La controverse Delisle-Richler

Le discours sur l'antisémitisme au Québec et l'orthodoxie néo-libérale au Canada

Fiches


Gary Caldwell
L'Agora, juin 1994, vol 1, no9
«Voilà une nuance intéressante sur l'histoire intellectuelle de l'antisémitisme au Québec qui semble avoir échappé à l'attention de E. Delisle dans sa recherche! Ce que Weinfeld laisse entendre, c'est que les Québécois peuvent être qualifiés d'antisémites même s'ils ne manifestent aucun comportement antisémite. Aux yeux de certains Juifs qui définissent actuellement l'antisémitisme, il suffit d'être neutre ou indifférent devant les intérêts des Juifs. En d'autres mots, dans un contexte socio-politique où des intérêts juifs sont en jeu, le fait de favoriser d'autres intérêts ou même d'être indifférent aux intérêts juifs serait suffisant pour identifier un antisémite. Vous êtes pour ou contre les intérêts des Juifs: vous ne pouvez être indifférent. Incidemment, cela signifie que tous ceux qui n'ont pas réagi en lisant chez Mason Wade les intentions meurtrières des Patriotes, ceux-là, «boorish», WASPs ou autres, sont antisémites. Si vous n'aviez pas été indifférent ou neutre devant le problème juif, vous auriez réagi, comme vraisemblablement M. Richler l'a fait. Si l'on introduit cette «nouvelle» définition de l'antisémitisme dans le contexte québécois, il est possible que l'on soulève des conflits d'intérêts: les Québécois francophones deviendront des antisémites pour les Juifs et les Juifs deviendront des anti-Québécois pour les Québécois francophones. Dans l'éventualité où les intérêts des Juifs et des Canadiens-français n'étaient pas complémentaires mais plutôt compétitifs, le fait même de favoriser les Canadiens-français serait-il identifié comme un geste antisémite?»


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