The Gazette et le rencensement

Le triomphalisme sournois de The Gazette

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Langue française


Quand le gouvernement Harper a chambardé la façon de questionner les citoyens en fonction du recensement de 2011 ont vivement protesté une majorité de spécialistes en la matière. Charles Castonguay était du nombre. Il a qualifié le 24 octobre de «folle journée». Tout au long de sa brillante carrière, ce professeur de l’université d’Ottawa à la retraite a su mettre en chiffres et en tableaux le continuel déclin du français au Canada. Mais également, et surtout, au Québec.
Des données de la folle journée, il a dit qu’il aurait valu « mieux s’en tenir aux tendances qui se dégagent de la comparaison des données des recensements de 2001 et de 2006, obtenues au moyen d’un module de questions linguistiques inchangées.» (L’Aut’journal, 26 octobre)
Le journal The Gazette n’a aucunement tenu compte des observations de ce rigoureux chercheur. De l’avis de sa direction, le 24 octobre n’était définitivement pas une folle journée puisqu’elle en a profité pour mobiliser tout son monde afin d’analyser, décortiquer et commenter les données du recensement 2011 publiées en cette journée folle par Statistique Canada.

Vive la mixité linguistique
C’est donc dès le 25 que l’on décide de frapper fort avec deux gros titres à la une : We’re mixing it up et Montreal mélange of languages. Sous cette très franglaise seconde manchette, on nous dit que la mixité linguistique a envahi le quart des chaumières de Montréal et de Laval puisqu’on y utilise plus d’une langue à la maison.
C’est la journaliste Marian Scott qui a l’honneur de débuter le long train de 14 articles qui s’étaleront sur six pages. La locomotive Scott démarre avec deux textes. Le premier : StatsCan language terms changing, est un quasi copier-coller d’un texte du 23 où deux spécialistes affirmaient que l’expression « les deux solitudes» ne veut plus rien dire. Pas plus d’ailleurs que, du moins pour Statistique Canada, n’ont maintenant de sens les termes anglophones, francophone et allophones.
« De nos jours, explique Patricia Lamarre, nos jeunes se rendent au bureau des passeports, remplissent les formulaires en français, en sortent avec quelques uns de leurs amis tous trilingues. Et en rejoignent d’autres dans un bar du boulevard Saint-Laurent où les échanges passent continuellement de l’anglais au français.»
Même discours le 25 dans City’s variety of languages widening où Marian Scott écrit que, dans le nouveau Montréal, on jongle indifféremment entre l’anglais, le français et les autres langues. Une macédoine linguistique qui a maintenant bon goût à Laval.
Scott entrecoupe sa prose avec des données comparatives entre les recensements de 2001, 2006 sans en aucun temps faire mention des réserves de Charles Castonguay. Des données comparatives comme : à Laval seulement, la part de gens dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais est passé de 19% en 2001, à 25% en 2006, puis à 29% en 2011.
Un nombre grandissant de ceux qu’il est prétendument inapproprié d’appeler « allophones » utilisent maintenant le français à la maison. Des réponses découlant de la question suivante : des deux langues officielles, laquelle parlez-vous quelques fois ou tout le temps à la maison? 34,7% de ces « allophones » avaient répondu le français en 2001. Le nombre grimpe à 38,6 en 2006, puis à 40% en 2011. Faisons ici une fort pertinente observation. L’augmentation de l’usage du français comme langue seconde à la maison peut simplement représenter une phase transitoire vers un transfert linguistique vers l’anglais. Cette hypothèse est corroborée par le fait qu’en 2011, la population montréalaise ayant l’anglais comme langue « principale » d’usage à la maison était de 40% plus élevée que celle de langue maternelle anglaise. Globalement, l’anglais continue à exercer un pouvoir d’attraction qui est plus de 5,5 fois à celui du français. L’augmentation du bilinguisme à la maison reflète donc fréquemment une phase de transition vers l’usage de l’anglais. De telles préoccupations, Scott n’en a cure.
Du moins, elle n’en parle pas et préfère questionner Jean-Pierre Corbeil. Elle demande à ce spécialiste en chef de Statistique Canada quoi répondre aux activistes de la langue qui s’alarment du fait que le français comme langue maternelle est passé de 49,8% en 2006 à 48,5% en 2011. Corbeil lui répond que ces activistes oublient de tenir compte que la population anglophone est concentrée dans l’ouest de l’île, tandis que les francophones ont tendance à s’établir en lointaine périphérie. Il semble oublié que le français comme langue parlée à la maison poursuit son déclin relatif. En 2011, pour l’ensemble du Québec, il atteint maintenant 81,2% de la population, contre 81,8% en 2006. En 2001, le chiffre était de 83,1%. La population anglophone est quant à elle relativement stable (10,7% en 2011 contre 10,6 en 2006).
Et notre bonne vielle Gazette? Elle n’est pas activiste?
En page A6, on nous apprend que, outre le français et l’anglais, la langue la plus parlée au Québec est l’arabe. Ils sont 149 140 la parlant par rapport à 118,305 parlant l’espagnol et 117,550 l’italien. Cela reflète le fait que les différents gouvernements du Québec ont favorisé l’immigration de gens venant du Maghreb étant donné que, dans ces pays, le français y est la langue la plus parlée après l’arabe.
Ce qui est ici intéressant, c’est que la journaliste Katherine Wilton marginalise cet important rôle du Québec dans son texte : Middle Eastern newcomers call St-Laurent Home.
Pour Wilton, il devient plus que secondaire de parler de la population maghrébine installée au Québec grâce à la politique d’immigration du Québec. Elle transforme tout ce beau monde en « nouveaux-venus provenant du Moyen-Orient ». Ou, tout bonnement, elle les englobe sous le grand mot générique d’«Arabes». Elle donne ainsi un important rôle au gouvernement canadien. Il les a fait entrer au Canada en tant que réfugiés. Pour ensuite signaler que ces « réfugiés politiques » ont choisi d’élever leur famille dans un « quartier multiethnique », ce grand Saint-Laurent encerclant maintenant le petit camp des « Gaulois » retranchés autour des rues Du Collège et De l’Église.
Ce qu’en aucun temps ne signalerait Wilton est le flirt intensif que fait constamment son journal auprès de cette communauté arabophone devenue si imposante. Un flirt intensif qui se doit de passer par le dénigrement de la société d’accueil. Et le grand maître es-dénigrement reste toujours Don Macpherson, lui qui ne ratait jamais une occasion en août dernier pour pointer du doigt Pauline Marois, l’accusant de xénophobie, sinon de racisme, du seul fait que sa plateforme électorale contenait un resserrement de la loi 101. Plus une charte de laïcité.
Et qu’écrit Macpherson de la folle journée? Le titre de sa chronique du 25 parle par lui-même : PQ’s arguments for a “new Bill 101” fall flat. Donc, pas besoin d’une nouvelle loi 101 puisque le recensement 2011 nous démontre que l’actuelle est si bonne. Et si efficace.
En ce temps où on nous chante que les deux solitudes ont disparu, Macpherson interpelle ceux que continuellement il qualifie d’ «anti-English language hawks ». Ceux-ci, clame-t-il, semblent ignorer que l’hôtel de ville de Montréal est plus proche en distance et en temps de parcourt de la ville de Longueuil que d’un Dorval où débute le West-Island. Notre démagogue compare une ville où il y a diversité d’opinions politiques avec un grand pan de l’ile de Montréal où on vote massivement libéral peu importe le haut degré de gangrène affectant ce parti. “ Because we’re so afraid of the separatists”.
Une sournoise comparaison
Macpherson insinue donc qu’avec ses 77% de personnes ne parlant que le français, Longueuil se compare assez bien avec l’ouest de l’île.
Encore une fois, il faut bien se rendre compte que nous avons été un peuple conquis. Et que, d’une certaine manière, nous le sommes encore. Les Anglo-Québécois se sont, en plus grand nombre que les francophones, installés dans la région montréalaise où les infrastructures routières et ferroviaires étaient les plus efficientes.
Notre infériorité économique passée - et même actuelle - a fait que les parlants anglais ont toujours été plus nombreux à s’installer dans ce West-Island béni des dieux avec ses deux magnifiques lacs mouillant ses berges. Leur nombre a considérablement augmenté avec l’afflux d’immigrants venant des pays du Commonwealth où la langue anglaise était l’idiome de l’ex-pays colonisateur. Et c’est au moment où le Québec sortait de sa longue léthargie que le multiculturalisme à la sauce Trudeau est devenu la façon naturelle d’appréhender le monde, à Pierrefonds comme à DIDIO (Dollard-des-Ormeaux).
Si jamais Jean-François Lisée décidait d’accorder des incitatifs fiscaux à des « Québécois francophones de souche » (dixit Gérard Bouchard) afin qu’ils décident de déménager dans ce beau coin de pays, certaines personnes devraient les aviser qu’il y a grand risque à déployer un fleur-de-lysée devant sa porte. Gare aux graffitis.
Un grand tout multiethnique et multilingue
Mais ce que Macpherson et autres journalistes cherchent à démontrer dans la Gazette de ce jeudi 25 octobre, c’est que cette loi 101, si honnie auparavant, est maintenant devenue très acceptable. Et même honorable. Imaginez : elle a permis à Montréal de devenir un modèle de bilinguisme bien que les nouvelles données, si peu fiables soient-elles, confirment un déclin rapide du français à Montréal, comme dans l’ensemble du Québec à moyen terme. Les journalistes et chroniqueurs de The Gazette crient Hourra!
L’éditorial de ce 25 octobre, The census is good news, in French or English, sonne la trompette du triomphalisme. Tellement heureux que, malgré les différents gouvernements québécois qui s’échinent à vouloir que le français devienne la langue commune des Québécois, le bilinguisme, voire le trilinguisme, règne en maître à Montréal.
Le bilinguisme institutionnel est un phénomène qui, à terme, mènera tout droit vers une certaine forme de louisianisation du Québec. Quand, deux langues se font concurrence sur un territoire donné, l’une finit toujours par l’emporter sur l’autre. Et le West-Island est un microcosme de ce fait très éprouvé.
Les nouveaux arrivants ont sûrement déjà compris. À Montréal comme à Laval, si on veut gagner honorablement sa vie, vaut mieux bien apprendre la langue de Shakespeare. Si rien ne change, si The Gazette réussissait son travail de sape, c’est toute la politique d’immigration de nos successifs gouvernements qui volera en éclats.
La meilleure façon de permettre au Québec de rester dans le monde un glorieux exemple de multilinguisme individuel serait qu’il devienne un pays. En attendant, cela passe par l’élargissement de la loi 101 aux cégeps.
Même avec ça, l’anglais ne sera pas plus en danger qu’il ne l’est aujourd’hui. Il y aura toujours de très musicaux et populaires Simple Plan émergeant tout droit de nos cégeps. De nos cégeps français,



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9 commentaires

  • Jean Archambault Répondre

    28 février 2013

    Vous avez parfaitement raison, Montréal s'anglicise.
    La langue française est en danger à Montréal. Seules des modifications majeures peuvent freiner l’anglicisation de Montréal. La langue française doit devenir la langue commune de tous les Québécois et aussi des Montréalais.
    Sur l'Île de Montréal, entre 2001 et 2011, la proportion de personnes qui utilisaient le plus souvent le français à la maison passe de 63,8 % à 54,3 %. Durant cette même période, la proportion de personnes qui utilisaient le plus souvent l’anglais augmente de 22,5 % à 25,3%.
    En outre, en ce qui concerne la ville de Montréal, entre 2001 et 2011, la proportion de personnes qui utilisaient le plus souvent le français à la maison baisse de 69,8 % à 58,9 %. Durant cette même période, la proportion de personnes qui utilisaient le plus souvent l’anglais à la maison augmentait de 16 % à 19,9 %.

    Par conséquent, il est faux de prétendre que sur l’Île de Montréal, le français et l’anglais utilisés le plus souvent à la maison baissent au profit des autres langues. En dix ans, la part du français à la maison baisse de 9,5 % alors que l’anglais à la maison augmente de 2,8 %.
    C'est un situation similaire à Montréal: la proportion de personnes qui utilisaient le plus souvent le français à la maison baisse de 10,9 % alors que l’anglais à la maison augmente de 3,9 %.
    Voilà les vrais chiffres; The Gazette est un activiste de la langue anglaise au même au titre que Quebec Commnunity Groups Network. Le Devoir est bien timide dans ce domaine.

  • Archives de Vigile Répondre

    9 janvier 2013


    Merci monsieur Chagnon. N'oublions pas que Saint Augustin était Berbère.
    JRMS

  • Archives de Vigile Répondre

    9 janvier 2013

    Je suis tout-à-fait d'accord avec vous, monsieur Sauvé, qui me faite l'honneur d'intervenir ici. Les immigrants venant du Maghreb, q'ils soient berbères ou arabes, sont parmi ceux qui ont le plus de chances de s'intégrer harmonieusement à la société québécoise.
    Il viennent de pays comme la Tunisie, le Maroc et l'Égypte où la printemps arabe va finir par aboutir à une évolution de ces sociétés maghrébines vers un nouvel âge des Lumières. Je suis confiant. Je ne crois personnelement pas que les courants islamistes, tout modérés qu'ils se disent, vont avoir le dessus sur cette véritable révolution des moeurs en train de se produire dans ces pays d'Afrique du Nord.
    Avec sa politique d'immigration favorisant l'implantation chez-nous de gens venant de ce coin de continent,une interaction positive entre nous et eux ne peut que favoriser un commun /panouissemenbt socio-culturel.
    Pour cela, il faut établir à tout prix une règle précise de vivre en commun. Une charte de laïcité, quoi qu'en dise Don Macpherson, reste une excellante façon pour le Québec de manifester sa modernité. Et d'également manifester l'importance que nous donnons à l'égalité entre hommes et femmes.
    Il faut également souhaiter que nos corps corporatifs assouplissent leur règles pour que les gens venant de ces pays pour cessent de trop souvent se retrouver chauffeurs de taxi ou préposés à l'entetien d'édifices alors qu'ils et elles sont bardés de diplômes.
    Mes salutations distinguées à vous, monsieur Sauvé.
    Claude G. Charron

  • Archives de Vigile Répondre

    8 janvier 2013


    Les maghrébins ne vienent pas du Moyen Orient mais
    d'Afrique du Nord. Une proportion élevée vient de Kabylie, les Kabyles étant apparentés aux Basques des
    Pyrénées, à l'exception de la religion. Les Basques sont
    catholiques et les Kabyles musulmans.
    Outre l'arabe, l'Afrique du Nord est définitivement de
    langue française, ayant été dominée par la France coloniale, qui cherche maintenant à rétablir des liens avec ses anciennes colonies.
    De plus, l'Afrique du Nord est dominée par des Berbères, qui ne sont pas des Arabes mais des Caucasiens.
    C'est un avantage pour le Québec que ces gens immigrent chez nous.
    JRMS

  • Archives de Vigile Répondre

    8 janvier 2013

    Le guerre linguistique n'est qu'un aspect de la guerre à la justice socio-économique que semblent malheureusement livrer les élites politiques et économiques contre le peuple.
    En réalité, le fond de l'histoire est toujours cette lutte incessante des élites contre l'avènement d'une certaine forme de société, une société dans laquelle l'être humain et ses besoins seraient la priorité.

  • Archives de Vigile Répondre

    8 janvier 2013

    Réplique à Alain Maronani,
    Je ne vois pas en quoi la conclusion de mon texte "est un peu courte". Ce n'est pas pour rien que cette conclusion se termine avec l'exemple du groupe musical Simple Plan dont tous les membres ont fréquenté le même cégep franco, ce qui ne lea a pas empêché de connaître un vif succès au Japon avant même d'être devenus des vedettes au Québec.
    Dans les années cinquante, j'ai appris l'électronique à l'École technique de Montréal. Tous les livres étaient en anglais, mais les professeurs nous donnaient leur enseignement en français. Sitôt gradués, presque tous parmi nous avons eu à nous débrouiller en anglais pour performer dans chacune de nos professions respectives.
    Pourquoi donc le gouvernement du Québec devrait dans un proche avenir ouvrir de nouveaux cégeps avec enseignement se donnant en anglais car c'est bien cela qui risque d'advenir avec les Néo-Québécois qui, devenant plus riches, iront s'établir en prériphérie de Montréal? Allons-nous, ici même au Québec, continuer à oeuvrer à notre propre minorisation ?
    Claude G. Charron

  • Archives de Vigile Répondre

    7 janvier 2013

    Pff Encore l'éternel combat des impuissant!
    En tout premier lieu, si c'est si important pour le Québec d'obtenir ces statistiques tronquées du Canada? Pourquoi est-ce que nous ne ferions pas ze recensement adhéquat avec notre institut de statistique.. Réveillez-vous les dépendants!! Allo..... ya quelqu'un à la maison?
    Ensuite tout ce débat défaitiste sur la menace de l'anglais, quelle sinistre farce pour ne pas avoir le courage de discuter du véritable enjeux déterminant pour notre avenir, l'indépendance du Québec. Dans cette histoire les hypocrites du Dominion of Canada ont le beau jeu pour aglomérer minorités ethniques et leur combat de majoritaire pour amoindrir et effacer ce qui reste de québécois.
    Grouillez-vous le cul diantre et cessez de pleurnicher.
    p.s. Quant au lingua franca internationale, ce que l'histoire nous raconte c'est que quelque soit la langue qui domine pour un temps, ce n'est jamais que passager, l'important pour nous québécois est de rester nous même et authentique pour bien nous adapter peut importe ce qui se présente.
    p.p.s. On fait grand cas de l'anglais ici pour deux raisons, l'occupation de notre pays par les prédateurs monarcho-libéraux et la proximité des marchés étasuniens, tout autre prétexte à cette domination est falacieuse et erronée.
    p.p.p.s. Mais c'est quand que le Québec va se positionner dans la francophonie comme le cousin décoincé pour plus de 300 millions d'individu, ou il fait bon faire des affaires, étudiers et prospérer?
    p.p.p.p.s C'est pas demain la veille, quand les deux sports que l'on pratique c'est le hockey à la hooligans et évitez de s'attaquer aux vraies solutions en prétextant de faux problèmes facilement contournables.

  • Michel Pagé Répondre

    7 janvier 2013

    Monsieur G. Claude Charron,
    Vous soulevez-là une question assez large portant à la fois sur le rôle de la Presse anglophone; la tentative de manipulation des données de recensement relatives aux tendances linguistiques lourdes; les attitudes et les comportements socio-linguistiques sur Montréal ( et au Canada-français, par ailleurs); et les moyens les plus efficients de contrer le processus de transfert à l’anglais, dont par les études collégiales en français pour tous...
    Je ferai ici qu’un rappel synoptique :
    1. la manœuvre relative aux questions du recensement sur la langue aura été dénoncée dès 2010 auprès du CLO par 5 groupes ou personnes, dont par l’auteur de la lettre au CLO reproduite sous : http://www.vigile.net/Francophones-hors-Quebec,29627
    2. les attitudes et les comportements linguistiques –des francophones- constituent une courroie de transmission vers la prédominance de l’anglais sur Montréal, comme il le fût et l’est encore dans tout le Canada-français. Je vous soumets la correspondance sous http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/images/stories/articles/6630.pdf ou au chap. 1 du livre http://www.coopuqam.com/220047-Un-passe-un-destin-ou-l-avenir-d-un-peuple-L-integration-a-la-langue-francaise-fondement-d-un-peuple-produit.html
    3. la situation démo-linguistique –j’entends la tendance dynamique de fonds et les errements des années du parti libéral en matière d’intégration linguistique des nouveaux-arrivants- aura été telle que plusieurs moyens doivent être mis en œuvre : le cadre de l’emploi en français, certes; mais aussi tout de ce qui gravite autour de la question de la cohérence de l’enseignement en français (http://www.vigile.net/Un-systeme-coherent-en-francais) dont la question de l’enseignement collégial en français pour tous. Conscient des divisions potentielles sur cette question, nous avions proposé dès 2010 une approche pragmatique cohésive s’appuyant sur des arguments psycho-éducatifs ( voir chap2.3 de la référence précédente ou http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2012/replique-a-la-presse-langlais-a-lecole.html ou http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/images/stories/articles/6630.pdf) incontournables.
    Tous ces débats autour de la langue sont épuisants. La clarté des propos et la lucidité imposeraient pourtant de facto des mesures cohésives naturellement acceptables à l’ensemble d’un peuple fier et conscient de l’importance vitale de la transmission des ses valeurs, de sa culture et de sa langue…
    Mes respects, et coopération.
    MP
    c.c à l'auteur du commentaire 1.

  • Archives de Vigile Répondre

    7 janvier 2013

    Tout le monde va encore se déchirer la-dessus.
    Le problème numéro 1 est la langue de travail...mettre 1000 personnes de plus par an dans des CEGEP francophones ne changera rien à ceci...votre conclusion est un peu courte..
    Quand on travaille en télécom, aéronautique, informatique, recherche pharmaceutique (ce qu'il en reste...), si vous voulez publier et être lu (recherche fondamentale physique, chimie, maths, etc...) c'est en anglais que ceci se passe...c'est la lingua franca.
    C'est le système économique dominant, le capitalisme et le néo-libéralisme, qui sont derrière cette anglicisation planétaire, 'The Gazette' est un laquais local qui défend son territoire, rien de plus.
    J'entendais Lisée l'autre jour, déclarer que quand on parle a un client on peut utiliser l'anglais, mais dès que l'on pose le téléphone on doit continuer à travailler en francais. Il n'a pas beaucoup d'expérience industrielle...ca se voit.
    Quand on travaille avec des clients anglophones ou à l'international l'ensemble de l'activité, les projets, la documentation, etc, tout est en anglais, Lisée le sait, il se moque de nous, ou s'il l'ignore c'est gravissime !!! Si vous avez la curiosité de rechercher un travail dans certains secteurs au Québec (Jobboom par exemple - http://www.jobboom.com/), vous découvrirez rapidement que l'on demande l'anglais parlé et écrit.
    L'exemple que je donne souvent est celui du Cirque du Soleil ,plus québécois que ca tu meurs, dont tout l'international est fait exclusivement en anglais...
    Seule une sortie ou un écroulement du système mondialisé actuel et un retour à un mode de fonctionnement plus ou moins local permettra d'inverser cette tendance, je dépasse le cadre québécois ici.
    Essayez donc ceci
    http://www.bombardier.com
    http://www.cgi.com
    http://www.bell.ca
    http://www.capgemini.com
    http://www.cirquedusoleil.com (accueil en anglais par defaut !!)
    http://www.peugeot.com (en anglais)
    http://www.3ds.com/ (Dassault systems)
    http://www.airbus.com/
    http://www.dassault-aviation.com/ (Aviation, etc..)
    http://www.axa.ca/ (assurances, filiale de Axa en France)
    etc, etc...
    La loi 101 est a peu près silencieuse sur ce qui se passe sur le Web....