L’uniforme féminin religieux comme manœuvre islamiste

Tribune libre


Cet été, une âpre polémique a secoué la France et par ricochet tout l’Occident à propos du burkini, ce vêtement de bain couvrant tout le corps porté par des femmes musulmanes à la plage ou à la piscine en conformité avec les règles puritaines de leur religion. Le monde entier était déjà envahi dans les rues et les lieux publics par le hijab, le tchador, le niqab ou la burqa, et voilà que les aires de baignade sont maintenant prises d’assaut par cet autre uniforme féminin musulman qu’est le burkini.
Car il s’agit bien dans tous les cas d’un type d’uniforme imposé aux femmes par l’islam radical pour pouvoir circuler dans l’espace public. Certains commentateurs comme Gérard Bouchard (La Presse, 31 août 2016) n’ont voulu voir dans cet accoutrement de bain qu’un simple vêtement n’ayant aucun rapport avec le politique et le religieux, et devant être accepté d’emblée « de manière pacifique, généreuse, respectueuse » puisque le « choix » des femmes en burkini ne « porte[rait] aucunement atteinte au droit d’autrui ». Ce genre d’analyse hautainement magnanime ne s’arrête qu’aux apparences et trahit un aveuglement pernicieux face à ce courant conservateur et intégriste qu’est l’islamisme, du moins une naïveté déconcertante qui augure mal pour la défense des valeurs de l’humanisme moderne. Du point de vue de leur signification et de leur portée, ces uniformes féminins relèvent tous de l’idéologie islamiste qui cherche sans relâche à répandre sa théocratie rigoriste et sexiste.
Les uniformes islamiques (hijab, tchador, niqab, burqa, burkini) sont profondément sexistes. Ils ne doivent être portés que par les femmes, les hommes, eux, ayant toute liberté de se vêtir à leur guise en public. Dans la longue tradition du mythe d’Adam et Ève que reprend l’islam et qui présente la femme comme une pécheresse et une tentatrice, les femmes doivent porter des vêtements qui dissimulent leur corps de la tête aux pieds pour éviter de susciter le désir sexuel chez les hommes et les entraîner dans la concupiscence. Une femme non voilée serait une aguicheuse, une putain. Comment des féministes d’ici peuvent-elles accepter que des femmes soient contraintes à porter de pareils uniformes sexistes ? Comment une journaliste comme Agnès Gruda (La Presse, 17 août 2016) peut-elle défendre le burkini en prétendant que cette tenue de bain, négation même du corps de la femme, constitue une avancée pour les musulmanes qui, grâce à cette tenue « libératrice », pourraient « profiter sans entraves des joies de la plage » ? Décidément, le gauchisme multiculturaliste s’est transformé en islamo-gauchisme et sombre de plus en plus dans l’absurdité et la complaisance servile face à l’islam et à ses pratiques rétrogrades.
À la défense des uniformes islamiques, on brandit souvent l’argument de la liberté individuelle. Comme les femmes musulmanes endosseraient ces vêtements par désir de spiritualité personnelle, leur choix devrait être respecté. Mais rien n’est plus illusoire ! Il n’est nullement question de liberté à propos de ce genre d’uniforme, mais de soumission et de standardisation des femmes. Un uniforme n’est pas un habit choisi par la personne, mais au contraire il est exigé par une norme sociale. Comme tous les autres uniformes, les uniformes islamiques féminins sont des habits dont le port relève de contraintes vestimentaires, imposées ici au nom de préceptes religieux aliénants.
Par ailleurs, les uniformes islamiques, en plus de leur sexisme, comportent une dimension militante, car ils participent à la propagation de l’islam radical. Ils constituent, dans le monde arabo-musulman comme dans les pays occidentaux, des marques de la loi islamique dans l’espace public, voire de plus en plus dans les institutions et les organismes de l’État (pensons à l’autorisation du hijab au sein de la Gendarmerie royale du Canada). Avant les années 1980, le voile islamique n’était pas porté par l’ensemble des femmes musulmanes. Mais avec la montée de l’islamisme (citons entre autres le parti islamo-conservateur d’Erdogan en Turquie, les Frères musulmans en Égypte, les partis intégristes Ennahdha en Tunisie, PJD au Maroc et MRN en Algérie), l’uniforme islamique est maintenant devenu la norme stricte dans la plupart des pays musulmans et se répand de plus en plus dans les pays occidentaux. Consciemment ou non, les musulmanes qui portent un uniforme islamique soutiennent l’islam radical et s’en font le porte-étendard.
Très habile, la manœuvre islamiste réussit à tromper les sociétés occidentales en vue de leur faire accepter et même intégrer les symboles de l’islam radical. Pour parvenir à instaurer leur modèle politico-religieux, les islamistes exploitent au maximum, de façon pernicieuse, les lois des sociétés occidentales protégeant les droits et libertés de la personne, en se servant des femmes comme paravent victimaire. Les musulmanes affichant les uniformes islamiques sont vues par nombre de bien-pensants occidentaux comme les membres d’une pauvre minorité susceptible d’être discriminée. Quand elles sont critiquées pour leur tenue vestimentaire, tout de suite ces bien-pensants crient à l’islamophobie et invoquent les libertés individuelles pour les défendre, en faisant abstraction cependant du sexisme à l’origine de leurs uniformes islamiques. Par un perfide renversement de statut, les musulmanes cessent ainsi d’être les victimes du machisme islamique pour devenir les fausses victimes des sociétés occidentales modernes accusées mensongèrement de racisme, alors que, paradoxalement, les modes de vie de ces sociétés et les valeurs sur lesquelles elles reposent pourraient permettre à ces femmes musulmanes de se libérer.
Il est déplorable que les tenants et aboutissants des uniformes islamiques ne soient pas mieux perçus et surtout dénoncés. L’aveuglement qui sévit actuellement au sein d’une bonne partie de nos classes politique, médiatique et intellectuelle nous conduira irrémédiablement à une islamisation croissante de notre pays et aux régressions sociales qui en découleront.
Note. Claude Simard l'auteur de « L’islam dévoilé » aux éditions Dialogue Nord-Sud.
Note.


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1 commentaire

  • François A. Lachapelle Répondre

    11 septembre 2016

    Votre titre Claude Simard est très bien choisi, je cite: " L'uniforme féminin religieux comme manoeuvre islamiste ".
    L'uniforme quelqu'il soit porte toujours un sens, un message. Prenons les pantalons de couleur camouflage des policiers de Montréal porte un message.
    Distinguons le port d'un uniforme entre deux domaines dans notre société: le domaine privé d'une part et le domaine public d'autre part.
    Le domaine privé inclut le domaine commercial,le domaine professionnel et le domaine religieux. Ici on pense au boulanger dans sa boulegerie, au dentiste dans son cabinet, au chirurgien dans son bloc opératoire et au ministre du culte qui officie dans son église. Il existe beaucoup d'uniformes dans les domaines privés.
    Le domaine public d'autre part a ses caractéristiques dont celui d'être régulé par les lois de l'État pour le maintien de la paix publique basée sur une fraternité élémentaire: respecter son voisin, ne pas user de violence dans ses rapports inter-personnes, respect des lois communes comme les feux rouges, les terrains privés réglementés par un plan nommé cadastre, les portes barrées des résidences. Résumons: ne pas tuer, ne pas voler, ne pas agresser.
    Il faut bien se poser la question de la pertinence des vêtements normés par la religion musulmane dans les lieux publics au Québec.
    On peut tolérer tous ses vêtements sous prétexte de non intervention en poussant à l'extrême l'individualisme. Cela cache une paresse et une peur. La contre-partie à notre indifférence, c'est tout le contraire que gagnent les islamistes sur le terrain du domaine public. C'est la terre d'Allah qui progresse chez les infidèles. Cette tolérance au Québec n'a pas de réciprocité; la récolte est le communautarisme, l'exclusion volontaire et entretenue par les plus prosélytes de ces groupes, encouragés par les organismes privés (les professionnels de l'immigration, conseillers et avocats) et par les subventions publiques pour adoucir les efforts inévitables d'intégration qui sont sans cesse repoussés à la 2e et 3e génération.
    Si Gérard Bouchard tolère tous les uniformes religieux islamistes, cela se passe dans sa tête de saguenéen. Il ne les voit pas comme moi à Montréal. Les musulmans représentent en ce moment sur l'Île de Montréal près de 10% de la population et ça paraît au quotidien même si ce n'est pas toutes les femmes musulmanes d'âge pubère qui porte un vêtement religieux dans le domaine public.
    Indubitablement, le prosélytisme est à l'oeuvre dans l'expansion du port de vêtement religieux au Québec parce que les Québécois n'ont pas les lois pour les aider à dire qu'il est possible d'être musulman sans s'habiller de façon ostentatoire sur la place publique. Le prof Lamonde de McGill parle des "religions indiscrètes".
    Les catholiques se souviennent qu'il est écrit dans l'évangile: si tu veux prier, retire-toi dans ta chambre. L'islam au Québec pourrait très bien exister mais comme religion discrète. Pourquoi les musulmans ne le font-ils pas ? Il faut leur demander. Comme dans le cas de Gérard Bouchard, leur a-t-il demandé de pratiquer "une religion discrète" sur la place publique ? Réponse SVP.