«Crise sans précédent» à Montréal: Marois réclame une enquête

Corruption politique



Pour la chef péquiste Pauline Marois, Montréal «traverse une crise sans précédent, une crise de confiance de gouvernance qui ne peut perdurer».
Photo: Sylvain Mayer, PC


Denis Lessard La Presse (Québec) - La métropole du Québec traverse une crise tout à fait sans précédent, et le gouvernement devrait immédiatement enclencher l'enquête publique que réclamait la Ville il y a 16 mois, estime Pauline Marois.
Les problèmes de gouvernance à Montréal ont surgi à la période des questions mardi. Pour Mme Marois, Montréal «traverse une crise sans précédent, une crise de confiance de gouvernance qui ne peut perdurer».
Or, l'administration Tremblay avait l'an dernier exhorté Québec à déclencher l'enquête publique sur la construction, «c'était un véritable appel à l'aide, au secours!» de soutenir la chef péquiste.
«Cela prend une commission indépendante à Montréal. Une commission d'enquête permettrait de faire la lumière, d'assainir le climat, à Montréal, mais aussi à Terrebonne, Mascouche et Saint-Jérome. Combien de crises municipales vous faut-il encore?» a soutenu Mme Marois.
Pour l'adéquiste Sylvie Roy, la lecture de La Presse ce matin laissait tout le monde stupéfait : «on pense à un scénario des Sopranos» a-t-elle lancé, «Cela fait deux ans qu'on assiste à un feuilleton qui dégoute les Québécois!» a-t-elle avancé, soutenant que Québec se trouvait devant un «Montréal Gate» similaire au scandale qui avait forcé la démission de Richard Nixon, au début des années 1970.
Le premier ministre Chares voulait clairement garder ses distances. Il a répété les précisions faites plus tôt par son ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard. «Le gouvernement a déjà fait des interventions auprès de la Ville suite à des allégations à l'effet qu'il y avait eu un contrôle des courriels.
La question est de savoir si le ministère des Affaires municipales avait autorisé... La réponse est non», a soutenu M. Charest.
Pour l'adéquiste Sylvie Roy, Québec doit intervenir si comme l'a indiqué le ministre Lessard, il est illégal d'épier les courriels des élus. Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil a aussi rappelé qu'un mandat était normalement nécessaire pour ouvrir ces courriels, et qu'à sa connaissance jamais un tel mandat n'avait été accordé.
Pour le ministre Lessard, depuis le 22 mars, Montréal a en main sa demande pour obtenir ses conclusions sur le contenu des courriels ouverts. À compter de ce moment, la Ville doit mettre en place des «mécanismes (pour éviter que cela ne se reproduise). Il y a des gestes à faire, cela se passe à l'Hôtel de Ville» a-t-il dit.
«La confidentialité des communications des élus est un principe de base en démocratie et doit être respectée», a insisté M. Lessard.
Le député péquiste de Verchères, Stéphane Bergeron a relevé les révélations de La Presse sur l'enquête menée sur l'ex-directeur de la police de Montréal, Yvan Delorme qui avait pris sa retraite à 47 ans, quelques semaines après avoir négocié et signé un nouveau contrat.
Il entretenait des liens avec Luigi Corretti le patron de BCIA, a rappelé M. Bergeron. Nommé par le conseil des ministres le 31 mars 2010, il démissionnait deux semaines plus tard, presque au même moment que l'ex-ministre Tony Tomassi, lui aussi éclaboussé par les problèmes de BCIA, observe M. Bergeron.
Pour Robert Dutil, les chefs de police de Montréal sont nommés par le conseil des ministres, mais après la tenue d'un concours encadré par la Ville de Montréal, «Ils font un tri exhaustif des candidatures, avant que les candidats soient soumis au conseil des ministres, la vérification a été faite pour que ce soit conforme à toutes nos normes», a expliqué M. Dutil.
Il a refusé de préciser si la SQ enquêtait sur les gestes de M. Delorme ou de Claude Dauphin, pointé du doigt lundi par le maire Tremblay.


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