15 novembre 1976: promesse non tenue

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Le grand peuple est endormi





Le 15 novembre 1976, le PQ prenait le pouvoir pour la première fois.


Une certitude logeait au fond des cœurs: plus tôt que tard, le peuple québécois ferait son indépendance. Enfin. Le plus vieux rêve de notre peuple s’accomplirait.


Les descendants des 60 000 de 1760 devien­draient maîtres chez eux.


Quarante ans et deux référendums plus tard, ce n’est pas arrivé. Et ce n’est pas à la veille d’arriver non plus. Nous sommes passés de la ferveur à la tiédeur.


Défaite


Comment expliquer cette défaite de l’indépendance, que ses militants cherchent à faire survivre dans l’indifférence?


Un peuple n’échoue pas son indépendance sans en payer le prix.


La défaite en 1980 nous a valu une Constitution hostile. Elle s’applique encore à nous, même si nous ne l’avons pas signée.


La défaite de 1995 a ouvert une guerre idéologique contre l’identité québécoise, accusée de racisme.


Ils sont depuis gênés de s’affirmer.


Pourtant, nous ne pouvons renier le rêve du pays. Si nous échouons, nous dispa­raîtrons comme peuple.


Jean-François Lisée disait récemment que le peuple québécois est indestructible.


Il se trompe.


Nous sommes tout sauf indestructibles. Nous sommes une petite nation improbable en Amérique, qui doit faire preuve de vigilance.


Devant le multiculturalisme canadien qui nie notre identité, l’immigration massive qui érode notre poids démographi­que, la puissance impériale de l’anglais qui fragilise notre langue, le peuple québécois pourrait bien s’effacer lentement du globe.


Ce serait la disparition tranquille.


Disparaître


Mais nous ne voulons plus le savoir.


Cela nous obligerait à une réaction vigoureuse. À nous redresser. Alors on chante «ça va bien»!


Il se pourrait bien qu’un jour, le 15 novem­bre 1976 ne nous dise plus rien.


Pour l’instant, le souvenir de cette belle nuit peut encore nous rappeler qu’avant d’être un peuple diminué nous avons cru être quelque chose comme un grand peuple.


Vive l’indépendance!




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