La «démarche» vers le Nord suscite le scepticisme

Plan NORD du PLQ

Québec -- Exit le mot «consultation». La ministre Nathalie Normandeau a banni un autre mot, hier, après avoir fait comprendre mardi que le «Plan Nord» était, au fond, une «démarche», ce dont Le Devoir faisait état hier. «Oubliez le mot "consultation". C'est une table de travail, dans le fond. On va compléter le travail déjà amorcé avec les communautés. On veut les mettre dans le coup dès le début du processus», a-t-elle déclaré à la Presse canadienne hier.

La «démarche» du gouvernement suscite toutefois le scepticisme. Notamment parce que l'objectif de la première rencontre des quelque 200 membres de la Table des partenaires du Nord, le 6 novembre, au Centre des congrès de Québec, reste flou. C'est du moins ce que croit l'opposition: «La ministre Normandeau a dit plusieurs choses contradictoires», a soutenu hier le député péquiste d'Ungava et critique sur la question du Nord, Luc Ferland. D'une part, elle a affirmé qu'il fallait «d'abord s'assurer de partager la même vision avec» les participants à la table, dont une trentaine de chefs autochtones, autant de maires, des représentants du secteur privé, des environnementalistes et des fonctionnaires. D'autre part, elle a insisté pour dire que la rencontre du 6 novembre ne serait pas un «sommet à la péquiste» et ne porterait que sur la «mécanique»: «On ne peut pas toujours travailler à 200, c'est sûr», disait-elle mardi au Devoir. «Donc, de quelle façon on va travailler ensemble? Est-ce qu'on se donne des sous-comités de travail, par exemple? Sur les thèmes de l'énergie, des mines, de la faune, du tourisme. D'autres voudront parler logement.» Hier, elle tranchait toutefois: le mode de fonctionnement se fera autour de «tables sectorielles» et le 6 novembre il ne sera pas question «du fond».
Or, si le gouvernement se bornait à tenir une rencontre portant strictement sur la «mécanique», il n'est pas certain qu'il attirerait à Québec les 200 participants escomptés, a soutenu Luc Ferland hier. «Je les connais. On ne peut pas les convoquer à Québec pour rien. Il faut toujours bien que le gouvernement propose quelque chose!», a lancé M. Ferland. Porte-parole d'Équiterre, Hugo Séguin s'étonne que le gouvernement n'ait même pas encore déposé «ne serait-ce qu'un document d'orientation».
Se disant ouvert à l'idée d'un «Plan Nord», Marjolain Dufour, député du PQ de la Côte-Nord (circonscription de René-Lévesque), soutient qu'une consultation est toutefois nécessaire parce que, pour l'instant, «le seul consensus existant s'est fait au Parti libéral». Les deux députés péquistes du Nord souhaitent être présents le 6 novembre, mais ils n'avaient pas encore été invités hier.
Quant aux autochtones, des Innus ont forgé une «Alliance stratégique contre le Plan Nord». Cela a conduit la ministre Normandeau hier à admettre qu'elle avait «un défi d'adhésion et de concertation» aux desseins du gouvernement.
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Avec La Presse canadienne


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