Éducation

Une main de fer dans un gant de velours

Tribune libre

 




Début de carrière difficile

Lorsque j’ai débuté ma carrière d’enseignant au secondaire au début des années ’70, à l’exemple de plusieurs débutants, j’ai voulu me montrer « cool » afin de développer, [du moins, c’est ce que je croyais], une relation cordiale avec les élèves.

Toutefois, il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour comprendre que cette approche pédagogique conduisait immanquablement à un échec sur tous les plans. J’ai vite compris que les élèves avaient découvert un ami au détriment de l’enseignant qu’il devait être.

Mais que faire alors? Il me restait la « ligne dure », faire preuve de discipline pour exercer le contrôle sur la classe et ainsi pouvoir passer mon contenu de cours dans un climat propice à l’acquisition des connaissances [enfin, c’est ce que j’espérais]… Toutefois, je sentais bien que l’atmosphère tendu m’éloignait de plus en plus de mes élèves. Le climat était devenu tendu et malsain.

Rencontre avec mon mentor

Je ne me sentais pas heureux dans ma profession. Je sentais qu’un mur s’érigeait entre mes élèves et moi. Or, un événement qui allait changer toute mon approche pédagogique se produisit alors lorsque je fis la rencontre d’un professeur de français d’expérience qui allait devenir mon mentor.

Après quelques rencontres avec lui, je lui fis part de ma difficulté à rallier la participation active de mes élèves avec les acquisitions de connaissances. C’est alors que mon mentor me parla d’une vieille maxime fort utile en pédagogie, particulièrement au secondaire, à savoir « une main de fer dans un gant de velours ». Autrement dit, faire preuve de fermeté mais aussi de modération.

Approche pédagogique concluante

Au fil du temps durant ma carrière, il m’est arrivé d’agir comme maître de stage pour des étudiants qui s’apprêtaient à devenir enseignant. Et, comme c’était prévisible, ces derniers essayaient pour la plupart de gagner l’amitié des élèves. Après un certain nombre de vaines tentatives, je leur parlais du vieux truc de mon mentor.

Il m’arrive encore aujourd’hui de rencontrer par hasard certains de ces stagiaires qui m’ont été confiés et tous, sans exception, me remercient de les avoir ouverts au fait que nos élèves ne sont pas nos amis et que les enseignants ne sont pas non plus les leurs.

En bref, les adolescents ont besoin de balises [même s’ils ne l’admettent pas], mais aussi de souplesse dans l’application des normes de comportement, Un jeune sera toujours reconnaissant devant un professeur qui lui permet le droit à l’erreur.


Henri Marineau, Québec


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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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