La petite mosquée dans la prairie

Tribune libre 2008

[Bonjour M. Dumas->13999].
Malgré tout le respect que j'ai pour vous, je crains que vous n'ayez pris
trop au sérieux cette série bon enfant. Il est certain qu'au Québec, un
pareil sujet en aurait pris pour son rhume. La rectitude politique aurait
été taillée en pièces. Enfin, j'aime à le croire.
Cette série est un pas dans la bonne direction pour le Canada anglais. Je
crois qu'au Québec, nous sommes déjà rendus plus loin dans la cohabitation
avec les musulmans et les autres minorités, visibles ou audibles. Il n'y en a
pas à Hérouxville et c'est pourtant là où la réaction épidermique a été la
plus virulente. Personnellement, j'aurais donné au Conseil municipal de
cette petite ville un Olivier en or massif pour la résolution la plus drôle
de l'année. Le ridicule ne tue pas.
J'aimerais voir, ici au Québec, après la série Pure laine, l'équivalent en
mieux de l'autre série, celle dont on parle, une série qui se passerait à
Montréal et qui trouverait le moyen de trouver de l'humour à un taux de
chomage de 25 % dans la communauté Nord-Africaine. Et je ne parle pas de la
non-reconnaissance des diplômes. Tout un défi.
Dans la série Pure laine, nous avons vu à l'oeuvre toute une brochette de
comédiens de diverses origines qui ne demandent qu'à participer à nos
télé-séries en tant que québécois parfaitement intégrés à notre communauté.
En sommes-nous capables?
Il est facile de tourner en ridicule cette série gnangnan à nos yeux, mais
qui, ici, relèvera le gant. Pure laine, c'est beau, mais est-ce tout ce
dont nous sommes capables? Sommes-nous si limités? Je ne crache pas sur
Pure laine, j'ai adoré. J'attends la suite, à Radio-Canada ou ailleurs.
Inch Allah!
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --


Laissez un commentaire



2 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    20 juin 2008

    M. Gingras, vous devriez cessez de regarder le monde par la fenêtre de votre télé.
    Il y a un bouton "off" quelque-part sur votre télécommande.
    Bon retour sur Terre.

  • Bernard Thompson Répondre

    20 juin 2008

    Bonjour M Gingras,
    Comment parler d'une série telle 'La petite mosquée dans la prairie' sans la comparer à ces scénettes auxquelles nous assistions bien avant la révolution tranquille dans les salles paroissiales du Québec! De référer à un vaudeville tout à fait moyen pour analyser la situation des immigrants au Québec tiendrait de l'insouciance pour ne pas dire de l'ignorance.
    D'une part, si vous conférez une note médiocre au 'code de vie' d'Hérouxville, c'est que vous n'avez pas compris l'essentiel du débat. Je vous indique qu'Hérouxville est fière d'avoir accueilli quelques immigrants au cours des dernières années, même qu'un de ces immigrants a tenu les fonctions de conseiller municipal pendant plus de 10 ans à Hérouxville. Il ne parlait pas français, était protestant et s'est merveilleusement bien intégré à la culture québécoise. Les gens d'ici apprécient plus que vous ne le croyez la richesse des autres cultures. Cependant, ils ne sont pas favorables à ce que les accommodements religieux puissent nuire à une harmonie déjà fragile. Lorsque vous mangez une pomme-grenade, vous êtes sûrement conscient que ce fruit ne pousse pas en terre québécoise mais pouvez en apprécier les vertus. Il en est de même d'Hérouxville et de l'immigration. Nous la souhaitons cette immigration, mais dans des paramètres n’exposant pas notre propre culture et notre histoire à l’abandon. Si vous n’êtes pas préventif, il se pourrait que dans 50 ans un président ou premier ministre s’excuse d’avoir anéanti la culture française en Amérique.
    D'autre part, lorsque vous parlez de la situation des nord-africains, sachez que nous avons rencontré des dizaines d'entre eux au cours des derniers mois. Nous avons même participé à une émission intitulée 'À l'ombre des baobabs' sur les ondes d'une radio étudiante de l'UQTR. Ils ont été, tout comme nous, enchantés de cette rencontre car leurs interrogations au sujet d'Hérouxville n'étaient, de leur propre aveu, que des préjugés. Nous défendrions leur cause en tout temps, n'en déplaise aux objecteurs de conscience qui nous ont prêté les pires intentions depuis le jour ou nous dénoncions l'incapacité des dirigeants politiques d'agir.
    Croyez-moi, il n'est pire aveugle que celui qui refuse de voir. Quant aux 'pure laine' ou 'québécois de souche' ou autre appellations du genre, j'estime que ce sont des termes à proscrire dans un Québec moderne.
    Je vous invite ici à Hérouxville. Vous y rencontrerez beaucoup de gens qui ne sont malheureusement pas nés ici. Ils s'y sont établis pour retrouver une certaine harmonie avec la nature. Point. Ils sont de tous les horizons et de toutes les opinions. C’est là notre richesse. Étonnamment, beaucoup plus qu’une petite mosquée dans une prairie.
    P.S. Nous ne saurions accepter un Olivier sans qu’il nous soit remis des mains de nos amis immigrants.
    Bernard Thompson
    Hérouxville