Au pied du fleurdelisée

Lève ton drapeau, reprends ta fierté et tes idées

Finalement, je crois que tous les Québécois ont besoin de prendre le temps de réfléchir au passé et au futur de leur culture

Tribune libre 2010

Quand je suis revenu au Québec, il y a cinq ans, je n'aurais jamais
cru avoir à m'intéresser à des affaires de langue et même de la survie du
patrimoine québécois. En tant que spectateur, je ne pouvais pourtant que
constater le manque de respect envers les Québécois et leur langue et de
leur traitement comme citoyens de deuxième classe.
Ma conscience fut prise d'une révolution qui était loin d'être tranquille.
Je décidai de ne plus être un spectateur et de témoigner contre ce
traitement. On me répondit que dans une réorganisation pancanadienne, ces
résultats étaient attendus. Maintenant le peuple québécois n'a même plus le
droit au respect. Le respect, c'est pour les peuples qui font peur car ils
ont encore un avenir. Pour les peuples assimilés, on leur réserve le
mépris. Hier, nous avions les talents d'un peuple. Aujourd'hui, nous avons
encore mais tout juste les connaissances d'un peuple. Mais prenez garde!
Demain, il ne nous restera que les souvenirs d'un peuple.
Je commençai à m'interroger. Je commençai aussi à lire sur mon histoire. Je
lus la biographie de René Lévesque et de Trudeau. Je lus sur les patriotes.
Je lus sur Meech, sur OKA et sur le referendum de 1995. Je voulais
comprendre. Mais la mort possible de l'identité d'un peuple ne se comprend
pas. Elle se vit simplement et pleinement. J'ai décidé alors de ne plus
être spectateur et de ne plus être témoin car je refuse cette réalité
pancanadienne. Je redeviens un acteur sur la scène de mon patrimoine.
Finalement, je crois que tous les Québécois ont besoin de prendre le temps
de réfléchir au passé et au futur de leur culture. J'aimerais partager ma
propre réflexion que voici:
VIENS FAIRE UNE RÉFLEXION POUR LE FLEURDELISÉE

Le fleurdelisée pend, faible au bout de son mât.

À ses pieds, incertain, le peuple Québécois défile,

Routes pour routes, rues sur rues, villes par villes

Ils dessinent un patrimoine: A-t-il sa place au Canada?
L'indépendance provient d'une expression d'une identité;

Le statut d'un peuple est une réflexion de cette identité.

La première s'offre par plusieurs choix et d'une décision;

La deuxième: une raison d'être dévoilant une question,

Une réponse, une attente, le commandement d'une destinée.

Réponse volée, destinée envolée, nous reste-t-il un choix - une décision?
Le fleurdelisée pend, mou au bout de son pôle.

Aux Québécois, il demande un nouveau souffle;

Aux Nationalistes, il commande l'indépendance d'un soupir;

Aux Canadiens, il suscite l'égalité d'un petit sourire.
Nous t'avons vendu pour une plasma, 43 pouces, tv;

Nous t'avons oublié pour une pension de vieillesse;

Nous avons cru le fédéral et ses promesses.

C'est l'temps de faire une réflexion pour le fleurdelisée.

De prendre ou de déposer ce drapeau né le 20 janvier.

De faire son choix: C'est la moisson des idées.

Viens Québécois, viens faire le deuil de ton passé,

Un jour, à l'Hôtel du parlement, aux mairies et,

Aux parcs de toutes tes villes et tes cités.

Viens et amène l'essence de ton patrimoine

Sous deux formes, deux images ou deux icônes

Viens les porter au pied du fleurdelisée.
Prend un moment, une réflexion d'un temps,

Le temps d'une réflexion, prend une décision:
Deviens Pancanadien;

Speak White; Tue un langage - une société;

Au nom d'une Charte, ta liberté,

Et laisse les deux formes, deux images ou deux icônes

Derrière toi pour un futur qu'on te pardonne.

Tourne le dos, marche et éloigne-toi de ce carillon,

Mais n'oublie pas ton écu d'or car il faudra payer

Tous ces rois nègres et leurs barons.
Ou
Redeviens Québécois;

Parle français; Sauve un langage - une société;

Au nom des patriotes, ta responsabilité.

Et reprends une des formes, une image ou une icône,

Lève ton drapeau, reprends ta fierté et tes idées

Mais laisse une forme, une image, une icône

Derrière toi, ton deuil et non un signe de soumission

Mais pour redire et redéfinir cette idée de ta nation.

Auteur : Richard Proteau


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