Le désastre multiculturaliste canadien

L'engrenage canadien : multiculturalisme, islam et misogynie

Justin Trudeau doit s'excuser pour sa complaisance envers les pratiques barbares

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Chronique de Me Néron

L’islam voue un culte implacable à la pureté. Pour cette raison, la vie du croyant est consacrée à multiplier des gestes symbolique – et souvent obligatoires – destinés à « séparer » la pureté de l’impureté. Tout défaut en ce sens peut même constituer une omission coupable puisque c’est laisser une possibilité à l’impureté de l’emporter sur la pureté. D’où un rituel maniaque – obsessif et compulsif – destiné à tout séparer, à départager le monde entier sur la base de la pureté et de l’impureté.


En ce sens, l’on retrouve dans le Coran un nombre imposant d’injonctions divines sous forme d’interdits alimentaires, vestimentaires, économiques, esthétiques et même géographiques. Pour se sanctifier – c’est-à-dire pour se garder en état de pureté – le croyant doit, soit multiplier des gestes positifs de purification, soit se tenir en retrait lorsqu’il craint d’être exposé à une source connue de contamination.


Certaines sources d’impureté sont bien connues et faciles à éviter. Par exemple, la viande de porc, la viande de bêtes étouffées, la bière, le vin, et tout aliment fermenté, ce qui inclut le vinaigre, la moutarde et le ketchup. D’où la première règle de purification qui consiste à manger essentiellement hallal. L’adjectif « hallal » en arabe veut dire « licite ».


Toutefois, d’autres sources d’impureté sont si intimement liées à la vie de tous les instants que des risques de contamination sont présents partout et tout le temps. C’est le cas des rapports quotidiens de l’homme avec la femme. Cette dernière est considérée par biens des maniaques de la sainteté comme l’être le plus impur et le plus inquiétant de la création. C’est sans doute par compassion pour les épreuves que subissent quotidiennement les aspirants à la sainteté que Justin Trudeau se refuse de qualifier de « barbares » certaines des coutumes les plus aberrantes imposées aux femmes, soit pour les neutraliser, soit pour contrôler les aspects les plus nocifs de leur conduite.


Le sacré diabolique


L’impureté sacrale de la femme constitue sans doute le sujet le plus compliqué au cœur de l’islam. Comment l’homme peut-il concilier son aspiration légitime à se garder en état de pureté tout en vivant quotidiennement avec la femme dont le sang et les instincts naturels sont si opposés aux exigences d’une vie consacrée à la quête de sainteté ? Il s’agit là d’un combat de tous les instants entre, d’une part, le sacré divin incarné par l’homme et, d’autre part, le sacré diabolique incarné par la femme, pécheresse et délinquante avérée dont le pouvoir de séduction est si souvent utilisé comme arme fatale au service de l’esprit du mal. Heureusement, Dieu – mâle sage et tout puissant – a eu pitié de l’homme, aspirant naturel à la sainteté, tourmenté au plus profond de ses angoisses métaphysiques.


Ainsi, Dieu multiplie dans le Coran les mises en garde sur le danger que représente la femme pour l’homme en quête de sanctification. Par exemple, au verset 15 de la sourate 64, il fait aux hommes une mise en garde des plus inquiétantes sur l’extrême proximité du danger : « Prenez garde ! l’ennemi se cache le plus souvent dans la femme ». En fait, bien des femmes, si elles n’étaient pas ainsi contrôlées par les exhortations de Dieu, n’hésiteraient pas à sacrifier la sainteté de leur mari pour donner la priorité au bien-être de leurs enfants.


La sanctification par des punitions préventives


Pour conforter le croyant dans son combat de tous les instants contre le Mal, Dieu prend la peine de lui rappeler qu’il l’a créé supérieur à la femme et qu’il lui a donné sur elle pleine autorité (4, 35). Il ajoute que le mari, en vertu de cette autorité, a non seulement le droit de réprimander ses femmes, mais celui de les battre et de les reléguer dans des lits à part chaque fois qu’il « craint » la commission de gestes de désobéissance. D’ailleurs, il ne s’agit pas d’une simple discrétion, mais d’un véritable devoir lorsque le mari éprouve des craintes, compte tenu que Dieu s’adresse à lui à l’impératif : « Battez-les ! »


Ainsi, inutile pour le croyant d’attendre la commission d’une désobéissance réelle puisque que le plus petit soupçon lui permet de recourir sur-le-champ à de vigoureuse mesures de dissuasion. Il s’agit bien entendu d’une violence sacrée – sans responsabilité ni culpabilité de la part du mari – compte tenu que ces actes dissuasifs sont obligatoires et conformes à la volonté de Dieu. Bref, un tel mari – loin d’être considéré comme un vulgaire batteur de femmes – doit être honoré comme un fervent et zélé serviteur de Dieu. Ayant sans doute lui-même de nombreux antécédents en semblable matière, Dieu a même fait preuve d’une attention exceptionnelle en se donnant la peine d’expliquer au mari comment s’y prendre pour donner des raclées que l’on pourrait qualifier d’hallales. Il s’agit de se confectionner un fouet avec de petites branches et d’en administrer cent coups, c’est-à-dire de frapper la suspecte sans tenir compte de la gravité de la désobéissance appréhendée (38, 44).


Satisfait de cette preuve d’obéissance tout à fait dans ses goûts, Dieu termine son exposé par un petit mot d’encouragement : « Quel bon serviteur ! » Cependant, la doctrine savante sur le sujet précise – sans doute pour calmer les ardeurs de maris trop zélés – que les raclées en question ne devraient jamais laisser de séquelles permanentes. Voilà donc quelques bons versets qui ne laissent aucun doute que Dieu a une excellente connaissance des mauvaises dispositions de la femme et qu’il sait tout ce qu’il faut pour la mettre à sa place.


Compte tenu que la Constitution de 1982 proclame la suprématie de Dieu et qu’elle garantit la « liberté de conscience », il ne faudra pas se surprendre si la Cour suprême ne découvre un jour une formule astucieuse pour justifier le devoir sacré du mari de mettre sa femme à sa place. Le multiculturalisme n’est-il pas cette nouvelle religion qui nous interdit d’appeler « barbares » des pratiques qui, il n’y a pas si longtemps, étaient considérées par tous comme cruelles et révoltantes ?


La diabolisation du sang des pécheresses


Dieu cultive aussi chez les hommes une peur obsessive du sang de la femme. Donc, pas question de s’approcher d’une impure pendant certaines périodes du mois (2, 222). Toutefois, lorsqu’elle s’est purifiée, le mari peut la combler de bonheur en faisant d’elle son champ de labour : « Labourez votre champ comme vous l’entendez ! » (2, 223) Mais il n’est jamais question de s’enquérir si le champ est disposé à subir les honneurs d’un si joyeux labour. Là encore, on peut anticiper une belle question de multiculturalisme que la Cour suprême aura sans doute un jour à trancher : labourer joyeusement sa femme sans obtenir son consentement constitue-t-il un crime, ou simplement une conduite inacceptable ? Justin Trudeau, lui, semble résolu à banaliser les pires injures faites aux femmes en les considérant comme de simples « conduites inacceptables ». Son relativisme moral promeut une telle ouverture d’esprit qu’il s’interdit le moindre jugement sur des valeurs importées d’ailleurs qui heurtent au plus haut degré nos propres valeurs de civilisation. En fait, il s’agit d’une sorte de révolution des valeurs qui méprise la raison au profit de la toute puissance de la volonté individuelle, et qui méprise le droit au profit d’une subjectivité sans contrainte. Il n’y a plus que le Code criminel pour maintenir le dernier rempart qui sépare l’ordre du chaos social. Compte tenu que tout est permis dans un État post-national, il nous faut fermer les yeux et s’incliner, y compris devant la barbarie et les pratiques les plus scandaleuses.


Pour se faire une idée du genre d’absurdité où peut conduire le culte islamique de la pureté, on n’a qu’à observer certains cas où les interdits vont bien au-delà des commandements de Dieu. En Arabie saoudite, par exemple, les hommes en sont rendus à une telle obsession de l’impureté du sang qu’on installe par-dessus les piscines des moustiquaires pour empêcher qu’un moustique qui aurait tout juste piqué une femme ne vienne compléter son repas en venant se poser sur un homme. Il s’agit là bien entendu d’un autre exemple où la sanctification de l’homme serait gravement mise en danger par la présence d’une femme dans les environs. Mais il y a plus encore.


L’excision des parties « laides et impures » de la femme


Ce dégoût de l’impureté a mené à une pratique de mutilation rituelle qui consiste à exciser « les parties laides et impures » des organes génitaux de la femme. Dieu et le Coran sont muets à ce sujet, mais il y aurait dans le monde près de 140 millions de femmes qui auraient subi ces mutilations, souvent suivies de graves souffrances, d’infections et même de décès. Il y a quelques années, un imam de Montréal avait dit que l’excision rendait les organes génitaux de la femme plus « jolis ». Mais au Canada, Justin Trudeau, qui voue un culte extrême au multiculturalisme et à toutes les pratiques religieuses du monde, refuse obstinément de qualifier de « barbares » cette violence d’une indicible cruauté perpétrée sur des fillettes sans défense, ainsi que les abominables crimes d’honneurs qui consistent à tuer des femmes soupçonnées d’inconduites sexuelles.


Au cours des dernières années, on a recensé au Canada une centaine de meurtres collectifs et prémédités pour laver l’honneur de la famille, et ce, sans compter les innombrables agressions, enlèvements, séquestrations et mariages forcés. Selon notre rêveur post-national, l’ouverture d’esprit qu’exige le multiculturalisme canadien interdit de porter le moindre jugement sur la valeur des coutumes les plus aberrantes qui nous viennent des quatre coins du monde. Justin Trudeau – dont l’étrange jugement nous autorise à nous interroger sur sa capacité de distinguer le rêve de la réalité – nous incite à banaliser les pires horreurs au motif qu’il ne s’agirait que de conduites « inacceptables ». D’une certaine façon, il remet en question les fondements mêmes de notre culture, c.-à-d. de notre capacité à distinguer le vrai du faux, le bien du mal, le beau du laid, le juste de l’injuste.


Mais le mot qu’il choisit pour se justifier est équivoque. L’adjectif « inacceptable » veut dire simplement qu’on ne peut ou ne doit pas accepter quelque chose. Il y a là absence de tout discernement sur la valeur morale des gestes posés. Il n’y aurait donc rien d’intrinsèquement mauvais à mutiler les organes génitaux des petites filles pour favoriser une sanctification fantasmagorique des hommes. En fait, cette pratique est aujourd’hui « acceptable » dans une vingtaine de pays dans le monde, mais pas encore au Canada, tandis que l’usage du mot « barbare » a au moins le mérite de dénoncer au dernier degré des actes d’une cruauté inqualifiable. Alors jusqu’à quelle absurdité nous conduira la foi multiculturelle de Justin Trudeau si rien n’est fait pour calmer son ardeur mystique à mépriser la raison au profit de n’importe quel délire ou utopie ? Voyons à ce sujet la question du niqab.


Les guerrières de Dieu sous le niqab


Le niqab est l’une des tenues rituelles les plus extravagantes jamais imaginées pour protéger la pureté sacrale de l’homme. Ce vêtement rituel n’a nullement été conçu pour protéger la femme d’une impureté qui pourrait la menacer. Tout au contraire !


Il s’agit d’une sorte de linceul qui doit recouvrir le corps en entier, auquel il faut rajouter des gants, et un voile transparent ou des verres fumés pour dissimuler le regard. Cette tenue, qui confond la raison humaine, n’est pas prévue au Coran. Toutefois, certains fanatiques prétendent qu’à l’époque du Prophète les femmes étaient tenues de se couvrir de cette façon. La fonction symbolique de cette extravagance consiste à protéger la sanctification de l’homme de toute souillure susceptible d’exhaler du corps ou des yeux de la femme. Cette protection de la sanctification de l’homme inclut la dissimulation du regard au motif que, d’un simple contact visuel, la femme peut exercer son terrible pouvoir de séduction et entraîner un homme tout droit aux portes de l’enfer. Ce pouvoir est à ce point puissant et malfaisant qu’il est souvent assimilé à du sacré diabolique. Comme Dieu l’a d’ailleurs si bien dit au verset 64, 15 : Ô croyants, prenez garde ! l’ennemi se cache le plus souvent dans la femme.


Cependant, par un curieux revers des choses, ce sont aujourd’hui des guerrières de la mouvance islamiste qui revendiquent le port du niqab comme symbole de rupture avec la décadence morale de l’Occident. Ces guerrières, persuadées que cette décadence annonce la fin d’un ordre de civilisation, y voient les signes eschatologiques de la rédemption du monde, mission fondamentale de l’islam. À cette fin, la violence purificatrice est non seulement jugée légitime, mais essentielle au retour attendu d’un Paradis perdu. Dans ce genre de délire, il n’y a que la violence absolue qui peut changer le Mal en Bien.


En conséquence, le niqab, lorsque porté en Occident, ne sert plus à protéger l’homme de l’impureté de la femme, mais à protéger l’islam de l’impureté de l’Occident. L’enjeu devient alors stratégique. Montées en grade et propulsées comme de véritables martyres sur le chemin de Dieu, ces courageuses guerrières ont le pouvoir de déstabiliser le mécréant et de le faire basculer sur son propre terrain. Ainsi, en octobre 2015, une seule d’entre-elles a été capable de faire déraper complètement le cours de la campagne électorale fédérale.


Femme battue et humiliée chez elle, la guerrière qui poursuit son combat en Occident devient une héroïne, une pionnière qui donne l’exemple en montrant le chemin. Son rôle social et politique se voit métamorphosé. De battue et humiliée, elle devient battante et conquérante. Ainsi, de femme des Ténèbres, la célèbre guerrière de Mississauga est devenue femme des Lumières. Son entêtement fanatique à vouloir mettre les Lois de Dieu au-dessus des Lois du Canada vient d’ouvrir un tout nouveau chapitre dans la lutte de la puissance de la foi contre celle de la raison.


Il n’y a rien de bien rassurant à voir tant de fous à s’exciter sur un même bateau.


Christian Néron


Membre du Barreau du Québec,


Constitutionnaliste,


Historien du droit et des institutions.

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Membre du Barreau du Québec, Constitutionnaliste et Historien du droit et des institutions.





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2 commentaires

  • Frédéric Charest Répondre

    22 janvier 2018

    Excellent article Mr Néron,je ne connaissais pas la notion de raclée et de nourriture "licite".


    Il me semble que nos anglais avec leur immigration de masse appellent du renfort car on est encore là!


    La charte de Trudeau stipule que CANADA est fondé sur des principes (quels sont-ils?) qui "reconnaissent" la suprématie de Dieu et la primauté du droit...ce n'est pas parce que une chose en reconnaît une autre que cela veut dire qu'elle la respecte n'est-ce pas?


    Aussi naguère était enseigné ici au primaire la notion de Dieu le législateur,Dieu autorité suprême.


    Merci encore pour tout!


  • Le Gaïagénaire Répondre

    17 janvier 2018

    L'hétéronomie Vs l'autonomie.