Réaction au mépris du rabbin Chaim Steinmetz

Le Québec, terre d'asile, mérite plus de gratitude

Israëliens et Québécois doivent se comprendre

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Exilés dans leur propre pays

Réponse au rabbin Chaim Steinmetz de la synagogue TBDJ, Côte-St-Luc, MTL dont Le Devoir du 24 décembre 2014 a publié son texte intitulé: «L'occasion de cultiver la dignité de la différence.» Ce texte est un retour sur le projet de Charte de la laïcité du Québec présenté par la Gouvernement Marois à l'automne 2013.

LE QUÉBEC, UN PEUPLE EN EXIL CHEZ LUI

La notion d'exil pour un peuple est tragique et peut provoquer sa disparition. Dans son histoire, le peuple juif a connu deux exils, celui à Babylone et celui en Égypte sans compter son errance contemporaine. Ces exils ne lui ont pas fait perdre sa religion quoiqu'il fréquenta parfois les idoles. Mais ces exils, loin du Temple de Jérusalem, lui firent découvrir la séparation entre la religion et l'État. En tant que rabbin, vous connaissez cette vérité.


Le Québec moderne aussi connaît l'exil, en exil chez lui parce qu'il ne contrôle pas ses lois. À titre d'exemple, mentionnons le charcutage par la Cour Suprême de la loi 101 depuis 1977 à la demande de Québécois, et plus près de nous la catastrophe du déraillement de Lac Mégantic dans la nuit du 5-6 juillet 2013 sous juridiction fédérale. Dans l'actualité, c'est le dossier des oléoducs projetés sur le territoire du Québec pour débloquer l'exportation du pétrole de l'Ouest.

Cette tendance d'asservissement au Prince n'est pas nouvelle. Le rapport Durham de janvier 1839 le souhaitait et le voulait. Le premier anniversaire des consultations publiques menées par le Gouvernement Marois à l'automne 2013 est le prétexte choisi par le rabbin pour se réjouir de l'échec de ce projet de conscience sociale en plus de faire la leçon au Québec. Ce projet de Charte de la laïcité du Québec a été une tentative d'ériger en loi fondatrice d'un Québec moderne en affirmant dans "l'honneur et la dignité" la séparation de l'État et de l'Église ce que la loi constitutionnelle de Trudeau-1982 ne fait pas.

LE RABBIN CONFOND "STATU QUO" ET ÉVOLUTION SOCIALE

Votre texte intitulé « L'occasion de cultiver la dignité de la différence » publié dans Le Devoir du 24 décembre 2014, page A 7, m'interpelle à plus d'un titre. En consultant le site internet de votre synagogue, je vois là une occasion d'un commentaire fraternel, franc et sans complaisance (art UN, Déclaration des droits de l'homme, Paris 1948).

Les premiers mots de votre texte, « Le Québec a beaucoup évolué depuis Noël dernier. » nous laissent entrevoir par le mot "évolué" une dimension socio-historique en mouvement concernant le Québec. De la part d'un israélite et rabbin, exilé de sa "vraie patrie" la terre promise, cela s'annonce intéressant.

Cet enthousiasme déchante rapidement dès la 2e ligne du texte par les mots « cet horrible débat...» de l'hiver dernier portant sur le projet de loi 60 du Gouvernement Marois, aussi appelé "Charte de la laïcité du Québec", ce que vous appelez "Charte des valeurs".

Pourquoi qualifiez-vous ce débat démocratique rare et sain "d'horrible" ? Bien sûr, vous avez droit à votre opinion qui comme vous l'expliquez dans votre texte est opposé au projet gouvernemental. C'est votre droit. Sauf qu'en vous lisant, vous ne faites aucune place pour respecter l'opinion contraire de la vôtre en démontrant un début de compassion envers des millions de Québécoises et Québécois.

UNE APPROCHE RÉDUCTRICE IGNORANT L'HÉRITAGE HISTORIQUE

Pire, vous taisez les idées charnières de cette Charte qui se voulait être la loi fondatrice du Pays du Québec avec trois valeurs majeures qui méritent d'être rappelées:

- enchâsser le principe d'un État laïque dans la Charte québécoise des droits et libertés de la personne;

- reconnaître la primauté de l'égalité femme-homme parmi tous les droits et libertés;

- promulguer la langue française comme langue commune d'usage au Québec.


Cher Rabbin Chaim Steinmetz, vous n'êtes pas sans ignorer toute la dynamique qui entoure ces trois grands objectifs du projet de loi 60 dans la société québécoise. Avant de consulter votre biographie et de vous connaître un peu mieux, je me posais la question: cet intellectuel juif vivant au Québec actuellement, où était-il en 1960 et durant les exploits politico-socio-économiques vécus à la grandeur du Québec depuis 1960, époque "historique" nommée "révolution tranquille" ?


BIOGRAPHIE RÉVÉLATRICE DU RABBIN CHAIM STEINMETZ

Une partie de la réponse est: Chaim est né à Casablanca au Maroc en 1974. Donc, c'est l'excuse de la jeunesse qui s'applique ici qui vous donne 40 ans aujourd'hui. Chaim n'a pas vécu l'évolution du Québec depuis la "révolution tranquille". Il n'a pas plus vécu l'ébullition du 2e référendum du 30 octobre 1995. Nous découvrons que vous êtes arrivé à Montréal en 1985 à l'âge de 11 ans. Depuis septembre 1996 à l'âge de 22 ans, vous agissez comme rabbin à Montréal et vous avez reçu votre formation rabbinique à l'université privée Yeshiva de New York.


Votre statut d'immigré doit être souligné et celui de rabbin parce que ces deux informations nous aident à comprendre où puisent vos racines. De grâce, ne prenez pas ces détails pour de l'anti-sémitisme ou de la xénophobie. Vous êtes sûrement fier de vos origines comme je suis "très fier" des miennes.

EXCELLENTE SYNTHÈSE D'UN ÉMINENT QUÉBÉCOIS: GUY ROCHER

Avant de parler de votre texte, si vous le permettez, votre texte m'a inspiré un retour au texte du sociologue québécois Guy Rocher qu'il a écrit à l'automne 2013 en rapport avec le projet de loi 60.


Je tiens à porter à votre réflexion le premier paragraphe de son texte, je cite: « Le projet d’une Charte des valeurs québécoises ne peut pas être compris et évalué que dans et pour le moment présent, il faut le comprendre dans une large perspective, à la fois historique et prospective. Une telle Charte n’est pas faite que pour l’an 2013, elle doit être pensée en vue d’un long avenir, l’avenir le plus prévisible qu’on peut imaginer. Par ailleurs, cette Charte s’inscrit aussi dans notre passé, dans l’évolution politique, culturelle, démographique des cinquante dernières années de cette nation particulière qu’est le Québec.»
source: Le Devoir du 16 septembre 2013. titre: « Une charte garante d'un long avenir dans la diversité. »

Avec une certaine bonne foi, pouvez-vous reconnaître que le débat que vous qualifiez "d'horrible" ne correspond pas à ce que le Québec a vécu de positif et de constructif dans la recherche de ses marqueurs identitaires. Malheureusement, votre appel au statu quo ressemble davantage à une "régression" qu'à une évolution de toute une société.

UNE ANALYSE TROP SUPERFICIELLE SIGNÉE STEINMETZ

Arrivons à votre texte. Dans le 1er paragraphe sans perdre de temps, vous écrivez le motif principal de votre position contre le projet de loi 60: vous vous opposez à une « une proposition d'interdire les symboles religieux dans le secteur public » et vous ajoutez: « qui a divisé la province.» 


C'est votre idée principale et elle nous renvoie aux "accommodements raisonnables pour un motif religieux". La commission Bouchard-Taylor a eu le mérite de nous révéler l'ampleur de ces accommodements laissés à une gestion du cas le cas. Des gestionnaires de tout poil dans les hôpitaux et dans le monde de l'éducation réglaient ces demandes dans le plus grand secret et à courte vue: pour garder la paix.

Finalement, les accommodements permis ne reflétaient pas du tout les valeurs distinctes du Québec héritées de son histoire et de ses bâtisseurs. C'était le règne de la démission de l'attribution de "privilèges religieux" dans l'espace public, le règne du multiculturalisme de l'article 27 de la Charte de Trudeau-1982, une loi canadienne qui a été poussée de force dans la gorge des Québécois. Malheureusement, vous n'aviez que huit ans en 1982, trois ans avant votre immigration au Québec.

Contrairement à votre appel au statu quo qui est synonyme de respect des lois fédérales canadiennes, la nécessité de reprendre la discussion était et est encore impérieuse sur les "valeurs majeures et centrales" de l'État laïque du Québec, de la valeur prioritaire de l'égalité femme-homme et de la proclamation de la langue française comme seule langue commune d'usage.



Vous devez reconnaître à l'évidence que ces trois valeurs ne se retrouvent pas dans la Charte de Trudeau-1982. C'est ce qu'on appelle aussi la "société distincte du Québec" en Amérique du Nord.

LE QUÉBEC MÉRITE GRATITUDE PLUTÔT QU'INCOMPRÉHENSION DE VOTRE PART

Votre texte transpire une incompréhension, même une hostilité, envers le projet de loi 60. Pourquoi tant d'agressivité envers un "projet de loi" qui est appelé à connaître des amendements en cours de consultation et de discussion à l'Assemblée nationale. La consultation populaire lancée par le Ministre Drainville en commission parlementaire a suscité des centaines de mémoires et une myriade d'idées pour et contre. Notre démocratie n'a pas une vitalité à toute épreuve qu'il faille marcher sur ses fleurs.

Votre titre et votre texte parlent souvent de "dignité". La dignité du Peuple du Québec mérite-t-elle quelques égards de votre part, au-delà de votre opinion ?

UNE ÉVIDENCE: LE PEUPLE DU QUÉBEC EST UNIQUE AU MONDE

Le Québec est unique au monde par sa géographie et par son histoire et par son peuple dont vous faites partie. À la lumière du titre de votre article, votre plaidoyer consiste à nous inviter à " cultiver la dignité de la différence ".

À titre de rabbin, nous comprenons que votre "différence" correspond à votre "foi religieuse judaïque" qui a sa place dans l'ensemble de la population du Québec. En contre-partie, quelle déférence portez-vous envers votre société d'accueil ?

Majoritairement de foi catholique ou protestante avec ses institutions religieuses, le Québec a connu une déconfessionnalisation et une baisse importante de la pratique religieuse. Comprenons ici que cela ne signifie pas la disparition des convictions religieuses dans le peuple du Québec. La culture de la dignité devrait se vivre en toute réciprocité ce dont vous vous abstenez.

Ne nous le cachons pas, tel que vous exprimez votre position contre la "Charte de la laïcité du Québec", vous fermez les yeux et votre esprit envers les millions de Québécois(Es) qui aspirent à fonder le Pays du Québec, mouvement qui existait avant votre arrivée au Québec, votre pays d'adoption construit par mes ancêtres et patriotes qui méritent plus que l'oubli.

LA RELIGION COMME VECTEUR DE PAIX: UN SOUHAIT SOUVENT DÉÇU.

Sous des apparences de "bonne volonté", de "pensées amicales", vous nous servez une pensée de "statu quo" qui s'apparente à votre pensée idéologique religieuse. Nous respectons votre foi, mais quel sort faites-vous aux marqueurs identitaires autres que ceux relevant des religions ? La pensée philosophique est un précieux gisement de réflexions révélatrices de valeurs humaines que nous appelons aussi "loi naturelle".

Pour appuyer votre thèse, vous faites référence au livre du rabbin Jonathan Sacks d'Angleterre intitulé: " La dignité de la différence " édité chez Boyard. Voici vos mots sur ce livre: « Il nous rappelle que la paix est en elle-même une puissante valeur religieuse et que la capacité de forger des liens avec des gens qui ne partagent pas nos croyances est une responsabilité religieuse fondamentale

Cet extrait du livre du rabbin Sacks m'inspire les deux commentaires qui suivent.
C.1 La "puissante valeur religieuse" qu'est la paix ne semble pas fonctionner partout et est loin d'un principe universel. À titre de membre du peuple juif, vous en savez quelque chose par la situation belliqueuse qui existe au Proche-Orient entre Israël et ses voisins non-juifs. Pourquoi l'affirmation du rabbin Sacks ne fonctionne pas partout ? On peut répondre que la puissante valeur pacifiante de la religion a souvent manqué à ses promesses. Manipulée par des humains, la religion offre à ses adeptes un mélange d'ivraie et de bons grains. Le feu du creuset est toujours requis pour purifier.

C.2 Par votre formation et votre fonction de rabbin, vous accordez beaucoup de place à la religion dans votre vie. C'est votre choix que nous respectons. Par les propos de votre texte, vous glissez malheureusement dans une position "idéaliste", celle-là même que vous reprochez aux autres au début de votre 5e paragraphe de votre texte.

J'estime qu'à cause de votre "idéalisme religieux", vous tentez de comprendre le Québec dans son entier avec des oeillères qui vous empêchent de considérer l'ensemble des problèmes socio-politiques caractéristiques du Québec historique et contemporain. Reportez-vous à la citation ci-haut de Guy Rocher qui devrait vous inciter à faire une analyse plus globale et pertinente du Québec.

Revenons à votre principale préoccupation face à la "Charte de la laïcité du Québec", exprimée dans votre 1er paragraphe, soit que vous refusez l'interdiction du port de "symbole religieux dans le secteur public". Vous refusez l'instauration d'un État laïque au Québec. Pour étayer votre argument, vous échafaudez des affirmations gratuites comme: « Ils (les pro-chartes) partent du principe que l'unité est basée sur la similitude...» et « ils voient la religion comme une force menaçante dans le monde...».

Que servirait le fait de noircir Israël et le judaïsme ? Alors, cher rabbin, pourquoi noircir un effort de conscience sociale, exercice accompli en toute transparence tout récemment au Québec ?

LE QUÉBEC CONNAÎT LA "FOI RELIGIEUSE" MALGRÉ UN REFROIDISSEMENT QUI NE SAURAIT DURER

Parlant de foi religieuse, elle se pratique selon deux registres: dans l'intimité de la personne et dans des manifestations publiques. Le projet de "Charte de la laïcité du Québec" ne bannissait pas les manifestations publiques des religions comme la pratique de sa religion dans les lieux de culte au sus et au vu de tous. Il demeure que devant les débordements d'un certain prosélytisme religieux, l'État laïque peut imposer des limites qui favorise une "paix sociale".


Quant à l'aspect personnel et intime de la foi religieuse, une pratique est toujours possible dans le secret de sa maison ou de sa chambre. À ce sujet, nous rappelons ce texte tiré de l'évangile de Matthieu, chapitre 6, verset 6: « Pour toi, quand tu veux prier, entre dans ta chambre la plus retirée, verrouille ta porte et adresse ta prière à ton Père qui est là dans le secret. »

Dit autrement, le port de signes ostentatoires de sa foi religieuse comme une croix chrétienne ou la kippa juive, ou le poignard sikh, ou le voile islamique n'est pas une condition essentielle et obligatoire à la pratique de sa religion.

Pourquoi rejeter toutes les possibilités d'une pratique "discrète" et sincère de sa "foi religieuse" ? Le 30 septembre 2013, le prof Yvan Lamonde posait la question suivante, je cite: « Pourquoi la « visibilité incontournable » des religions « indiscrètes », pourquoi le jusqu’au-boutisme religieux devraient-ils prévaloir dans la société civile, dans l’espace de l’État ? » in: Le Devoir.


LE "QUÉBEC DISTINCT" REPOUSSÉ, IGNORÉ PAR LE CANADA

Vous avez raison de vouloir promouvoir les "relations inter-confessionnelles" et que la diversité doit être respectée. Nous du Québec, nous constatons depuis longtemps que la diversité du Québec pose problème au Canada. Plusieurs lois canadiennes sont faites dans l'exclusion du Québec, cela étant fait sciemment. Le plus bel exemple est le rapatriement unilatéral de la Constitution par Trudeau en 1982. Toutes les provinces anglaises du Canada ont jugé que le consentement du Québec n'était pas essentiel à ce rapatriement de 1982 et que plusieurs droits et libertés étaient introduits comme droits nouveaux en contradiction des lois antérieures.

Le "gouvernement des juges" de la Cour suprême est un autre exemple en lieu et place des droits et obligations des parlementaires élus. Les Juges ne sont pas élus et leur choix relève de l'arbitraire et du bon désir du "prince".

Par votre opposition "globale et sans discernement" au projet de Charte de la laïcité du Québec, vous brisez l'ardoise du Québec, son histoire, ses aspirations sociales très différentes de celles du reste du Canada. Nous Québécois, nous ne pouvons pas marcher dans votre voie à moins de nous renier. Comme pour le peuple juif qui a connu plusieurs exils, sa difficulté a été de ne pas perdre ses "marqueurs identitaires". C'est ce que les Québécois ont tenté avec le projet de loi 60 et ce travail doit continuer et être repris.

POURQUOI PRENEZ-VOUS LE QUÉBEC COMME SOUFFRE-DOULEUR ?

Nous dénonçons votre analyse comme erronée lorsque vous écrivez dans votre 4e paragraphe, je cite: « Alors que la charte n'était pour beaucoup qu'un enjeu politique, d'autres l'ont soutenue parce qu'ils croyaient vraiment que la laïcité pouvait apporter la paix et la tranquillité à la société civile. Ils voient la religion comme une force menaçante dans le monde et la cause de guerres et de conflits. Ils ont donc entrepris de marginaliser la religion dans la charte afin de favoriser une plus grande unité. »

La menace de la religion est votre invention sinon votre interprétation et exprime une généralisation à partir de quelques cas.
 Comme l'a écrit Guy Rocher, sociologue, le projet de "Charte de la laïcité du Québec" n'est pas que politique. Pour qui comprend bien le sens de la laïcité que les Québécois(ES) recherchent, ce n'est pas une laïcité de type athée qui nie la valeur des religions pour les croyants concernés. La liberté religieuse et la liberté de conscience sont balisées dans le domaine public et non marginalisées et la priorité est accordée à l'égalité femme-homme. À l'évidence, les religions gèrent très mal cette recherche d'égalité femme-homme et sous cet angle, ce sont les religions qui se sentent menacées. Pourquoi les religions ne respecteraient-elles pas plus la femme ? Que faut-il aux hommes de religion en autorité pour descendre de leur piedestal ? Autant la religion de Rome, celle de l'islam et la judaïque sont concernées par ce point.

Vous écrivez dans votre 7e paragraphe, je cite: « Sacks appuie fortement l'idée que la diversité doit être respectée pour que les hommes puissent vivre en harmonie...». Mon cher Rabbin, le Québec en Amérique du Nord, après une période d'autarcie relative et d'ultramontanisme est tombé plus récemment dans la potion magique de la "diversité" accentué par une forte immigration. De plus, le Québec est réputé pour être une société plus pacifiste que bien d'autres dans le monde. Cela explique peut-être le fait que vous préférez vivre au Québec qu'ailleurs: bienvenue.

CONCLUSION: REFAIRE VOS DEVOIRS SUR LE QUÉBEC

L'importante leçon pour le Québec que vous mentionnez dans votre 8e paragraphe relève d'une imposture. Comme on dit, "vous auriez pu vous garder une petite gêne !» et présenter plus de reconnaissance envers l'histoire récente de votre société d'accueil qui essaie de démontrer que la démocratie n'est pas morte. Comme le tailleur juif sait le faire, il devrait être possible pour le Québec de se tailler une Constitution sur mesures, différente de celle du Canada.


À titre de conclusion, je retiens cette définition d'un État laïque qui ne devrait pas vous effrayer même si vous devez retirer votre kippa sur la voie publique. Votre geste témoignerait de votre respect envers la différence de votre société d'accueil:


« La laïcité signifie la séparation de l’État et des religions.  Neutre par rapport aux croyances religieuses, l’État laïque protège la libre pratique des religions, y compris celle de n’en pratiquer aucune.  Ne favorisant aucune religion ni aucune croyance, l’État se refuse d’intervenir dans les questions de doctrine confessionnelle et dans les activités religieuses.  En retour, les religions ou les groupes affiliés aux religions ne se mêlent pas des affaires de l’État.» source: Michel Lincourt Ph. D.

31 décembre 2014, Montréal QC


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8 commentaires

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    7 janvier 2015

    Aujourd'hui 7 janvier 2015, la terreur a frappé de nouveau au nom d'Allah. Kalachnikow contre la plume. La France encore victime des kamikazes! N'ont pas besoin d'être nombreux quand la mort est glorifiée. Ici, les chartes canadiennes, le multiculturalisme servent d'abri aux intégristes plus ou moins déclarés.
    Déjà que le Québec est sous la férule d'un Canada unitaire, qualifié de xénophobe dès qu'il proclame sa différence, il devient évident que la prochaine fois qu'il sera en position de voter une loi contre les manifestations religieuses à l'intérieur de l'État... la guerre des invectives racistes et anti-ci ou ça sera déclarée.
    La terreur nous pend au bout du nez à cause de notre tempérament tolérant, dans le plus strict sens du terme. On a toléré les empiétements venus de partout! En apparence élu par nous, le gouvernement provincial accroît notre impuissance... or, nos divisions d'hésitants ont laissé la majorité à cette "minorité" de l'autre langue.

  • François A. Lachapelle Répondre

    6 janvier 2015

    Mes excuses auprès des lecteurs pour les imprécisions historiques dans le 1er paragraphe de la section intitulée: " Biographie révélatrice du rabbin Chaim Steinmetz."
    Ce paragraphe devrait se lire ainsi:
    « Une partie de la réponse est: vous êtes né à Casablanca au Maroc en 1974. Donc, c'est l'excuse de la jeunesse qui s'applique ici alors que vous avez quarante ans présentement. On ne sait trop comment vous avez vécu l'évolution du Québec depuis la "révolution tranquille". Avez-vous vécu l'ébullition du 2e référendum du 30 octobre 1995 ce qui est possible. Vous êtes arrivé à Montréal en 1985 à l'âge de 11 ans. Depuis septembre 1996 à l'âge de 22 ans, vous agissez comme rabbin à Montréal et vous avez reçu votre formation rabbinique à l'université privée Yeshiva de New York
    Merci pour vos commentaires.

  • Archives de Vigile Répondre

    6 janvier 2015

    C'était une réponse rapide rédigée sur ma page facebook à la lecture de l'article, le 24 décembre dernier...

  • Gilles Thouin Répondre

    6 janvier 2015

    Merci monsieur Lachapelle, autant pour la qualité de vos arguments que le ton de votre intervention. Personnellement j'espère que la démarche entreprise sous Bernard Drainville se poursuive et aboutisse à l'adoption d'une charte de la laicité qui confirmera les 3 principes auxquels je crois profondément: 1- Laicité et neutralité de l'état 2- égalité homme femme 3- Français langue commune
    Gilles Thouin

  • Archives de Vigile Répondre

    6 janvier 2015

    "Le désir d’universaliser sa propre vision du monde est la principale cause de conflits politiques".
    Venant d'un Rabbin, cette phrase est au mieux dérangeante, au pire enrageante.
    Le sous-titre devrait plutôt être "Comment emplir un goy comme une outre".
    Quel chutzpah quand même!
    Monsieur Lachapelle, votre patience vous honore.

  • Archives de Vigile Répondre

    5 janvier 2015

    M.Lachapelle,
    Excusez ma méprise, je venais de lire bout-à-bout l'article de m.Barberie-Gervais et la vôtre, il s'agissait bien d'une réponse à votre article et félicitation encore...
    Marcel Boucher

  • François A. Lachapelle Répondre

    5 janvier 2015

    @Marcel Boucher
    Merci de votre commentaire et de votre réception de mon article 5 sur 5. J'aurais aimé que quelqu'un avant moi réponde au rabbin Chaim Steinmetz.
    Le fait que le rabbin campe sa position au premier degré, celui d'une position "religieuse" pour ne pas dire "ultra-religieuse", c'est ce que j'appelle "des oeillères" qui empêchent une juste appréciation de l'ensemble de la réalité comme l'a si bien fait le professeur sociologue Guy Rocher.
    Même si je qualifie la position du rabbin de "méprisante", je ne suis pas agressif pour autant. Je cherche un dialogue franc et non complaisant avec ces "immigrés" qui refusent l'intégration même partielle aux valeurs dominantes du Québec.
    Nous Québécois de souche et néo-Québécois bien intégrés à leur société d'accueil, nous devons dire aux "nouveaux" avec clarté et fermeté qu'ils doivent s'intégrer aux valeurs du Québec même imparfaites ou "partir".

  • Archives de Vigile Répondre

    5 janvier 2015

    M.Barberie-Gervais,
    J'ai lu cet article du Devoir de ce 24 décembre.
    Et depuis, j'en discute avec mon entourage lecteur du Devoir, et personne ne s'était arrêté à cet article.
    Je comprends le délais de votre réponse par la recherche effectuée, et toute les réponses à mon questionnement sont présentes ici.
    Merci pour ce travail, que je recommanderai fortement.
    Marcel Boucher