Élection partielle de Rivière-du-Loup - Une leçon méritée

Élections partielles - Rivière-du-Loup - Marguerite-Bourgeoys

Fort d'avoir retrouvé son statut d'opposition officielle, le Parti québécois a su depuis l'élection de décembre dernier imposer son rythme aux débats politiques. Après avoir réussi à garder le gouvernement Charest sur la défensive à l'Assemblée nationale, il espérait pouvoir le pousser dans les câbles à l'occasion des élections partielles. Mais lundi soir, son élan est venu se briser sur les récifs de Rivière-du-Loup. Pourquoi?
La chef péquiste faisait hier contre mauvaise fortune bon coeur, rappelant que son parti avait terminé troisième aux quatre dernières élections dans ce qui était le fief du chef de l'Action démocratique, Mario Dumont. Malgré cela, il y avait lieu de croire, et elle y a cru, que l'électorat de ce comté à 99,7 % francophone, qui vote Bloc québécois au fédéral depuis 1993, allait élire tout naturellement son candidat, qui allait être le député bloquiste Paul Crête. Comme il arrive souvent au PQ, on a sous-estimé les forces de l'adversaire et surestimé les siennes.
Combatif, le PQ ne l'avait pas été autant depuis bien longtemps. L'élection de 51 députés le 8 décembre lui a fait oublier l'humiliation subie en 2007 alors qu'il devenait troisième parti. Résultat, la députation péquiste a mis constamment ces derniers mois le gouvernement sur la sellette tant sur les questions de finances publiques, d'économie que de santé. Dans la foulée de ces succès, Pauline Marois a cru venu le moment d'asseoir son parti comme le seul authentique défenseur des intérêts du Québec face à Ottawa. Lancée juste avant les partielles, sa politique de gouvernance autonomiste était destinée à séduire l'électorat autonomiste de l'ADQ et à rassurer les militants péquistes quant à la volonté du parti de réanimer le débat sur la souveraineté.
Son erreur fut de croire les Québécois prêts à ce débat. Même s'ils demeurent dans une forte proportion souverainistes, les électeurs de Rivière-du-Loup, comme l'ensemble des Québécois, ne sont pas d'humeur dans le contexte économique actuel à revivre les tensions constitutionnelles. L'idée évoquée par Mme Marois, et reprise par Jacques Parizeau, de référendums sectoriels a donné du grain à moudre aux libéraux.
Une autre erreur fut de croire que sur le plan des finances publiques et de la gestion de la récession, le gouvernement Charest avait tout faux. Si les pertes colossales de la Caisse de dépôt et placement ont eu un impact majeur dans la campagne électorale de l'automne dernier, le jugement des électeurs se fait plus nuancé. Le temps avançant, ils constatent que le Québec se tire mieux que l'Ontario de la récession. Le choix de l'économiste Clément Gignac comme candidat libéral dans Marguerite-Bourgeoys manifestait la volonté du premier ministre Jean Charest de se consacrer à ce qu'il dit être l'essentiel dans le temps présent.
Aujourd'hui, Pauline Marois se fait modeste devant cette défaite dont il lui reste à tirer les leçons, la première étant de cesser de miser sur la faiblesse de l'adversaire pour gagner. Si cela n'a pas fonctionné le 8 décembre ni cette semaine, ce doit être signe que le Parti québécois est en soi une partie du problème. Est-ce le programme? Est-ce le chef? La question est d'ailleurs posée par certains militants qui, comme le député François Legault, commencent à mettre en cause tout au moins certaines politiques du parti. La bonne nouvelle est qu'il reste suffisamment de temps avant les prochaines élections pour trouver des réponses... pour peu qu'on veuille les trouver.


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