Le concept de gouvernement est une illusion qu'il faut briser.

Tribune libre

À ceux qui croient à un changement de comportements, je dis, vous rêvez!
Il n'y aura pas de réforme des systèmes financiers. Cela aurait du être fait en 2008. Ce ne fut pas le cas, car il n'y avait aucune volonté politique. Pourquoi? Parce que les États n'ont tout simplement plus aucun pouvoir financier. La sortie de crise de la manière douce est une utopie qu'on peut certes appeler de ses vœux, elle n'arrivera pas.
La quasi-totalité des modèles économiques – sauf quelques-uns soutenus par cette génération technocratique (née dans le bouillon de la technologie), narcissique, violente et imbue d'elle-même – mettent de l'avant une sortie « non-linéaire ». Le système mondialisé – avec ses évasions fiscales pharaoniques (Évasions fiscales mondiales évaluées approximativement à 26 000 milliards d'Euros*) – ne peut tolérer qu'un de ses acteurs « économiques » – les pays n'étant plus que de monstrueux systèmes de production sans distinction propre, l'abolition pure et simple de toute liberté et souveraineté – quitte la scène. Plusieurs exemples font école (Grèce, Portugal, Chypre, etc…).
Nous courons vers notre destin. Même si les banques se recapitalisent (ce qui fut fait en 2008 par les gouvernements, à même nos impôts – sans aucune consultation – censés payer nos retraites, assurer notre santé, nous permettre de vivre en société, creusant de manière violente les déficits publics, un pur vol étatique) à même les dépôts bancaires, le découplage entre l'économie réelle et la caste « sacrée » (le mot n'est pas trop fort quand on constate l'écart indécent entre le peuple et les élites. Ces peuples qui ne vivent – par procuration, dans le fantasme du vedettariat – qu’en idolâtrant des célébrités ignares et rapaces ou simplement idiotes et perverses, légitiment ce qui leur arrive. Ils n'en sont pas pour autant responsables. On – Le Sacré, Dieu, les Élites, tout ce qui est au-delà des Lois humaines ou divines – les maintient dans l'ignorance, pire on la cultive pour eux!) constitue une rupture achevée. Plus rien ne ressoudera les élites actuelles aux peuples. Une nouvelle ère advient. L’époque est certes inquiétante, elle n’en serait pas moins fascinante s’il n’y avait pas tant de souffrance générée par des ordres informatiques de vente, d’achat, d’opérations de couverture. Notre monde est une immense banque!
Mais, être inquiet de la situation n'est pas suffisant. Le temps viendra où l'avancée de la masse aveugle – même anarchique – sera la seule sortie possible. L'Histoire nous montre que les élites (qui se proclament telles) ne se reproduisent que pour elles-mêmes et que le peuple, concept abstrait et mécanique pour elles, ne saurait comprendre la gouvernance de l'humanité. Georges Bataille, dans La structure psychologique du fascisme, écrivait cela en 1935. Mais personne de sérieux ne lit Bataille aujourd'hui, sauf les thésards universitaires...
Il faut non seulement boycotter toute monarchie constitutionnelle mais également toute démocratie représentative qui hiérarchise le vivant. Nous faisons partie de la chaîne alimentaire capitaliste. Il faut inventer d'autres manières d'échanger entre nous. Il faut créer de la diversité, ne plus être pris en otage par la monoculture de la monnaie unique – on voit ce que ça donne avec l'Euro – qui détruit tout sans aucune justification humaine. Il faut se détourner des institutions actuelles et en inventer de nouvelles. Une révolution? Non. Plutôt, briser nos habitudes, nos croyances et nos paradigmes économiques.
* Source : Journal Le Monde : http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/23/l-evasion-fiscale-mondiale-dix-fois-le-pib-de-la-france_1736985_3234.html


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2 commentaires

  • Serge Charbonneau Répondre

    9 avril 2013

    Monsieur Meloche a bien raison.
    «Il n’y aura pas de réforme des systèmes financiers.»
    Ceux qui tirent les ficelles de presque la totalité du monde, contrôlent les banques et les grandes industries, pétrolières, alimentaires, pharmaceutiques, militaires.
    Tout leur système est mis au service de leurs intérêts et pour sauvegarder leurs privilèges honteux.
    Nous devons avoir la volonté d'exiger des politiques humaines et non des politiques visant à protéger l'église économique. Nous devons avoir le courage de l'Islande.
    Il faut voir cet excellent vidéo de John Perkins sur la dette:
    http://www.kewego.fr/video/iLyROoafIPvt.html
    ou ici:
    http://www.wideo.fr/video/iLyROoafIPvt.html
    Les rouages de la dette pour asservir les économies des Pays et des individus sont clairement expliqués, vulgarisés et démontrés dans ce vidéo.
    John Perkins qui nous éclaire aussi dans son livre
    « Confessions of an Economic Hit Man »
    http://www.economichitman.com/
    Le texte de M. Meloche est assez alarmant et je crois qu'il reflète bien la situation assez alarmante. Je crois que l'élément principal pour s'en sortir est le même élément que celui qui peut nous faire enfin devenir Indépendant et les Maîtres chez nous. C'est de développer notre conscience.
    En étant conscientisés, nous développons aussi notre imagination afin de poser des gestes pouvant être déterminants.
    Par la conscientisation nous pouvons devenir déterminés. Déterminés à vivre dans un monde meilleur, plus humain et moins "compétitif" et déterminés à devenir les Maîtres de notre destin et de notre Pays.
    En conscientisant nous pouvons faire en sorte que nos concitoyens deviennent conscients de leur asservissement et déterminés à prendre leur Pays en main en le rendant Indépendant.
    En terminant, merci à M. Jean pour cet élan poétique, mais il serait bon que vous osiez signer complètement votre nom. Vous savez l'anonymat est une plaie sur internet et permet à certains de jouer double jeu.
    Vous êtes Jean qui, Monsieur Jean X ?
    Serge Charbonneau
    Québec

  • Serge Jean Répondre

    8 avril 2013

    Faire craquer, éclater, l'espace-temps de l'automatisme servile !....La sortie de l'enfer. La dycotylédure ailée des vernaux révoltés, qui s'envolent vers la Vie.
    Jean