une plus grande échelle le modèle des Québécois anglophones, réunis par la langue mais divisés par leurs origines. C’est la province qui incarne le mieux le Canada de Trudeau, ce qui explique la difficulté que les Conservateurs ont eue à s’y implanter, car le courant qu’ils représentent est assez éloigné de l’ancien Parti Progressiste-Conservateur, même s’il s’est formé des pitoyables restes de celui-ci après l’épisode Mulroney et de leur réunion avec le Reform Party. Notons que l’Ontario est la province du Canada qui a le plus bénéficié de l’apport de l’immigration, et l’attachement des nouveaux arrivés joue en faveur de leur pays d’accueil et non en faveur de la monarchie, une institution qu’ils considèrent au mieux ridiculement désuète.
Dans l’Ouest, le sentiment monarchiste varie d’une province à l’autre, et c’est sans doute en Alberta qu’il est le plus faible, même si c’est l’intelligentsia de cette province qui tente de ranimer la flamme dans son effort de « nation-building » pour se détacher de l’héritage de Trudeau dont les politiques ont généré d’énormes ressentiments qui perdurent toujours. Sa politique nationale de l’énergie du début des années 1980 demeure gravée dans la mémoire collective comme un exemple des abus du pouvoir central au détriment des provinces.
C’est sans doute en Colombie-Britannique que l’attachement est le plus fort, car il rejoint autant la population de souche que le fort contingent d’immigration chinoise originaire de Hong-Kong qui a fui l’Asie dans les années qui ont précédé la fin du bail britannique et la rétrocession de Hong-Kong à la Chine. La puissance tutélaire était perçue comme bienveillante, et l'attachement à la monarchie est sincère et durable.
Et ce bref tableau demeure incomplet, même s’il devrait largement suffire à vous démontrer que, s’agissant du reste du Canada, le ROC comme on l’appelle, la réalité est beaucoup plus complexe qu’elle n’y paraît, et que ses efforts de « nation building » ne sont pas automatiquement promis au brillant succès sur lequel vous fondez votre raisonnement. Je vous invite à cet effet à consulter les rapports de presse au Canada anglais depuis l’annonce de la décision du gouvernement Harper au cas où vous en douteriez encore.
Si vous croyez que le Québec à des problèmes, n’allez surtout pas croire que le Canada en a moins, sa réalité est infiniment plus complexe que celle du Québec.
La connaissance de l’adversaire contribue elle aussi à une pensée forte, et en fait, une pensée stratégique ne peut pas être véritablement forte sans connaissance approfondie des réalités de l’adversaire.
Que le Québec soit ou non capable d’organiser son destin, celui du Canada ne s’en trouve pas plus rose pour autant, et les perspectives d’avenir du Canada dans le monde qui s’annonce sont loin de l’être. En perdant l’atout que représentait la puissance manufacturière de l’Ontario dans la mondialisation et la crise financière de 2008, le fardeau de soutenir la capacité d’intervention du pouvoir fédéral dans l’économie pour soutenir l’unité canadienne s’est déplacée vers l’Ouest et notamment l’Alberta dont la seule ressource importante est le pétrole. Or c’est une ressource non renouvelable qui s’épuise rapidement, et qui, s’agissant des sables bitumineux, coûte très cher à exploiter en plus de présenter d’énormes inconvénients sur le plan environnemental.
C’est un fait majeur qu’on ne peut occulter sous le prétexte que les Québécois n’ont pas été insuffisamment instruits des trois niveaux de lutte de Maurice Séguin et ne sont pas encore prêts à opter pour l’indépendance.
Je vous l’ai dit dans un message précédent, Cap sur l’indépendance est en train d’élaborer son programme de communication, j’y participe, et il s’inspire de la démarche de Maurice Séguin, mais l’histoire est en marche, et ces jours-ci, elle avance à grands pas, sans même nous crier gare, comme le font les gamins excités qui jouent à la cachette dans une cour d’école, « Prêts, pas prêts, j’y va ».


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6 commentaires

  • L'engagé Répondre

    24 août 2011

    Je tiens à m'excuser auprès de Monsieur Le Hir et des lecteurs d'employer le terme «d'ethnocentrisme culturel» qui est vraiment mal choisi et qui non seulement traduit mal ma pensée, mais surtout montre mon ignorance pour ses compétences linguistiques et pour son expérience du Canada anglais.
    Je ferai preuve d'un peu plus de rigueur à l'avenir...

  • @ Richard Le Hir Répondre

    24 août 2011

    Réponse à l'Engagé
    Je vous remercie de vous préoccuper que nos échanges ne virent pas à la polémique, ce serait malheureux.

    Quant à penser que je puisse faire preuve d'ethnocentrisme culturel, je suis désolé de vous dire que vous n'y êtes pas du tout. Vous ne pourriez pas trouver plus bilingue et biculturel que moi. Si je suis parvenu à ne pas succomber à l'assimilation , c'est que mon enracinement dans ma culture maternelle est très profond, mais il est tout aussi profond dans la culture nord-américaine, ce qui m'a permis d'évoluer complètement "sous le radar" dans les entreprises anglo-canadiennes et américaines à des niveaux élevés de responsabilité aussi longtemps. J'écris et je parle l'anglais aussi bien que le français, et peut-être que je l'écris même mieux. Je l'ai même enseigné (l'espagnol aussi d'ailleurs)pour payer mes études universitaires. Ne perdez jamais de vue que ma première formation est en linguistique et philologie.

    Mon métier m'a enseigné le détachement analytique et l'objectivité, et je n'aurais jamais été capable d'être un analyste politique prisé dans les milieux d'affaires au Canada anglais si je n'avais pas possédé ces qualités.

    Je ne sais pas où vous êtes allé cherché l'idée que le Québec aurait selon moi une unité culturelle, politique, géographique et économique. J'ai toujours prétendu le contraire, notamment dans mon livre sur le défi de la légitimité où j'ai écrit que les Québécois commettaient l'erreur de ne retenir de l'histoire que les pages qui leur plaisaient, et j'avais écrit qu'on ne pouvait pas recueillir l'histoire sous bénéfice d'inventaire comme c'est le cas pour un héritage, et qu'il fallait en accepter et en assumer tous les chapitres et toutes les pages, y compris le régime anglais.

    Vous avez la mauvaise habitude de tirer des conclusions précipitées ou qui répondent à vos préconceptions. Un peu plus de rigueur ne vous nuirait pas, cela dit en toute amitié et sans la moindre malice.
    Je vous fais parvenir séparément une analyse toute récente sur les intérêts géopolitiques des États-Unis. Vous y verrez que ceux-ci n'ont jamais eu un grand intérêt pour le Canada et qu'ils n'en voudraient jamais comme 51e état. Ils ont déjà trop de géographie pour ce qu'ils ont de population, et c'est une charge sur le plan économique.

    Salutations cordiales

    Richard Le Hir

  • Archives de Vigile Répondre

    24 août 2011

    Incidemment M. l’Engagé, parlant de pédagogie, je crains que vous ayez fort à faire concernant GV. Car si nous suivons sa logique, nous n’avons plus qu’à fermer boutique. Je veux bien prendre en compte la nouvelle position de la France mais de là à conclure que celle-ci réduit notre puissance géostratégique… Nous ne sommes quand même pas un régime de banane. Il doit être très clair pour tous que le jeu se fera entre nous et le Canada. Les autres pays ne pourront que prendre acte du résultat de nos négociations. Le rapport de force se situe là et j’en appel à M. Sauvé pour accréditer ou rejeter cette vision des choses. Arrêtons ses expressions paranoïaques, je vous prie et soyons lucide, grand Dieu.

  • L'engagé Répondre

    24 août 2011

    Merci pour votre réponse, mais je tiens à vous faire savoir que le titre de la réplique n'est pas de moi, le texte que j'ai écrit n'était que dans la réponse à votre texte et non un texte autonome.
    L'éditeur de Vigile a jugé opportun de l'éditer de manière à populariser le point de vue de «l'indépendance ayant de la valeur en elle-même», et ce, pour instruire les lecteurs, «à nos dépens» ( ce que j'encourage, toute démarche servant l'indépendance étant la bienvenue ), sur les vertus de l'indépendance. Voilà pourquoi le texte est un texte autonome et qu'apparait le titre, lequel est le premier objet de votre réponse.
    Votre texte mérite que je le relise et que je le médite. Peut-être qu'il ne sera pas nécessaire de vous répondre puisque nous partageons des objectifs communs.
    Sachez que j'admire votre dévouement et votre rigueur intellectuelle. Que cela soit claire.
    Quant à votre thèse, je dirais que vous connaissez très bien l'économie et la géopolitique du Canada, mais je pense que votre réponse contient aussi une part d'ethnocentrisme culturel (ne soyez pas fâché, je m'explique), vous analysez le Canada avec des yeux de Québécois. Vous voyez et nous expliquez son incohérence, mais à travers la perspective unique d'un presque pays (le Québec), qui lui, aurait une unité culturelle, géographique, politique et économique bien plus forte que le Canada.
    Les États-Unis ont fait une guerre civile entre le Nord et le Sud pour des raisons similaires à la grande disparité du Canada. En un sens, nous nous étonnons que cela fonctionne, mais au fond, le Canada n'a pas intérêt à se débarrasser des maritimes, quel pays se coupe d'un accès à la mer?
    On n'a qu'à envoyer de la péréquation, et les gens de l'Est consommeront des voitures produites en Ontario. C'est pas si à perte que ça...
    Quand au reste du Canada, géographiquement parlant, c'est l'équivalent de l'Amérique du Sud pour les État-Unis : eau/ ressources minérales/ pétrole + un marché, sans la nécessité d'entretenir des dictatures.
    Le Canada, c'est le 51ème état américain, sauf que le fédéral n'a pas à y investir un sous! Mieux, cet état accroit la puissance des Américains en votant comme eux partout... wow. Le Canada, c'est vraiment le pactole. Mieux, il nourrit littéralement le complexe militaro industriel et jouera même le rôle de chien de garde en Arctique, épargnant une fortune au Trésor américain endetté.
    Et les tensions au Canada se résolvent maintenant par un déplacement du pouvoir d'Est en Ouest, comme c'est un pays artificiel, il a l'habitude de gérer ses contradictions et c'est justement l'unité nationale qui prime sur tout.
    Par exemple, la perte de souveraineté énergétique, les risques environnementaux et les couts sociaux du nouveau pouvoir de l'Ouest sont le prix à payer pour le maintien de l'Union. Et pour consolider ce pouvoir, il faut des changements culturels, ce que le Canada fait.
    Lors du retour du balancier, le Canada déplacera le pouvoir (quitte à déplacer à l'interne, entre la classe moyenne et l'oligarchie) et accompagnera cela d'une nouvelle politique culturelle.
    S'il y a vraiment une crise, ils vont régler ça entre CanadiAns d'abord. Évidemment, ça nous aliène complètement le Canada et on est en pays étranger. Je dis simplement que ça ne suffit pas.
    On doit profiter de la conjoncture, mais si le peuple n'est pas prêt, il va passer sa chance. Contrairement aux pays de l'ex-URSS qui avaient une identité très forte et qui ont profité de la conjoncture dès qu'elle s'est présentée.
    Je dis donc que le niveau de conscience politique de nos contemporain est tel que l'on ne saura pas profiter des crises à venir si on ne fait pas d'abord un travail pédagogique. Je crains que certaines formules fassent oublier ce travail titanesque, mais je ne devrais oublier «la lettre» et me concentrer sur «l'esprit» de vos textes, voilà la leçon.
    Ce n'est qu'une courte réponse, je vous promets de vous relire très attentivement. En tout cas, le titre et l'édition de la réplique en tribune libre ne sont pas de ma volonté.

  • Archives de Vigile Répondre

    24 août 2011

    Messieurs Le Hir et L'Engagé,
    Épargnez-vous les accusations mutuelles de recours à la pensée magique. La réalité n'est pas sans complexité et personne n'a absolument raison. Je pense que nous poursuivons le même but et je sens partout l'envie de ne rien négliger dans l'évaluation de la dynamique actuelle. Je voudrais intervenir pour attirer l'attention de M. Le Hir et des lecteurs sur un élément de la réalité qui est trop facilement passé sous silence. Je pense que depuis le référendum de 1995 le monde a changé et que les forces convergentes du mondialisme ont pris nettement le pas sur les puissances nationales. Ceci à tel point que l'OTAN ne permettrait pas, à mon avis, ni l'implosion du Canada ni non plus l'indépendance du Québec, à moins qu'il ne s'agisse d'une mascarade téléguidée dont je ne peux à ce moment en voir l'intérêt.
    Il m'apparaît maintenant évident, et c'est un phénomène de notre époque, que les "dictatures", les "gouvernances" et les "États" sont triés sur le volet et sélectionnés pour y effectuer un changement de régime, une indépendance commandée (cas du Kosovo), ou fermer les yeux (cas de l'Arabie saoudite où aucun changement de régime n'est martelé par les médias, même si les femmes luttent encore pour le droit de conduire une automobile et que ce pays a envahi militairement son voisin), etc.
    La récente visite (octobre 2008) de Nicolas Sarkosy au Québec a été l'occasion d'annoncer officiellement le changement de la politique traditionnelle de la France, qui n'est plus, selon moi, la seule politique de la France mais la position partagée par les forces atlantistes. La politique que de Gaulle établit jadis pour le Québec "de non ingérence et non indifférence" a été remplacée par une politique "d'ingérence et de mépris de la différence" qui cherche à s'étendre sur le monde entier. Pour le Québec, la politique exprimée par celui qui procède à marche forcé à la dénationalisation de la France et qui a réintégré l'OTAN est aussi celui qui a été applaudi par toute l'Assemblée nationale. Son message, exprimé par un euphémisme bien dosé en présence de Paul Desmarais, est celui de la préférence pour un Canada uni.
    Le droit des peuples à l'autodétermination, invoqué si fréquemment il y a encore quelques décennies est désormais absent des médias. Il a été remplacé par une opportune idéologie de la "guerre humanitaire" et de la "guerre contre le terrorisme" qui promettent de vous livrer une guerre multi forme allant jusqu'à la guerre totale contre les États qui résistent à l'ordre mondialiste. Je passerai sur les exemples, vous sachant tout à fait en mesure de les choisir vous-mêmes puisqu'ils abondent dans l'actualité. C'est là que se trouve le changement de paradigme dont on nous parle. Il serait bon d'en prendre acte. Le facteur déterminant c'est l'État et les petits États sont plus ou moins assujettis ou en cours d'assujettissement à une oligarchie mondialiste sans frontière. Bref, l'indépendance régresse partout et ce n'est pas un bonne nouvelle.
    Dans ce contexte, Pauline Marois a fait son choix et elle aurait, selon moi, bien compris le changement de paradigme annoncé par Sakorzy, si ce n'était pas déjà fait avant. Par conséquent, PQ pas PQ, la marge de manoeuvre est à peu près nulle et l'on peut même s'attendre à ce que le PQ se livre de plus en plus à une diabolisation de l'indépendantisme, comme le député de Saguenay vient de nous en donner le ton. C'est l'atmosphère qui semble régner dans les officines de ce parti.
    Que faire ? La situation a été décrite par Bernard Frappier comme requérant un miracle. Je suis plutôt de son avis. En attendant le miracle, je pense que chacun serait bien avisé de dire pleinement son opinion politique sans égard à tout calcul partisan, sans concession à la rectitude politique. Dans nos circonstances, seule la vérité bien ressentie et exprimée librement, en dépit de tout, pourra peut-être nous faire aboutir à quelque chose.
    GV

  • Marcel Haché Répondre

    24 août 2011

    Quant à moi,votre texte le plus magistral,M.Le Hir.