Éthique et propagande religieuse

93a4e5ee5933f8fa968b32de541aa6aa

Abolir le cours ECR, une priorité politique pour sauver la jeunesse de l'endoctrinement au multiculturalisme canadien

Comme chaque rentrée, je feuillette les livres de mon fils, par curiosité,  pour voir la matière qu’il va étudier pendant l’année. Chaque fois, ses livres de ECR me découragent.


Mais cette année, j’ai frappé le gros lot. Jamais vu un tel ramassis d’endoctrinement dans un seul ouvrage.


Le pire exemple : dans une mise en situation intitulée « La collation », on rencontre Kamila et Laurence. Le ventre de Kamila gargouille et Laurence lui propose de partager sa collation. Kamila refuse. « Je ne mange pas parce que c’est le ramadan » explique Kamila. Pendant un mois, il est interdit de manger pendant la journée, il faut attendre le coucher du soleil. Quand Laurence apprend que le ramadan dure un mois, elle s’écrie : « C’est terrible. Tes parents t’imposent cela ? Moi, je t’assure que personne ne pourrait m’obliger à faire une chose pareille ».


Et Kamila lui répond : « Ne t’inquiète pas. Je le fais au nom de ma foi et je suis très heureuse de le faire. »


On nous prend pour qui ? Qu’une ado parle de sa foi et affirme que cela la rend heureuse de jeûner alors qu’elle est en pleine croissance, on veut faire croire aux enfants que c’est normal, anodin ? Il y a des enfants allergiques au gluten et d’autres qui jeûnent pendant un mois à cause de « leur foi » ?


Mais attendez, ce n’est pas tout. Les élèves doivent répondre à un certain nombre de questions, après avoir lu l’histoire de la collation.


« La réaction de Laurence à l’égard de la diversité est-elle appropriée ? ».


Tu parles d’une question piège !


C’est approprié ou pas de critiquer une religion (ou une manifestation d’une religion) ?


Imaginez un enfant qui déclare que la réaction de Laurence est tout à fait appropriée et qu’elle aurait même pu aller plus loin ?


Comment sa réponse sera-t-elle vue par le bienveillant prof d’ECR ?


Et pourquoi établit-on une équation entre diversité et religion ? On peut très bien être en faveur de la diversité mais trouver que les religions sont ridicules ou critiquables.


Si on critique la pratique de priver des enfants de nourriture on est anti-diversité culturelle ?


Ces méthodes sont pernicieuses, insidieuses. Elles instillent dans l’esprit des enfants cette idée que ce n’est pas bien de juger, qu’il faut tout banaliser.


Désolée, mais je revendique le droit pour mon enfant de développer son jugement critique envers une idéologie.


Je revendique le droit, comme parent, de trouver que priver un enfant de nourriture au nom de nos croyances, c’est dangereux.


Je revendique le droit de dire que ces cours d’ÉCR sont moralisateurs, gnan gnan.


Et une dernière chose. Les cours d’ECR sont supposés améliorer le vivre-ensemble. Mais en désignant les enfants selon leur foi, n’est-on pas exactement en train de faire le contraire ?


Quand un enfant va à l’école, il côtoie d’autres enfants, au-delà des étiquettes. Il est ami avec Rachid, Sarah, Jean-Kevin ou Clémentine. Pas « un musulman », « une juive», « un scientologue » ou « un témoin de Jéhovah ».


La religion de ses parents ne définit pas l’identité d’un enfant.


C’est le principe même de la laïcité : les enfants sont des citoyens d’abord et avant tout, pas des représentants d’une communauté religieuse.