L’incendie du Parlement et les Anglos en colère... la suite

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25 avril 1849 : le déchaînement de la haine anglaise


Après avoir lu mon blogue sur la caricature d’Aislin et la Gazette, plusieurs me demandent « comment se sont terminés les troubles entourant l’incendie du Parlement par les Anglos ?» Voici donc, à la demande générale, la suite du drame.


Dès le lendemain, 26 avril, On tente de tuer le premier ministre Louis-Hyppolite Lafontaine, sans succès, car il est sous la protection de l’armée. Les Anglos enragés se dirigent alors vers sa résidence et la saccagent, s’acharnant en particulier contre sa bibliothèque.


Le Parlement détruit, les élus siègent au marché Bonsecours, sous protection militaire. Trois jours après l’incendie, l’Assemblée adopte une résolution exprimant au gouverneur Elgin son indignation devant ces excès. L’historien Mason Wade écrit : «Quand les représentants de l’Assemblée se rendirent au Château de Ramezay, qui servait de Maison du Gouvernement, pour présenter cette résolution, il fut nécessaire de lire l’Acte d’émeute et de dégager les rues à la baïonnette. Elgin fut lapidé quand il sortit pour retourner à sa résidence de Monkland (l’actuelle école Villa-Maria sur Décarie)».


Les Anglais déchainés, maîtres de Montréal, vont y imposer un régime de terreur pendant des semaines. Malheur aux Canadiens français qui s’aventurent dans l’Ouest de la ville, ils sont sauvagement battus. Ces crimes restent impunis, l’armée et la police, dominées par des Orangistes, sympathisent ouvertement avec les factieux.


Le Gouvernement a tellement perdu le contrôle de la situation qu’il ne peut assurer la protection du Gouverneur Elgin qui envisage se réfugier au fort de l’île Sainte-Hélène. Il n’ose plus se rendre au Château de Ramezay, le siège du gouvernement. Des hommes proches du premier ministre Lafontaine décident de former une milice. On arme de pistolets et de coutelas des Canadiens français et des Irlandais catholiques.


La colère des Anglo-Montréalais ne s’apaise pas. Quatre mois plus tard, un groupe armé de 200 Anglos tente d’envahir la nouvelle résidence de Lafontaine alors isolée dans un verger (elle est aujourd’hui abandonnée dans un état de délabrement avancée au coin d’Overdale et de Lucien L’Allier). Ils apportent avec eux une corde pour le pendre. La Fontaine n’est pas chez lui. Sa maison est sous la garde d’amis armés. Des coups de feu accueillent les assaillants qui battent en retraite. Sept sont blessés dont un très grièvement. Il mourra le lendemain matin après avoir admis que l’intention du gang d’Anglos était de mettre le feu à la maison et de s’emparer de Lafontaine pour le perdre à un arbre de son verger, pour ensuite traîner son cadavre dans les rues.


Les incendiaires du Parlement, les auteurs de l’incitation à l’émeute à la Montreal Gazette», de même que ceux qui participèrent aux ratonnades contre les Canadiens français qui suivirent, ne furent jamais punis. Ils avaient l’appui presque unanime des Anglo-Montréalais. Trente-huit ans après les faits, Alfred Perry, le pompier pyromane, se vantera publiquement de son forfait. La communauté anglophone de Montréal est tellement fière du rôle joué par Perry dans la destruction du Parlement du Canada qu’un pavillon de l’hôpital Douglas, de Verdun, commémore encore aujourd’hui la mémoire de ce vaillant défenseur du « sang et de la race anglo-saxonne » contre la « French domination ». Moi, il me semble qu’un changement de nom s’impose ici. Il est encore plus mérité que la chasse iconoclaste qu’on mène actuellement à l’instigation des libéraux et des autochtones contre tout ce qui rappelle John A. McDonald.


La journée du 25 avril 1849 est la plus noire de l’histoire démocratique du Québec et du Canada. Dans les médias du Canada anglais, on occulte ce soulèvement raciste, trop occupé qu’on est à recenser et à dénoncer l’intolérance et la xénophobie des Québécois. Imaginez comment l’événement serait médiatisé et commémoré s’il avait été le fait de Canadiens français. Et chaque année, la page éditoriale de la Gazette prendrait un malin plaisir à tourner le fer dans la plaie.