Droits et démocratie

Ottawa avait été prévenu des problèmes

Le gouvernement Harper refuse toujours de réagir à cette crise qui secoue Droits et Démocratie depuis deux semaines.

Droits et Démocratie - KAIROS - Développement et Paix

Alec Castonguay - Le gouvernement Harper a été prévenu dès le mois d'octobre de la crise qui couvait à l'organisme Droits et Démocratie. Dans une lettre envoyée au ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, le 23 octobre 2009, des membres du conseil d'administration affirment que le conseil est «dysfonctionnel».
On demande alors au gouvernement de nommer un nouveau président du conseil d'administration pour remplacer Aurel Braun, qui a perdu la confiance de plusieurs des 13 membres du conseil. On demande également de nommer des fonctionnaires du gouvernement pour pourvoir les deux postes vacants au conseil.
Le gouvernement a finalement nommé David Matas, avocat pour l'organisme activiste juif B'nai Brith Canada, et Michael Van Pelt, président de Cardus, un think tank qui se décrit lui-même comme oeuvrant selon la tradition chrétienne sociale. Ces deux membres ont pris position en faveur du président du conseil d'administration, Aurel Braun, qui obtenait ainsi une mince majorité de sept membres sur treize.
Cette lettre, dont Le Devoir a obtenu copie, est signée par cinq membres du conseil d'administration visiblement inquiets. «En raison de cette crise, et de l'urgence de prendre des décisions pour que l'organisation continue de mener avec succès ses activités, les cinq membres du conseil ont tenu une rencontre informelle pour
explorer les façons de sortir de cette impasse», peut-on lire.
Les cinq membres, qui étaient majoritaires en octobre en raison des postes vacants, soutiennent que le président Braun et deux autres membres ont engagé des frais juridiques au nom de Droits et Démocratie (17 000 $) pour tenter d'empêcher la divulgation d'un rapport de performance sur Rémy Beauregard, le président de l'organisme (décédé d'une crise cardiaque le 7 janvier dernier dans la controverse).
Le 1er juin 2009, les cinq membres du conseil d'administration avaient également écrit une lettre au Conseil privé, le ministère du premier ministre, pour l'avertir qu'une évaluation secrète menée par M. Braun et deux autres personnes concernant Rémy Beauregard pourrait ne pas refléter les opinions du conseil d'administration au sujet de la performance de M. Beauregard.
Le gouvernement Harper refuse toujours de réagir à cette crise qui secoue Droits et Démocratie depuis deux semaines.
Le 8 janvier dernier, deux membres du conseil d'administration ont démissionné pour protester contre un virage idéologique que certains membres du conseil tenteraient d'imposer à l'organisme. Sept des treize membres du conseil d'administration, près des volontés du gouvernement Harper, souhaitent que Droits et Démocratie ne mène plus certains programmes au Proche-Orient auprès d'organismes qui critiquent Israël.


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