Vol au-dessus d’un nid de coucous

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« L’indépendance est une cause trop importante pour être laissée entre les mains de cet aréopage de doux rêveurs, d’hurluberlus et de comiques pas drôles. »


Les militants de QS viennent d’adopter leur plan pour nous mener à l’indépendance. Attachez votre ceinture.


Sitôt élu, le gouvernement QS mandate un groupe de citoyens pour consulter le peuple. Ce groupe rédige ensuite une constitution.


Cette constitution est soumise à un référendum. Si le oui gagne, le pays naît. 


Parallèlement, le gouvernement QS aurait posé des gestes unilatéraux de rupture : occupation des installations fédérales, refus de laisser Ottawa collecter ses impôts au Québec, etc. 


Euh...


Est-ce trop demander d’avoir des précisions sur les points suivants ?


1. Qu’arrive-t-il si, lors des consultations populaires en vue de rédiger une constitution, on s’aperçoit que la majorité ne veut pas de la souveraineté ? 


2. Si on rédige une constitution « provinciale », ce n’est pas la souveraineté. Si on rédige une constitution indépendantiste, est-ce qu’on consultait pour faire semblant ?


3. Le droit international est limpide : il n’existe aucun droit à la partition territoriale que pourraient invoquer les Premières Nations. Mais QS laisse entendre que le simple fait de les consulter suffira à les rallier à la démarche. Comment cette magie va-t-elle opérer ?


4. Lors du référendum, que ferait le gouvernement QS pour empêcher Ottawa de rééditer ses tricheries massives de 1995 ?


5. Comment le gouvernement QS fera-t-il concrètement, sitôt élu, pour empêcher les institutions fédérales de fonctionner sur le territoire québécois ? Il enverra la police ? Il dira aux fonctionnaires fédéraux de rester chez eux ?


6. Comment le gouvernement QS fera-t-il pour empêcher les contribuables québécois de remplir leur déclaration de revenus fédérale et la poster ? Il les invitera à un grand boycottage collectif ?


7. Les militants de QS pensent-ils qu’Ottawa se laisserait faire ?


8. Si Ottawa décide de riposter en coupant ses transferts financiers au Québec, on fait quoi ?


9. Et si Ottawa envoie ses forces de l’ordre au Québec, comme en 1970, ou comme l’Espagne l’a fait en Catalogne, en mobilisant des policiers de partout au pays, que fera QS ? Il allumera des bougies et chantera Imagine ?


10. Comment QS pense-t-il que la communauté internationale, dont la reconnaissance est essentielle pour faire naître un nouveau pays, réagirait à ces gestes de rupture ? 


11. De quels alliés QS dispose-t-il hors de nos frontières ? Une jasette avec les Catalans, totalement isolés, serait éclairante. Jacques Parizeau travailla d’arrache-pied pendant des années pour obtenir des appuis internationaux.


12. Quelle serait la monnaie du Québec indépendant de QS ? Quel est le plan financier pour traverser la période de transition ?


Rigueur


Comprenez-moi bien : à ces questions, il existe des réponses sensées et raisonnables si vous excluez la rupture unilatérale.


J’en sais quelque chose. J’ai vu Jacques Parizeau préparer le rendez-vous de 1995 à chaque jour à partir de 1988. Rien n’avait été improvisé, rien n’avait été laissé au hasard.


L’indépendance est une cause trop importante pour être laissée entre les mains de cet aréopage de doux rêveurs, d’hurluberlus et de comiques pas drôles.




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