Démission du directeur national de santé publique

Arruda sacrifié sur l’autel de la politique

L’histoire se répète?

Tribune libre

 


Au début de la pandémie, nous étions tous rivés sur les commentaires et les explications du Dr Horacio Arruda qui nous éclairaient sur l’évolution du Coronavirus. C‘était tout à fait normal, tout était nouveau pour nous. Ses gestes colorés pour nous expliquer l’importance d’ « aplatir » la fameuse courbe des cas ayant contracté le virus étaient on ne peut plus clairs et, de surcroît, pertinents.

Début de la descente

Or, depuis quelques semaines, particulièrement depuis l’arrivée du variant Omicron, le rôle du directeur national de santé publique s’est progressivement effacé si bien que ses interventions ne se limitent plus qu’à apporter quelques explications supplémentaires aux commentaires de François Legault et de Christian Dubé.

Raisons ayant conduit à la démission

À mon avis, deux éléments peuvent expliquer la présence de plus en plus effacée du Dr Arruda au sein de la cellule de crise Premièrement, ses fonctions de directeur national de santé publique et de sous-ministre adjoint au ministère de la Santé et des Services sociaux, une double fonction qui l’amène régulièrement à slalomer entre la santé publique et la politique.

Deuxièmement, la place de plus stratégique que prend le premier ministre François Legault dans les orientions de la cellule de crise, notamment certaines décisions, tel le couvre-feu, de plus en plus contestées par la classe politique et le monde des affaires. En bref, la pandémie est devenue la priorité du gouvernement Legault au détriment de la santé publique.

Apprendre de ses erreurs

Dans la foulée de la démission du Dr Arruda, il m’apparaît clair, dans un premier temps, que le futur directeur national de santé publique ne cumule aucune charge politique et, dans un deuxième temps, que la cellule de crise s’enrichisse de nouveaux visages de la scène scientifique, question de remettre la science au-devant des prochaines orientations et décisions de la cellule de crise.

L’histoire se répète?

Le nouveau directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau, n’est pas aussitôt désigné que déjà sa proximité avec le ministre de la Santé, Christian Dubé, fait jaser. En effet, la fille du Dr Boileau se trouve à être l’attachée de presse du ministre de la Santé, un rapprochement entre le politique et la science qui raisonne comme des airs de déjà-vu avec le double statut du Dr Arruda en tant que sous-ministre adjoint au MSSS et directeur national de santé publique… L’histoire se répète?


Henri Marineau, Québec

 


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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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1 commentaire

  • Henri Marineau Répondre

    12 janvier 2022

     


    L'histoire se répète...


    À titre de rappel, souvenons-nous de l’erreur monumentale des autorités de la santé publique lors de la première vague de la pandémie lorsqu’elles prirent la décision de transférer des personnes âgées des hôpitaux vers les CHSLD. Le résultat? Plus de 5 000 aînés ont péri dans ce qu’i est maintenant convenu d’appeler une « hécatombe ». En bien, croyez-le ou non, le même phénomène est en train de se reproduire devant l’ampleur des cas reliés au variant Omicron.


    Abordons maintenant le couvre-feu imposé pour la deuxième fois depuis le début de la pandémie malgré le doute exprimé par plusieurs experts sur le lien scientifique entre le couvre-feu et la contamination des virus. À cet effet, je laisse la réponse au Dr Arruda : « Le couvre-feu passe un signal et permet de diminuer les possibilités de contact. Si vous me demandez s’il y a une étude contrôlée qui démontre ça, la réponse est non. »…Alors, pourquoi en faire une mesure-phare par deux fois?