Tout pour la dette, rien pour l'économie

Budget Audet 2006

Le budget que le ministre des Finances Michel Audet a déposé jeudi passera peut-être à l'histoire, parce que, pour la première fois, le gouvernement du Québec s'attaque de façon formelle et crédible à la réduction de la dette.
Heureusement que le gouvernement libéral a choisi de s'attaquer à la dette. Parce que sans la création du Fonds des générations, qui retiendra toute l'attention, il n'y aurait pas grand chose dans le budget de M. Audet.
Le gouvernement du Québec, fauché, pouvait difficilement multiplier les initiatives et les cadeaux. En fait, sur un budget total de 58 milliards pour l'année 2006-2007, le poids de ses initiatives nouvelles est extrêmement modeste, à peine 290 millions. Discipliné, M. Audet, et sa collègue du Trésor, Monique Jérôme-Forget, ont fait preuve d'une grande discipline pour éviter la dispersion et concentrer les ressources sur les deux grandes priorités que sont la santé et l'éducation.
Face à la dette, le défi du gouvernement n'était pas financier, il était plutôt politique. Comment convaincre les citoyens de l'importance d'un enjeu qui posera problème dans 20 ou 25 ans? Et surtout comment leur faire accepter les sacrifices nécessaires?
Michel Audet s'en est tiré de façon tout à fait élégante, en trouvant des sources de revenus socialement et politiquement acceptables : les redevances sur l'eau que les producteurs privés d'électricité paient déjà, une redevance similaire à laquelle Hydro-Québec sera soumise, et, éventuellement, une partie des profits qu'Hydro réalise sur ses exportations ainsi qu'une nouvelle redevance sur l'eau captée. Avec l'eau, le ministre a trouvé une source de revenus intarissable qui ne fera pas trop mal.
Mais il manque quelque chose à ce budget, et c'est une vision économique pour donner des réponses aux menaces qui pèsent sur notre capacité concurrentielle et sur notre niveau de vie.
Le Québec est dans une situation économique vulnérable, qui requerra des interventions énergiques. Le ministre Audet sait parfaitement, comme le montrent éloquemment les documents de son ministère, que la création de richesse reposera sur une correction des importants retards de productivité dont souffre le Québec, par une augmentation des investissements, par l'innovation, par les investissements massifs en éducation, surtout supérieure, par la capacité de s'affirmer dans l'économie du savoir. Mais il n'y a rien de tout cela dans son budget.
Il y a donc un coupure entre les propos du ministre et les mesures qu'il annonce. Cela trahit, encore une fois, une absence de cohérence et de sens des priorités dans les gestes et les choix du gouvernement Charest.


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