«300» raisons de ne pas voir le film...

Par Patrice A. Roy

Tribune libre - 2007

«Pour la gloire - 300»… ou le nombre de raisons de ne pas voir ce film.
À Sparte, une des cités-états de l’empire grec, l’homosexualité était
pratique courante. En fait, la conception de l’homosexualité n’existait pas, on
pratiquait la sexualité comme on se gratte le nez. Deux tiers de la
population était esclave. Les hommes rois et maîtres avaient droit de vie
et de mort sur leur enfant jusqu’à l’âge de 16 ans. Ils procréaient avec
leur femme prisonnière du gynécée, comme les musulmanes aujourd’hui, par
obligation d’état. Il fallait bien préserver la race ; pour le plaisir,
c’était entre hommes. La Perse, l’Iran et l’Irak d’aujourd’hui sont le
berceau de la civilisation. Cette culture a contribué au savoir humain par
ses poètes, astronomes et mathématiciens entre autres.
Dans le film, les
Spartiates sont tous sortis d’un magazine de musculation, presque nus… le visage
à découvert, beaux, bons, justes, virils et protecteurs de la démocratie, ce
sont des Archanges. Les Perses sont d’abord montrés masqués, couverts, sans
famille ni enfants. Arrogants, poilus et sales, à visage découvert, ils ne
sont plus tout à fait humains, ils deviennent anormaux et monstrueux, comme
le traître Sparte. À la fin du film, les Perses sont assimilés aux loups
difformes, une bête aux yeux de feu sortie tout droit de l’enfer, le Démon
lui-même. On est prêt pour la guerre sainte du bien contre le mal.
Dans les mois qui ont précédé le génocide rwandais, on martelait à la
radio nationale que les Tutsis étaient des cancrelats, que l’on devait
écraser sous le pied. Les nazis dans leur propagande ont décrit les Juifs
comme des rats. Ceci est le stade final de la préparation psychologique
d’une population au meurtre.
Le film «300» en contient en accéléré les trois
étapes, c’est-à-dire : le dénigrement, la dépersonnalisation et enfin
l’animalisation.(1) Il est en effet difficile d’occire un semblable ou son
égal. Ce film que l’on pourrait comparer au «Seigneur des anneaux» est bien
moins innocent. Sous la patine artistique, les omissions et mensonges
historiques se cache la haine. La haine de mon semblable. Cette orgie de
violence télévisuelle est une indication de la dérive fasciste américaine,
une opération psychologique à la grosse pelle au fond de la gorge pour nous
rendre indifférents à d’éventuelles frappes nucléaires contre l’Iran.(2)
Ces humains du Croissant fertile sont mes amis, ceux avec qui j’ai fait
mes études, mes collègues de travail, mes voisins, les politiciens pour qui
j’ai voté. Je ne peux… nous ne pouvons tolérer pareille barbarie !
Ce film,
ce pamphlet, cette chose, ce torchon qui incite au crime contre l’humanité
n’a pas sa place dans ma grande maison, notre pays, symbole de la paix.
Patrice A. Roy

Citoyen Canadien
1. - SERGE TCHAKHOTINE, Le viol des foules par la propagande politique, tel Gallimard, 1952.
2. - www.mondialisation.ca
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/spip/) --


Laissez un commentaire



1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    4 avril 2010

    Attention à ne pas assimiler Sparte aux autres cités de la Grèce antique.
    A l'époque de la bataille des Thermopyles, Sparte ne fonctionnait pas comme les autres cités grècques.
    Le sprtiate de cet époque était presque nu car selon les sources de l'époque et les recherches des historiens, rien n'était plus bel habit pour lui que son corps puissant.
    Le spartiate était musclé? Oui. Il pratiquait la course, la marche. Il connaissait les tractions, pompes, squats, soulevé d'objets lourds et la abdominaux. Pour lui seuls les muscles principaux du corps pouvant servir au combat étaient travaillés.
    Les femmes de Spartes n'étaient pas cloîtrés dans un gynécée.
    L'homosexualité à Sparte. Oui mais pas à l'époque des guerres médiques. Seulement vers la fin de la gloire de la cité avec les derniers rois débauchés qui ont entraînés la perte de la cité.
    Bref, il est facile de voir le mal et la propagande partout.